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L’initiative « Unis dans l’action »


1. Le rapport « Unis dans l’action » (novembre 2006) Retour à la table des matières

En février 2006, à la suite du Sommet mondial, le Secrétaire général Kofi Annan a annoncé la formation d’un groupe d’experts de haut niveau, auquel participait M. Jean-Michel Severino, dont la mission était d’explorer les moyens d’améliorer la cohérence et l’efficacité du système des Nations unies sur le terrain, dans les trois domaines du développement, de l’aide humanitaire et de l’environnement. Cette étude était destinée à jeter les bases d’une restructuration fondamentale des activités opérationnelles des Nations unies. Elle a donné lieu à un rapport, paru en novembre 2006, intitulé « Unis dans l’action » (en anglais Delivering as One, DaO).

2. Le lancement de l’initiative « Unis dans l’action » (2007 à aujourd’hui) Retour à la table des matières

A la suite de la publication du rapport du panel de haut niveau, huit pays se sont portés volontaires pour être les pays-pilotes de l’approche « Unis dans l’action » en matière de développement : - Albanie - Cap-Vert - Mozambique - Pakistan - Rwanda - Tanzanie - Uruguay - Vietnam

L’initiative « Unis dans l’action » a alors été lancée en 2007. Elle consiste en une expérimentation au niveau pays des différents moyens d’accroître l’efficacité des différentes institutions onusiennes. Depuis 2008, les pays-pilotes ont collaboré avec les Nations unies pour rendre les programmes implémentés sur leur territoire plus cohérents, et réduire les coûts à la fois pour le système de Nations unies et le gouvernement du pays bénéficiaire. La démarche « Unis dans l’action » a ensuite intéressé plusieurs autres pays : à ce jour, 32 pays (les « self-starters ») ont intégré le groupe des volontaires « Unis dans l’action ».

Les piliers de la réforme sont les suivants :
- « Un Programme » : définition et planification commune des priorités.
- « Un chef de file » : le rôle coordonnateur résident (créé en dans le premier train de réformes de l’ONU initié par Kofi Annan) et de son bureau est renforcé.
- « Une Voix » : une position et une communication unique.
- « Un Budget / Un Fond » : un cadre budgétaire unique, une stratégie commune de levée de fonds et un fonds fiduciaire commun.
- « Un Bureau » dans les cas où c’est possible ainsi qu’une mise en commun des services de gestion (achat, RH, comptabilité, etc.)

L’importance de l’initiative « Unis dans l’action » pour le futur des Nations unies a été rappelée par le Secrétaire général dans son plan d’action sur cinq ans (janvier 2012) : il y fait figurer le lancement d’une seconde génération de l’initiative « Unis dans l’action » parmi les mesures prioritaires pour renforcer le système des Nations unies. La France soutient l’initiative « Unis dans l’action », et souhaite voir la dynamique de réforme qu’elle représente intégrée par l’ensemble des organisations des Nations unies. Une délégation française a participé aux cinq conférences intergouvernementales de haut niveau sur « Unis dans l’action », dont la conférence de Tirana fin juin 2012. La France a également contribué financièrement à l’initiative, en participant à hauteur d’1 million de dollars entre 2007 et 2010 au « Un fond » du Vietnam, pays pilote.

3. Actualité : un premier bilan de l’initiative « Unis dans l’action » à quelques mois du QCPR Retour à la table des matières

La résolution sur les activités opérationnelles de développement du système des Nations unies, dite du QCPR a été négociée à l’automne 2012 et a défini entre autres l’avenir de l’initiative « Unis dans l’action ». Elle réaffirme l’importance de la mise en œuvre de cette initiative, et notamment des mécanismes communs de financement et d’évaluation. De même, les discussions menées à l’ECOSOC du 13 au 17 juillet 2012, ainsi qu’une récente évaluation indépendante de l’initiative, permettent de dresser un premier bilan.

Du point de vue des pays volontaires, le bilan « d’Unis dans l’action » est largement positif. Depuis le début de l’initiative, cinq conférences de haut niveau sur « Unis dans l’action » ont eu lieu, la plus récente étant la conférence de Tirana (27 au 29 juin 2012). Dans le document final, les pays-pilotes et plusieurs « self-starters » ont affirmé leur volonté de voir l’initiative se poursuivre, et la considèrent comme le premier pas vers une réforme globale de la manière dont l’ONU fournit l’aide au développement. A l’ECOSOC, les pays volontaires ont réitéré le message de la conférence.

Une évaluation indépendante de l’initiative a été commandée par l’Assemblée générale dans la résolution TCPR de 2007, puis dans la dernière résolution sur la cohérence d’ensemble du système de 2010. L’évaluation a porté seulement sur les pays-pilotes (et non sur les « self-starters »), durant la période 2008-2011. Elle se fonde essentiellement sur des méthodes qualitatives (entretiens).

Ces résultats ont été présentés à l’ECOSOC en juillet 2012. Les stratégies « Un fond » et « Une voix » ont eu un impact fort. Il ressort de l’étude que les équipes sur le terrain ainsi que les gouvernements des pays bénéficiaires considèrent que l’initiative a significativement amélioré l’appropriation nationale de l’aide onusienne.

L’étude a mis en lumière plusieurs défis. L’impact sur les coûts de transaction est différencié : ils ont été réduits pour les gouvernements des pays bénéficiaire, mais ont au contraire augmenté pour les équipes pays des Nations Unis en raison du manque de coordination inter-agence au niveau des sièges.

Les difficultés auxquelles se sont heurtées plusieurs réformes sont dues essentiellement, selon les évaluateurs, au décalage entre l’effort de cohérence au niveau pays, très important, et celui au niveau des sièges des agences, encore insuffisant. Par exemple, les stratégies « Un cadre budgétaire » et « Un bureau » se sont heurtées au problème de la non-compatibilité des données et des pratiques de gestion entre les agences. La question de la soutenabilité de l’initiative, fortement dépendante de l’implication des pays donateurs à travers la stratégie « Un fond », est également problématique.

Il faut souligner que la période d’évaluation était très courte et le nombre de pays évalués réduit. De plus, l’initiative a été menée de manière très différente selon les pays. La tâche des évaluateurs était donc particulièrement difficile.

(Avril 2013)

4. Pour aller plus loin Retour à la table des matières

-  Présentation de l’initiative « Unis dans l’action » sur le site du groupe des Nations unies pour le Développement

-  Plan d’action sur cinq ans du Secrétaire général

-  Document final de la conférence de Tirana (27-29 juin 2012)



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