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22 January 2013 - Mali - Remarks to the press by Mr Gérard Araud, Permanent Representative of France to the United Nations

(in French and in English)

Mesdames, Messieurs,

La France a réuni le Conseil de sécurité sur la situation au Mali. Il s’agissait d’une séance publique qui a permis d’entendre le Secrétariat des Nations unies mais aussi les pays les plus concernés, c’est-à-dire les pays d’Afrique occidentale. Le Secrétariat a cité le Secrétaire général des Nations unies, M. BAN Ki-moon, qui a « applaudi la décision courageuse de la France ». Nous avons ensuite entendu la Côte d’Ivoire, le Niger, le Burkina Faso, le Tchad, le Sénégal, le Bénin, le Nigéria qui ont tous félicité la France de son engagement.

Lors des consultations qui ont suivi, la France a continué d’informer ses partenaires sur l’opération militaire au Mali dans l’esprit de transparence et de responsabilité qui est le nôtre.

L’opération Serval est aujourd’hui un succès. Son premier objectif a été atteint : l’offensive terroriste sur le sud est stoppée grâce à l’action conjointe des forces maliennes et françaises. Les villes de Diabaly, Konna et Douentza ont été reprises par les forces maliennes, avec le soutien français.

Nous avons remercié nos partenaires de leur soutien, logistique et médical. Nous avons également informé des résultats du sommet extraordinaire de la CEDEAO auquel a participé, à Abidjan M. Laurent Fabius, et qui a montré que l’action de la France, soutenue par l’ensemble des pays africains, a suscité une mobilisation sans précédent de leurs forces.

Les premiers soldats du Togo, du Bénin et du Nigéria se déploient actuellement au Mali. Les troupes tchadiennes, burkinabé et nigériennes sont en route. La Côte d’Ivoire, le Ghana et d’autres pays de la région, le Libéria et le Sierra Leone, ont annoncé une participation.

C’est une véritable mobilisation de l’Afrique aux côtés de la France. C’est le premier signe visible de la mise en œuvre de la résolution 2085, dont la mise en œuvre complète reste notre objectif.


*


Ladies and Gentlemen,

France has requested the Security Council to meet today in order to discuss the situation in Mali. This public session presented an opportunity to hear the Organization’s Secretariat commitment and I quote the declaration of the Secretary-General who said he “applauded France’s courageous decision”.

We also heard all the countries of the region: Côte d’Ivoire, Senegal, Chad, Burkina Faso, Niger, Benin and Nigeria. They all expressed their appreciation of the French intervention.

In the consultations which followed, France continued informing its partners in a spirit of transparency and responsibility on the conduct of this operation.

We thanked our partners for their logistical and medical support.

This operation has been a success so far. Its primary goal has been met: the terrorist offensive against the South has been stopped thanks to the joint action of the Malian and French forces. The towns of Diabaly, Konna and Douentza have been retaken by the Malian forces, with French support.

I also want to applaud the mobilisation of all our African partners that Mr Laurent Fabius, the French Minister of Foreign Affairs, has seen in the extraordinary summit of the ECOWAS Heads of States in Abidjan a few days ago.

The first troops are being deployed by Togo, Benin and Nigeria. Troops from Chad, Burkina Faso and Niger are on the way. Côte d’Ivoire, Ghana but also Liberia and Sierra Leone have announced their participation.

It is a real African mobilization to support the French intervention. It is the first visible sign of the implementation of resolution 2085. France’s aim is the full implementation of this resolution as quickly as possible.


*


Q : Monsieur l’Ambassadeur, deux questions. D’abord, avez-vous avancé sur le financement de la MISMA, y a-t-il maintenant de l’argent sur le fonds créé par la résolution ? Et avez-vous été interrogé par le Conseil sur les buts de guerre, y a-t-il eu des questions sur le but final de l’opération de la France ? S’agit-il de reprendre maintenant tous les territoires du Mali ou de s’arrêter à stopper l’offensive vers le Sud ?

Nos partenaires n’ont pas posé de questions sur les objectifs de l’opération. L’objectif de l’opération est très clairement la restauration de l’autorité de l’Etat malien sur l’ensemble de son territoire. Ceci doit être fait par les troupes maliennes, les troupes françaises et les troupes africaines ensemble.

En ce qui concerne le financement, il sera d’origines diverses. Il y aura tout d’abord les contributions bilatérales - et nous savons par ailleurs par nos contacts bilatéraux que les Etats-Unis vont contribuer de manière substantielle. Il y aura aussi les contributions de l’Union européenne, en particulier pour le paiement des soldes mais également en termes d’aide humanitaire. Il y aura par ailleurs une conférence des donateurs qui se tiendra à Addis-Abeba le 29 janvier.

Sur la base de ces contributions, nous allons ensuite nous tourner également vers les Nations unies pour voir quels sont les besoins pour avoir un paquet logistique, qui reste une requête de tous les pays africains : tous les pays africains qui ont pris la parole ont demandé un paquet logistique des Nations unies. Il faudra que le Conseil de sécurité se penche sur cette question.

Q: I want to ask about civilian casualties, both of the aerial bombings of Mali and the Malian army you are working with. There are reports of people being rounded up because they were thought to be supportive of the rebellion in Mopti, even French humanitarian organizations like MSF and Action contre la Faim said they couldn’t reach areas while they are being bombed. Which steps is France taking to [inaudible] count the casualties and also to avoid them and by its partner, the Malian army?

French forces are acting in respect of the international humanitarian law and of the law of war. This is a military operation; we are pretty aware of the risks for the civilian population, especially, the risks of human rights violations. That is the reason why when drafting the resolution 2085 - and we were the drafters - , we have introduced significant elements, that had never been introduced before in a UN resolution, requesting UN monitors on the ground. I have, during my intervention today, especially requested the Secretary-General to deploy these UN monitors as quickly as possible.

In our contact with the Malian authorities, we emphasize the need to respect human rights. We know that there are tensions within the Malian population between different groups and we certainly do not want that the period of turmoil that this country is facing could lead to human rights violations. In human terms, in humanitarian terms, it would be against our values.

Q: Could you talk about the differences about what is happening now in Mali and what was being discussed in the most recent Security Council resolutions on Mali: things have certainly accelerated. Did you get the resolution that you wanted with France pushing for a faster response? Was France planning for an intervention during the drafting of the resolution?

We have drafted three resolutions on Mali since the month of July. All these diplomatic efforts were leading to a longer process, starting with reconciliation between the Malian groups, starting with rebuilding the Malian army. People were discussing and some of them were saying that if there would have been a military intervention, it would have been in September 2013.

Obviously it was not our plan, the plan of France was not to intervene in Mali. It has been stated in the clearest way by my political authorities. We had to rush because suddenly there was an offensive by armed groups, by terrorist groups and suddenly –one week ago now- we had the prospect of the terrorist groups rushing to Bamako with the collapse of Mali. That is the reason why we took this very difficult decision. It is not easy for any Head of State to send its soldiers in a military operation, but we considered it was necessary.

We want to come back as soon as possible to the full implementation of 2085, which means giving the Malian and African forces the responsibility of defending the territorial integrity of Mali and fighting the terrorist groups.

Q: Concernant la MISMA, il semble qu’on soit maintenant à 6 000 soldats promis par les pays africains, ça dépasse de loin les 3 000 soldats qui étaient dans la résolution…Faut-il une nouvelle résolution et surtout, est-ce que cela avait été une sous estimation des besoins en hommes dans la première résolution ?

Il n’est pas mention 3 000 soldats dans la résolution. Il n’y a pas de plafond dans la force. Il n’y a pas de chiffres dans la résolution. Deuxièmement, il n’y a pas eu de sous-estimation des besoins : les chiffres de 3 000 hommes qui circulaient étaient peut-être une sous-estimation de la mobilisation des Africains. 6 000 hommes, ce n’est pas ce que nous demandons, c’est ce que les Africains offrent à ce stade : il y a une véritable mobilisation de l’ensemble des pays africains de la région qui, à la suite de cette attaque, ont réalisé à quel point la menace était grave pour l’ensemble de la région. Je le répète, c’est une mobilisation sans précédent des pays africains, de l’Afrique occidentale, et au-delà. C’est la raison pour laquelle, en ajoutant les contingents promis, -de nouveau ce ne sont pas nous qui demandons, ce sont les Africains qui proposent- on arrive en effet à un chiffre entre 5 500 et 6 000.

Q: About the increasing concerns expressed by Egypt and Turkey about the intervention, are you speaking to other countries to examine their position?

President Morsi will go to Paris, it will be a good opportunity to have a dialogue with our Egyptians friends.


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