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Mali - Présentation





"Des victoires sont possibles contre le terrorisme. Ainsi au Mali, avec un mandat clair du Conseil de sécurité, les forces africaines, françaises, avec l’appui des Européens, sont intervenues à l’appel des autorités de Bamako, et ont réussi à mettre un terme à une offensive terroriste de grande envergure. Aujourd’hui les résultats sont là. Le Mali a retrouvé l’intégrité de son territoire, a assuré la sécurité de la population et a pu même organiser à la date prévue une élection présidentielle qui a été reconnue comme incontestable. Je veux saluer ici le nouveau Président du Mali, Ibrahim Boubacar KEITA, qui témoigne d’une grande victoire de l’Afrique de l’Ouest contre le terrorisme."

François Hollande, Président de la République française,
débat d’ouverture de la 68ème session de l’Assemblée générale des Nations unies, 24 septembre 2013




11 janvier 2013
Situation au Mali
Déclaration du Président de la République


Mesdames, Messieurs,

Le Mali fait face à une agression d’éléments terroristes, venant du Nord, dont le monde entier sait désormais la brutalité et le fanatisme.

Il en va donc, aujourd’hui, de l’existence même de cet État ami, le Mali, de la sécurité de sa population, et celle également de nos ressortissants. Ils sont 6000 là-bas.

J’ai, donc, au nom de la France, répondu à la demande d’aide du président du Mali appuyée par les pays africains de l’Ouest. En conséquence, les forces armées françaises ont apporté cet après-midi leur soutien aux unités maliennes pour lutter contre ces éléments terroristes.

Cette opération durera le temps nécessaire. J’informerai régulièrement les français sur son déroulement. Les ministres concernés, celui des Affaires étrangères en liaison avec les Nations Unies, car nous intervenons dans le cadre de la légalité internationale, comme le ministre de la Défense donneront également toutes les informations utiles à la population.

Enfin, le parlement sera saisi dès lundi.

Les terroristes doivent savoir que la France sera toujours là lorsqu’il s’agit non pas de ses intérêts fondamentaux mais des droits d’une population, celle du Mali, qui veut vivre libre et dans la démocratie.

Merci.


1. Présentation Retour à la table des matières

Le Mali fait face à une grave crise institutionnelle et sécuritaire à la suite de la prise du pouvoir, le 22 mars 2012, à quelques jours des élections présidentielles, par des éléments de l’armée. Les mutins ont arrêté une grande partie des membres du gouvernement.

Ce coup de force a été suivi d’un effondrement de l’armée malienne dans la partie nord du pays où la rébellion touarègue, aux côtés de laquelle évoluent des éléments associés à Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI), a remporté d’importants gains territoriaux, s’emparant successivement des villes de Kindal, Gao et Tombouctou. Le groupe islamiste Ansar Eddine, associé à AQMI, s’est joint aux combats, prenant le contrôle de Tombouctou dont il a expulsé le MNLA le 2 avril. AQMI est responsable de l’enlèvement et de la mort de plusieurs ressortissants français dans la région du Sahel.

Le principal groupe d’opposition touarègue, le Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA), revendique les trois gouvernorats de Kidal, Gao et Tombouctou afin de créer un nouvel État, la République de l’Azawad, dont il a unilatéralement déclaré l’indépendance le 6 avril 2012. La France, avec la communauté internationale, a considéré cette déclaration d’indépendance comme « nulle et non avenue ».

Pour amener les mutins à restituer le pouvoir aux autorités civiles, la CEDEAO a adopté le 2 avril des sanctions économiques, financières et diplomatiques à l’encontre de la junte à Bamako, en décrétant notamment un embargo total sur le pays. Le 7 avril 2012, ces sanctions ont été levées à la suite de l’acceptation par le CNRDRE (Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’État) d’un accord-cadre négocié par la CEDEAO. Cet accord prévoyait un plan de transition pour un retour à l’ordre constitutionnel avec le transfert du pouvoir exécutif au président de l’Assemblée nationale.

Au début du mois de janvier 2013, plusieurs unités combattantes issues des groupes terroristes ont fait mouvement vers le sud du pays, s’emparant de la ville de Konna et menaçant la ville de Mopti. C’est dans ce contexte que le Mali a sollicité l’assistance militaire de la France qui a engagé ses forces armées en soutien aux forces de sécurité maliennes le 11 janvier 2013.

En quelques mois, les opérations militaires conjointes menées par les forces malienne, africaine et française ont permis de restaurer la situation sécuritaire sur la quasi-totalité du territoire.
Dans ce contexte, le Conseil de sécurité a adopté le 25 avril 2013 la résolution 2100, prévoyant la transformation au 1er juillet de la force africaine présente au Mali, la MISMA, en une force de stabilisation des Nations unies (MINUSMA), dont les activités seraient dirigées par le nouveau représentant spécial du Secrétaire général pour le Mali, M. Albert Gerard Koenders.

Le 1er juillet 2013, l’autorité de la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (MISMA) a été officiellement transférée à la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). Cette nouvelle opération, créée le 25 avril 2013 par la résolution 2100 sous l’égide des Nations unies, constitue la 16ème opération de maintien de la paix de l’ONU et comprendra jusqu’à 11 200 membres du personnel militaire et 1 440 membres du personnel de police.


Visite du Conseil de sécurité au Mali
Mopti - 2 février 2014 - Photo MINUSMA/Marco Dormino


2. Derniers développements à New York Retour à la table des matières


- Le 26 février 2014, les Représentants permanents de la France et du Tchad ont présenté le compte-rendu de la visite du Conseil de sécurité au Mali.

Le Représentant permanent de la France a rappelé que le Conseil de sécurité avait rencontré le président Ibrahim Boubacar Keita, le Premier Ministre Oumar Tatam Ly et plusieurs membres de son gouvernement. Le Conseil avait en outre rencontré les groupes armés ainsi que les autorités locales et des représentants de la société civile. Lors des entretiens, le Conseil a d’abord souligné que toute solution durable pour le Nord-Mali devrait être trouvée par les Maliens eux-mêmes, appuyés par la communauté internationale. Les groupes armés devaient être désarmés dans le cadre d’un processus politique négocié, conformément aux engagements pris dans l’accord de Ouagadougou. Si le Conseil avait perçu le manque de confiance entre le gouvernement et les groupes armés, il s’était néanmoins félicité de la feuille de route pour une sortie de crise arrêtée par le gouvernement, et de l’adoption par les deux parties il y a quelques jours d’une méthode pour le cantonnement. Les parties devaient maintenant s’engager de manière sincère et sans délai sur cette voie. Le Conseil a par ailleurs souligné que la sécurisation durable du Nord-Mali impliquait nécessairement une solution politique globale. Il était urgent que la MINUSMA se déploie rapidement et pleinement au Nord, en particulier dans le contexte de la décrue de Serval. Les représentants de la société civile malienne avaient quant à eux insisté sur le fait qu’il n’y aurait pas de paix durable au Mali sans développement.

- Le 23 janvier 2014, le Conseil de sécurité a adopté une déclaration présidentielle sur la situation au Mali.

- Le 16 janvier 2014, le Conseil de sécurité s’est réuni en séance publique puis en consultations privées pour examiner la situation au Mali en présence du Représentant spécial du Secrétaire général dans le pays et Chef de la MINUSMA, M. Albert Koenders.

Lors de cette séance, M. Koenders a fait état d’une amélioration générale au Mali avec le retour à l’ordre constitutionnel. Les élections législatives s’étaient déroulées sans incidents et le président Keïta avait renforcé la lutte contre la corruption et l’impunité, la stabilité et le relèvement économique, le respect des droits de l’Homme et la bonne gouvernance. Le Mali devait saisir cette opportunité et renforcer ces acquis pour combattre les causes profondes de la crise dans le pays. Les pourparlers inclusifs de réconciliation nationale devaient démarrer sans tarder. Il fallait aussi accélérer la Réforme du Secteur de la Sécurité ainsi que le processus de cantonnement des groupes armés non terroristes et de DDR, ce qui requérait une attention accrue du Conseil de sécurité. Malgré les efforts des forces de défense maliennes et de la MINUSMA, les conditions de sécurité dans le nord restaient fragiles. M. Koenders a condamné la recrudescence des attentats terroristes qui avaient causé la mort de civils et de soldats des forces armées maliennes et de la MINUSMA. Avec l’aide de la communauté internationale, il fallait restaurer l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire. Enfin, si des progrès avaient été réalisés sur le plan humanitaire, les besoins restaient considérables.

Lors des consultations privées qui ont suivi, le représentant permanent de la France s’est félicité de la tenue réussie des élections législatives qui était une réalisation majeure. Le dialogue politique de réconciliation devait maintenant s’engager sans délai. Il fallait pousser les autorités maliennes à aller de l’avant. Enfin, le représentant permanent a déploré les retards de déploiement de la MINUSMA au Nord-Mali. Il s’agissait d’une question prioritaire.

- Le 17 décembre 2013, le représentant spécial des Nations unies pour le Sahel et chef du Bureau des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest (BNUAO), M. Saïd Djinnit, a présenté son 12ème rapport sur la situation en Afrique de l’Ouest. Il a salué le retour à l’ordre constitutionnel au Mali et la poursuite du dialogue politique en cours, tout en affirmant que les défis en termes de stabilité et de sécurité demeuraient importants. Le représentant spécial a appelé les dirigeants de l’opposition en Guinée-Conakry à coopérer pour faire siéger l’Assemblée nationale avant les fêtes de fin d’année. Il a salué l’adoption de la stratégie transfrontalière de l’Union du fleuve Mano, adoptée à Conakry en octobre dernier, et s’est félicité de la mise en œuvre de la plateforme de coordination entre les pays du Sahel, qui continuaient à faire face aux menaces du terrorisme et de la criminalité transnationale organisée. Il a enfin rappelé que plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest entraient dans une période électorale.

Lors des consultations privées qui ont suivi, le représentant permanent de la France, en qualité de président du Conseil de sécurité, a relevé plusieurs points de convergence entre les membres du Conseil, dont l’importance accordée à la diplomatie préventive dans la région, le rôle constructif qu’avait joué le représentant spécial en Guinée, et la nécessité d’une bonne coordination régionale pour lutter contre les menaces transversales au Sahel.

- Le 14 décembre 2013, le Conseil de sécurité a adopté une déclaration à la presse condamnant l’attentat perpétré par des assaillants armés non identifiés contre la MINUSMA à Kidal, au cours duquel des soldats de la paix sénégalais ont été tués, d’autres grièvement blessés ainsi que des membres des forces armées maliennes.

- Le 12 décembre 2013, la présidence française du Conseil de sécurité a organisé une réunion d’information sur la situation au Sahel, avec la participation du Secrétaire général, M. Ban Ki-moon, du Président de la Banque mondiale, M. Jim Yong Kim, de l’Envoyé spécial des Nations Unies pour le Sahel, M. Prodi, du Représentant spécial de l’UE pour le Sahel, M. Reveyrand de Menthon, de l’Ambassadeur de l’Union africaine auprès des Nations Unies, M. Antonio, et du Président de la Banque africaine de développement, M.Kaberuka.

Les intervenants ont présenté les résultats de leur visite conjointe au Sahel, effectuée du 4 au 7 novembre dernier dans la région. Cette visite, centrée sur les enjeux de développement, avait donné lieu à des annonces de la part de la Banque mondiale et de l’Union européenne de porter leur aide à 8 milliards de dollars pour les 5 prochaines années. Le Représentant spécial de l’UE a rappelé que la sécurité était une condition indispensable du développement durable. L’UE était prête à redoubler d’effort pour le Mali sur un plan diplomatique et opérationnel. Il a souligné l’importance d’associer les chercheurs et intellectuels africains, ainsi que tous les pays de la région, à la mise en œuvre de la stratégie des Nations unies pour le Sahel. L’Union africaine a remercié la France pour son intervention militaire au Mali et salué les progrès de la situation dans le pays depuis le déploiement de la MINUSMA, ainsi que la coopération de l’Union africaine avec les Nations unies.

Plusieurs délégations ont appelé à la mise œuvre de la stratégie des Nations unies pour le Sahel, ainsi qu’à un renforcement de la coopération régionale et transfrontalières, afin de lutter contre les menaces transversales telles que le terrorisme et la criminalité transnationale organisée, dont notamment le trafic de drogues et d’armes. Les délégations ont, dans ce contexte, salué la mise en place, le 5 novembre dernier à Bamako, d’un mécanisme spécial pour assurer la coordination entre les pays de la région.

Le représentant permanent de la France a salué les engagements annoncés par la Banque mondiale et l’Union européenne, et rappelé que la France avait décidé de porter son aide à 1,2milliards de dollars jusqu’à 2015. Alors que les groupes terroristes et trafiquants de drogues ne connaissaient pas de frontières, il était indispensable que les Etats du Sahel se coordonnent et agissent dans la confiance. A cette fin, la France organisait, le 18 décembre, une réunion sur le trafic de drogues et ses conséquences sur la paix et la sécurité en Afrique de l’Ouest et au Sahel.

Le Conseil de sécurité a adopté une déclaration présidentielle à l’issue de la réunion.

-  Retrouvez la chronologie complète du dossier.

La MINUSMA prend le commandement des opérations de stabilisation au Mali, à Bamako, le 1er juillet 2013. Crédit photo : MINUSMA/Blagoje Grujic


(Février 2014)

3. Dernières déclarations de la France Retour à la table des matières

-  Retrouvez toutes les déclarations de la France à New York sur ce dossier.

4. Textes de référence Retour à la table des matières

- 23 janvier 2014 - Conseil de sécurité - Déclaration du président - situation au Mali

- 14 décembre 2013 - Conseil de sécurité Déclaration à la presse - Attentat contre la MINUSMA

- 12 décembre 2013 - Conseil de sécurité - Déclaration présidentielle - Paix et sécurité en Afrique.

- 2 novembre 2013 - Conseil de sécurité - Déclaration à la presse - Assassinat de deux journalistes français

- 23 octobre 2013 - Conseil de sécurité - Déclaration à la presse - Attaques contre la Minusma

- 16 juillet 2013 - Conseil de sécurité - Déclaration présidentielle

- 19 juin 2013 - Conseil de sécurité - Déclaration à la presse - Accord préliminaire pour l’élection présidentielle et les pourparlers de paix inclusif au Mali

- 25 avril 2013 - Conseil de sécurité -Résolution 2100, créant la Mission des Nations unies de stabilisation au Mali (MINUSMA).

- 20 décembre 2012 - Conseil de sécurité - Résolution 2085 autorisant le déploiement d’une force internationale sous conduite africaine (MISMA) pour assister les forces maliennes dans la restauration de la sécurité de leur État.

- 11 décembre 2012 - Situation au Mali - Déclaration à la presse du Conseil de sécurité

- 10 décembre 2012 - Paix et sécurité au Sahel - Déclaration du président du Conseil de sécurité

- 12 octobre 2012 - Conseil de sécurité - Résolution 2071 - appelant les groupes armés au Nord-Mali à se dissocier des mouvements terroristes, sous peine de sanctions

- 21 septembre 2012 - Déclaration à la presse du Conseil de sécurité sur le Mali et le Sahel

- 5 juillet 2012 - Conseil de sécurité - Adoption de la résolution 2056

- 9 avril 2012 - Déclaration à la presse du Conseil de sécurité

- 4 avril 2012 - Paix et sécurité en Afrique - Déclaration du Président du Conseil de sécurité

- 26 mars 2012 - Paix et sécurité en Afrique - Déclaration du Président du Conseil de sécurité sur la situation au Sahel

- 22 mars 2012 - Déclaration à la presse du Conseil de sécurité

5. Liens utiles Retour à la table des matières

- Le dossier Mali sur le site de France diplomatie



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