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15 décembre 2011 - Syrie - Entretien de Gérard Araud, représentant permanent de la France aux Nations unies, avec France 3

Selon vous que signifie cette volte face de la Russie ?

Jusqu’à la Russie s’opposait à l’intervention du Conseil de sécurité dans la crise syrienne, et d’ailleurs elle a même opposé son véto à une résolution qu’avaient présentée la France et le Royaume Uni au début du mois d’octobre. Ce matin, à la surprise générale et sans avertissement, elle a présenté un projet de résolution. Donc ce pourrait être en effet une volte face. La Russie aurait ainsi compris qu’elle ne pouvait plus continuer à apparaître comme défendant le régime d’Assad. Nous avons reçu le rapport de la Commissaire aux droits de l’homme qui a décrit lundi la situation atroce en Syrie, la manière dont le régime tue massivement, torture, viole, et donc la Russie a peut être compris qu’il fallait qu’elle évolue, elle a donc présenté un texte. C’est un texte qui est encore très insuffisant pour nous, mais c’est le début de nos négociations.

Est-ce que vous pensez que c’est une conséquence de la fermeté de votre prise de position il y a deux jours ?

Je crois plus généralement qu’il y a eu après le rapport de la Haut commissaire aux droits de l’Homme, dans l’ensemble des opinions publiques, y compris en Russie, une réaction, une pression exercée sur la diplomatie russe.

Est-ce que c’est un espoir pour la Syrie ?

L’espoir, c’est une solution politique, c’est de mettre en place une transition politique en Syrie. Il y a des propositions sur la table qui sont des propositions de la Ligue arabe. Ce que le Conseil de sécurité peut faire, c’est appuyer la Ligue arabe afin de convaincre le régime syrien de s’engager dans cette voie.

Qu’est ce que prévoit cette résolution ?

Pour le moment elle ne prévoit pas grand chose, c’est un texte russe qui renvoie dos à dos le gouvernement et les manifestants comme s’ils étaient également responsable des troubles, qui ne prévoit pas de sanctions. Il n’y a donc quasiment rien dans ce texte et donc dans la négociation qui commence nous voudrions introduire la condamnation du régime syrien pour les violations systématiques des droits de l’homme, nous voudrions introduire un embargo sur les armes afin qu’on arrête d’armer le régime syrien, des sanctions : la Ligue arabe a voté des sanctions. Nous devons aussi nous joindre à la Ligue arabe et voter des sanctions. Plus généralement demander au régime syrien d’accepter la proposition politique de la Ligue arabe. Mais de nouveau nous en sommes loin, le texte russe ne comporte rien de tout cela.

Est ce que ce texte a une chance d’aboutir ?

Oui je pense, d’abord lorsqu’on commence une négociation, il faut toujours avoir de l’espoir et j’ajouterai que nous avons une majorité. Nous avions la résolution du début octobre où nous avions la majorité et nous nous sommes heurté au veto russe. Là, la Russie semble bouger donc on peut espérer que la Russie se sente contrainte de faire des concessions.

Est ce que ça veut dire qu’on peut imaginer une résolution de l’ONU dans les jours dans les semaines qui viennent ?

Là, nous n’avons pas encore commencé la négociation puisque le texte nous a été présenté il y a quelques heures. Je ne sais pas dans quel état d’esprit les Russes vont négocier. S’ils sont prêts au compromis nous pouvons avoir un texte assez rapidement sinon cela peut être une négociation qui dure plusieurs semaines.



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