Le 9 mai 2013, lors de sa première intervention devant le Conseil de sécurité en tant que Représentant spécial du Secrétaire général, M. José Ramos-Horta a présenté le rapport du Secrétaire général sur les activités du BINUGBIS. Afin de créer un environnement propice à la consolidation de la paix en Guinée-Bissau, le Secrétaire général préconisait une action en deux temps, visant d’abord à restaurer l’ordre constitutionnel dans le pays, puis, après la tenue d’élections, à renforcer les institutions de l’Etat.
Lors des consultations qui ont suivi, le représentant de la France s’est félicité de ce plan de sortie de crise qui devait s’accompagner d’une action renforcée de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crise (ONUDC) dans le pays, pour lutter contre le trafic de drogue.
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Situation politique
La Guinée-Bissao souffre de la fragilité de ses institutions, d’une corruption endémique et de l’emprise du narco-trafic sur son économie. C’est l’un des problèmes majeurs du pays, devenu une passerelle de l’Amérique du Sud pour atteindre l’Union européenne, mais aussi, plus récemment, un lieu de transformation et de consommation de la drogue. La Guinée-Bissao a une position géographique, au sud du Sénégal, qui l’exclut du dispositif de contrôle de l’immigration clandestine, qui s’étend du Maroc au Sénégal. Le Conseil de sécurité, dans une déclaration présidentielle du 20 avril 2009 (S/PRST/2009/6) s’est déclaré " gravement préoccupé par l’intensification du trafic de drogues et de la criminalité transnationale organisée en Guinée-Bissao et dans la sous-région ".
Depuis le conflit armé de 1998-1999, la situation politique en Guinée-Bissao est marquée par de fréquents changements de gouvernement sur fond de divisions au sein des partis politiques et de tensions entre autorités militaires et civiles. En septembre 2003, le président Kumba Yala est renversé par un coup d’Etat et, après une période de transition de deux ans, João Bernardo Vieira est élu à sa place. En mars 2009, son assassinat ainsi que celui du chef d’état-major par des militaires provoquent une grave crise politique. Le Conseil de sécurité, dans une déclaration présidentielle le 3 mars (S/PRST/2009/2), a condamné " dans les termes les plus énergiques " ce double assassinat. La situation s’aggrave encore en juin 2009 quand l’un des candidats aux élections présidentielles, Baciro Dabó, est tué à son domicile par des militaires.
Malgré ce contexte politique chaotique, les élections présidentielles de 2009 se sont déroulées sans incident majeur. Après un premier scrutin le 28 juin, la Commission électorale a décidé l’organisation d’un second tour le 26 juillet pour départager les deux candidats en lice : Malam Bacaï Sanha, candidat du PAIGC, plus important parti représenté au parlement, et l’ancien président Koumba Yalla. Ce dernier a reconnu sa défaite le 29 juillet, les résultats donnant Malam Bacaï Sanha vainqueur avec plus de 63% des voix.
De graves incidents militaires ont eu lieu le 1er avril 2010, avec notamment l’arrestation temporaire du Premier ministre, puis sa libération et l’arrestation du Chef d’État major des Armées, l’Amiral Induta. Celui-ci a été remplacé fin juin 2010 par son adjoint, le général Antonio Indjai, qui avait contribué à la destitution de son chef le 1er avril.
Les tensions politiques et sécuritaires s’étaient apaisées au cours de l’année 2011 et la présence des Nations Unies (cf. ci-dessous) avait permis de stabiliser la situation en Guinée-Bissao. Dans son rapport du 17 juin 2011, le Secrétaire général notait un certain nombre de développements encourageants, également salués par une déclaration à la presse des membres du Conseil de sécurité (28 juin 2011), particulièrement le renforcement des capacités d’administration nationale et de sécurité intérieure et les efforts du gouvernement bissao-guinéen en faveur de la réconciliation nationale.
Néanmoins, la prise de pouvoir par des éléments de l’armée le 12 avril 2012 a mis un terme au processus démocratique, avec l’arrestation du président intérimaire Raimundo Pereira et son Premier ministre Carlos Gomes Junior. Le coup d’Etat est intervenu à deux semaines du second tour de l’élection présidentielle, qui devait opposer Carlos Gomes Junior à Kumba Yala.
Descandidats de l’opposition, dont Kumba Yala, avaient dénoncé des "fraudes massives" lors du premier tour et avaient annoncé qu’ils boycotteraient le second tour.
Le 15 avril 2012, les militaires qui ont pris le pouvoir et des partis de l’ex-opposition ont annoncé la dissolution des institutions et la création d’un conseil national de transition" (CNT).
Présence des Nations unies
La Guinée-Bissao est l’un des cinq pays inscrits à l’ordre du jour de la Commission de Consolidation de la Paix de l’ONU (CCP). Le Fonds pour la consolidation de la paix a alloué un montant de 6 MUSD pour des activités destinées à jouer un rôle de catalyseur à court terme en matière de consolidation de la paix afin :
a) d’améliorer le secteur de la sécurité et de la défense ;
b) d’améliorer le secteur de la justice ;
c) de créer les conditions nécessaires et un environnement propice à la stabilité politique et au développement socioéconomique ; et,
d) d’améliorer la gouvernance démocratique et la participation.
Les Nations Unies sont présentes en Guinée-Bissao à travers un Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en Guinée-Bissau (BINUGBIS). Il a remplacé au 1er janvier 2010 le Bureau d’appui des Nations Unies pour la consolidation de la paix en Guinée-Bissao (BANUGBIS), en vertu d’une résolution du Conseil de Sécurité (résolution 1876 de juin 2009). Cette transformation s’est caractérisée par un renforcement de la présence onusienne sur le terrain, nécessaire face à l’instabilité du pays. Le bureau est dirigé par M. Joseph Mutaboba (Rwanda), représentant du Secrétaire général, depuis février 2009.
Ce nouveau bureau comprend quatre sections thématiques : politique, droits de l’homme, réforme du secteur de la sécurité (RSS), information. Son mandat se caractérise par les éléments suivants (absents du mandat du BINUGBIS) :
— Appui à un processus national de dialogue et de réconciliation ;
— Soutien et appui en vue de la conception et la mise en œuvre de la stratégie de RSS ;
— Assistance à la lutte contre les trafics notamment de drogues et d’armes légères ;
— Renforcement de la coopération avec les organisations régionales.
Le Conseil de sécurité, à travers la résolution 1876 invitait également les autorités du pays à mener des enquêtes crédibles et transparentes sur la série d’assassinats politiques perpétrés en mars et juin 2009, et à traduire en justice les responsables de ces actes. Il invitait également la communauté internationale à appuyer ces enquêtes nationales.
(Mai 2013)
22 février 2013 - Conseil de sécurité - Résolution 2092 renouvelant pour trois mois le mandat du BINUGBIS.
18 mai 2012 - Conseil de sécurité - Résolution 2048
21 avril 2012 - Guinée-Bissao - Déclaration du Président du Conseil de sécurité
13 avril 2012 - Guinée-Bissao - Déclaration à la presse du Conseil de sécurité
21 décembre 2011 - Résolution 2030 renouvelant le mandat du BINUGBIS jusqu’au 28 février 2013
28 juin 2011 - Déclaration à la presse des membres du Conseil de sécurité sur la situation en Guinée-Bissao
23 novembre 2010 - Résolution 1949 - renouvelant le mandat du BINUGBIS
22 juillet 2010 - Déclaration du Président du Conseil de sécurité
5 novembre 2009 - Déclaration du Président du Conseil de sécurité
26 juin 2009 - Résolution 1876 adoptée par le Conseil de sécurité des Nations unies : prorogation du mandat pour la consolidation de la paix en Guinée-Bissao du BANUGBIS jusqu’au 31 décembre 2009 et transformation du BANUGBIS en BINUGBIS à partir du 1er janvier 2010.
20 avril 2009 - Déclaration du Président du Conseil de sécurité
3 mars 2009 - Déclaration du Président du Conseil de sécurité
15 octobre 2008 - Déclaration du Président du Conseil de sécurité
22 décembre 2004 - Résolution 1580 adoptée par le Conseil de sécurité : modification du mandat du BANUGBIS
6 avril 1999 - Résolution 1233 adoptée par le Conseil de sécurité : création du BINUGBIS
Voir la fiche sur la Commission de consolidation de la paix
Consultez le dossier Guinée-Bissao sur le site du Ministère des Affaires étrangères
Le site de la BINUGBIS (en anglais)