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27 September 2013 - Syria - Remarks to the press by Mr. Laurent Fabius, Minister of Foreign Affairs

(In French and in English)

You have heard a lot about me, but I prefer to speak for myself!

Nous venons d’adopter à l’unanimité une résolution importante et je considère que le Conseil de sécurité enfin aujourd’hui a mérité son nom. Il a prononcé à l’unanimité une condamnation extrêmement forte de l’utilisation des armes chimiques en réponse au massacre qui a eu lieu le 21 août, et qu’il faut garder à l’esprit puisque c’est cela qui est à l’origine de cette résolution.

Depuis lors, des propositions ont été faites pour liquider les armes chimiques. Nous les soutenons. Mais il faut avoir à l’esprit que sans doute jamais ces propositions n’auraient été faites par ceux qui les ont faites s’il n’y avait pas eu la menace de réactions par rapport au massacre chimique du 21 août.

Donc nous considérons que la fermeté manifestée par la France, les Etats-Unis, et par d’autres a payé. Au début de la semaine, le Président de la République et moi-même avions posé, pour cette résolution que nous espérions, trois exigences. Celles-ci sont satisfaites.

D’abord la condamnation très nette de toute utilisation des armes chimiques, qui fait que s’il y a utilisation, les choses iront immédiatement devant le Conseil de sécurité. Ensuite, le fait que les responsables de ces actes devront être sanctionnés pénalement.

Puis, comme cela avait été décidé entre les Russes et les Américains à Genève, le fait que tout ceci, s’il y avait infraction à l’interdiction des armes chimiques, devait être examiné sous le chapitre VII.

En même temps, il faut avoir à l’esprit que cette résolution, pour positive qu’elle soit, ne résout pas toute la question. Aujourd’hui même, ce soir même, demain malheureusement encore, il va y avoir des massacres en Syrie et le drame humanitaire continue. C’est la raison pour laquelle il faut non seulement, comme nous l’avons fait, voter, il faut non seulement appliquer ce vote, mais il faut aller plus loin et entamer ce processus politique que nous appelons de nos vœux. Juste avant cette séance, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité se sont réunis autour du Secrétaire général et de M. Brahimi. A partir de notre réunion, il a été proposé que Genève II se tienne à la mi-novembre. C’est un espoir qui enfin se lève. Il y a beaucoup de travail à faire mais c’est seulement par le processus politique qu’on arrivera à mettre fin au drame syrien.

A cet égard, même si l’histoire n’est pas encore écrite, j’ai parlé dans mon intervention de ce qui restera peut-être dans l’histoire comme une semaine internationale du dégel, à la fois sur la question syrienne et sur la question iranienne. En tout cas, c’est l’espoir de la France, c’est la position que nous avons prise depuis le début et nous sommes satisfaits qu’à la fin de cette semaine, qui a été extrêmement active un pas en avant ait été indiscutablement accompli. La France pour sa part restera ferme et constante dans sa recherche de la paix.

Q : Just now Ambassador Jafari just said he didn’t think you complied with the UN Charter, essentially declaring Mr Al-Jarba as the sole representative of the Syrian people. Is that up to France to decide who is the leader in a country, how does that comply with the Charter and does it kind of undermine the credibility of the UN?

I didn’t understand everything of what he said, and probably neither did you. What I understood is that there was a reproach to have a difference of interpretation about the rules of this house here. It can be discussed. But what cannot be discussed is that the Syrian regime is responsible for the massacre of 1,500 people, among them children, which has been condemned by the international community, which has been said by the Secretary-General of this house to be a crime against humanity and which has pushed such a reaction that today this regime, the representative of whom was expressing himself, who said two weeks ago that there were no chemical weapons in Syria had, first, to acknowledge there were a lot of them and, second, to destroy them. That’s my answer.

Q : Have you agreed today in the meeting with Secretary-General BAN Ki-moon and Mr. Brahimi on a date for Geneva II conference?

We have agreed on it. It has been expressed by the Secretary-General that the aim, I don’t remember exactly the wording, was November. Mr. Brahimi will work in that direction and we shall help him.

Q : Qui va participer à la conférence de Genève II ?

Nous en avons discuté ce soir. Il appartiendra au Secrétaire général des Nations unies de lancer les invitations sur la base du travail que va faire maintenant M. Brahimi et nous avons tous décidé de lui apporter notre soutien.

Q: Do you think that what happened this week at the United Nations came from the inspectors report, or do you think it has more to do with the threat of force that the USA and France were practicing? What do you think was the most responsible?

Je pense que c’est un ensemble, je vais répondre en Français. Il y a eu, c’est la base de tout, vous vous le rappelez fort bien, ce massacre du 21 août. Il a été demandé aux inspecteurs des Nations unies de faire leur rapport. A l’époque les choses ont été contestées, nous avons entendu certaines voix dire « premièrement, le massacre n’a pas eu lieu, ce ne sont pas des armes chimiques et en aucun cas c’est le régime ». Et donc, l’enquête a eu lieu, objective. Personne de sensé ne peut mettre en cause le travail des inspecteurs des Nations unies. Et ils ont rendu leur rapport il y a peu de jours qui dit « Un : C’est un massacre. Deux : C’est un massacre chimique. Et trois, lorsqu’on lit les lignes avec honnêteté : évidemment c’est le régime ».

Parallèlement, nous-mêmes, qui avons nos services, nous avons immédiatement constaté que c’était un massacre terrible, chimique et avec cette origine du régime. Or, les armes chimiques sont interdites depuis près de cent ans. Et nous avons immédiatement réagi. A l’époque, le Conseil de sécurité bloquait, vous vous le rappelez. Ce n’était pas comme aujourd’hui où on vote à l’unanimité. Et donc nous avons dû menacer de répliquer. Nous ne pouvions pas passer par le Conseil de sécurité, puisqu’il y avait un véto. Et nous avons, pour faire respecter le droit qui interdit les armes chimiques, leur utilisation, nous avons dit que nous allions réagir de manière extrêmement ferme. Et je pense que cette menace de réaction très ferme a expliqué à la fois ce qui a été dit à St. Petersburg et puis la proposition qui a été faite, je crois le lundi suivant, de liquidation des armes chimiques, la proposition russe, la démarche russo-américaine et finalement ce qui se passe aujourd’hui.

Donc pour répondre à votre question, je pense que ce qui a déclenché beaucoup de choses c’est évidemment le massacre chimique du régime. Ensuite, la fermeté manifestée par plusieurs pays a été extrêmement utile, à quoi s’est sur-ajouté le rapport des inspecteurs de l’ONU qui confirmait la réalité du massacre et son origine. Et c’est tout cela avec le travail qui a été mené par les uns et par les autres qui aboutit au résultat de ce soir. Je crois que c’est une description aussi objective que possible qu’on peut faire, enfin c’est la lecture que j’en fais.

Q: What are the prospects of Iran participating in Geneva II and to what extent do you think the talks with the Iranian president this week have helped in this process?

R: Je vais répondre en Français. En ce qui concerne l’Iran, nous avons discuté de cette question bien sûr. Et il appartiendra au Secrétaire général des Nations unies de lancer les invitations. Mais la position qui est la nôtre, la position française, est de dire que cette participation peut être utile à condition que l’Iran accepte le mandat de la conférence de Genève. Le mandat, il a été rappelé : c’est de désigner, par consentement mutuel, un gouvernement de transition qui soit doté des pleins pouvoirs exécutifs. Dès lors qu’un intervenant important comme l’est l’Iran, reconnait l’objet de cette conférence, il peut tout à fait y participer. Mais j’ai posé moi-même cette question à mon collègue iranien et je lui ai demandé : « est-ce que vous reconnaissez pleinement l’objet de cette conférence ? ». Je dois dire que sa réponse a été assez complexe. Mais ce que j’ai retenu aussi, c’est qu’il m’a dit « que nous soyons invités ou que nous ne soyons pas invités, nous ferons le maximum pour qu’elle reçoive du succès ». Voilà.

Sur l ‘autre point, vous me demandez si la position du Président Rohani et des nouvelles autorités iraniennes a été positives, je ne pense pas simplement dans l’affaire syrienne mais au plan général. Je pense effectivement que cela marque un changement très important dans le discours qui a été tenu. C’est la raison pour laquelle le Président François Hollande, le Président de la République française a eu un dialogue avec le Président Rohani. Donc l’attitude, le discours qui a été tenu est incontestablement positif et nous change par rapport au passé. Simplement maintenant, et ce dont il s’agit et je crois quand on est de bonne foi qu’il faut le reconnaître, il faut que les actes suivent les discours. Words matter. They are important. But what matters at the end of the day is deeds and facts.

Q : Do you believe in a year’s time at UNGA we would still be talking about an Assad’s regime? Are you confident that Mr. Assad is facing his final month of power?

J’espère bien que dans un an, tout ce drame sera derrière nous. Je suis prudent parce que je connais la complexité de la situation. Je suis prudent parce que je sais que dans le passé, le régime nous a habitués à ne pas tenir ses engagements. Je suis prudent parce que la situation en Syrie est extrêmement complexe et que la communauté internationale a beaucoup tardé. Je suis prudent parce qu’il y a beaucoup de violences là –bas, qu’il y a à la fois l’affrontement local, l’affrontement régional, l’affrontement national et international. Donc les choses sont extraordinairement difficiles. Mais tout cela étant dit, je pense que ce qui s’est passé cette semaine est important, significatif et en tout cas la France, pour ce qui la concerne, fera le maximum pour qu’on puisse arriver à la paix.

Q : Monsieur le ministre, quelle est votre réaction face à l’affirmation de l’ambassadeur syrien qui dit que la plus grande destruction en présence (…) concerne aussi les Etats qui supportent la coalition ?

Je ne sais pas exactement à quoi il fait allusion, mais ce que je sais c’est que la condamnation du massacre chimique du 21 aout, qui est à l’origine de la résolution, concerne ceux qui en sont les auteurs, c’est-à-dire le régime syrien.

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