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13 juillet 2012 - Syrie : Bombardement de Tremsa, Défection de M. Nawaf Fares, Conseil de sécurité - Déclaration de Bernard Valero, porte-parole du ministère des Affaires étrangères


Bombardement de Tremsa

Nous sommes extrêmement préoccupés par les informations faisant état d’un nouveau massacre commis dans la région de Hama par les forces syriennes, qui auraient utilisé des chars et des hélicoptères pour bombarder la localité de Tremsa, avec un bilan humain qui serait supérieur à 150 morts. Ce nouveau crime, s’il est confirmé, manifeste une fois de plus la fuite en avant meurtrière du régime de Bachar al-Assad, et montre l’urgence d’une action forte du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Après seize mois de répression sanglante qui a fait plus de 17.000 morts, des dizaines de milliers de prisonniers souvent torturés, des centaines de milliers de déplacés internes et plus de 100.000 réfugiés dans les pays voisins, des massacres comme ceux notamment de Houla et de El Koubeir, il est évident que Bachar al-Assad doit partir pour qu’une transition politique soit engagée. Les amis du peuple syrien, qui représentent la moitié des Etats de la planète, l’ont dit sans ambiguïté lors de la réunion du 6 juillet à Paris. Tous doivent désormais le comprendre et faciliter cette transition.

Défection de M. Nawaf Fares, Ambassadeur de Syrie en Irak

La France salue le geste courageux de M. Nawaf Fares, ambassadeur de Syrie en Irak qui a annoncé sa défection, mercredi 11 juillet.

Cette défection a une portée symbolique très forte car M. Nawaf Fares est le premier ambassadeur syrien à accomplir ce geste de refus d’une répression de plus en plus brutale contre un peuple qui lutte pour sa liberté. Nous espérons que cette défection sera suivie par celle d’autres diplomates et officiels syriens.

Nous constatons que les défections se multiplient. Elles témoignent de l’isolement croissant dans lequel le régime de Damas qui a perdu toute légitimité est plongé.

La communauté internationale doit prendre ses responsabilités en adoptant une résolution au Conseil de sécurité qui donne force obligatoire au plan de M. Kofi Annan et à l’accord de Genève afin que cessent les violences et qu’une transition politique crédible soit mise en place. C’est le sens des efforts de la France au Conseil de Sécurité des Nations unies.

Conseil de sécurité

Q - Que se passe-t-il au Conseil de sécurité ?

Les discussions au Conseil de sécurité se poursuivent aujourd’hui dans le contexte de la poursuite de l’emploi d’armes lourdes par le régime syrien, en violation des engagements qu’il a pris et du plan de M. Kofi Annan, endossé par le Conseil de sécurité depuis le 21 mars dernier.

Ce drame illustre à quel point le premier pas vers la cessation des violences incombe au gouvernement syrien, qui doit cesser d’employer des armes lourdes et amorcer le retour dans les casernes de ses forces de sécurité.

L’Envoyé spécial conjoint a appelé le Conseil de sécurité à prévoir des « conséquences graves et claires en cas de non-mise en œuvre » de ses résolutions. Nous devons l’y inciter encore plus fermement – c’est le message donné par une résolution placée sous chapitre VII - et cette fermeté renforcée doit désormais passer par une menace de sanctions du Conseil de sécurité. Les autorités syriennes doivent comprendre que les exactions commises ne resteront pas impunies et les exposent à des conséquences.

C’est dans cet esprit que nous avons, avec nos partenaires européens et américain, proposé un projet de résolution le 11 juillet dernier après l’intervention de Kofi Annan devant le Conseil de sécurité. Les discussions se poursuivent aujourd’hui sur ce texte, autour duquel nous souhaitons rassembler la plus large majorité des membres du Conseil de sécurité. Nous appelons chacun de ses membres à prendre ses responsabilités face au drame syrien.

Q - Est-ce que vous jugez opportune la charge des islamistes syriens contre Annan ? Ils l’accusent de laxisme et d’être responsable en quelque sort du massacre qui a été commis.

Nous ce qui nous importe, c’est aujourd’hui de faire avancer les travaux au Conseil de sécurité. Si vous voulez me faire entrer en polémique avec telle ou telle déclaration de tel ou tel Frère musulman en Syrie au sujet de M. Annan je suis désolé, je n’en ferai pas. On a une situation dramatique sur le terrain, on a un régime assassin à Damas, qui en plus ne respecte pas ses propres engagements qu’il a pris devant la communauté internationale et on a le travail devant nous au Conseil de sécurité des Nations unies. On essaie de faire avancer les choses. Et il est urgent de le faire.

Q - Est-ce que vous pouvez nous expliquer le mode de travail de Kofi Annan ? Depuis quelques jours à travers ses déplacements et ses déclarations, on a l’impression qu’il agit en électron libre.

Non. Il fait son travail d’envoyé spécial du Conseil de sécurité et de la Ligue arabe et il a clairement rendu compte au Conseil de sécurité il y a deux jours de tous ses déplacements, etc. Maintenant c’est à la communauté internationale et plus précisément au Conseil de sécurité de faire avancer les choses. Il agit dans le cadre de son mandat et dans le cadre des efforts qu’il mène pour essayer de faire avancer les choses. Nous essayons maintenant de faire avancer les choses au Conseil de sécurité. C’est l’enjeu pour nous actuellement. Ça se passe à New York.

Q - Inaudible

C’est l’objet du travail qui est mené actuellement à New York. Mais je viens de rappeler nos objectifs et ce que nous avons mis sur la table. Nous sommes en train de travailler. Il faut aller d’autant plus vite et d’autant plus fort, que l’on a sur le terrain, vous l’avez vu hier, des hélicoptères, des chars d’assaut. C’est absolument dramatique. Donc on a cette réalité dramatique sur le terrain. On a cette mobilisation très importante d’une très large part de la communauté internationale et on essaye de faire passer le projet à New York. Ça va être l’objet de toutes les discussions qui se tiennent depuis hier.

Q - Les deux projets dans ce sens, dans ce contexte, vont dans le mur. Mais il y a des pays dans le Golfe en particulier qui commencent à trouver une autre voie pour contourner le Conseil de sécurité, ça s’est passé d’ailleurs dans les relations internationales auparavant, et de trouver un autre moyen de régler le problème en dehors du blocage de Conseil de sécurité. Est-ce que c’est une idée qu’on peut faire valoir chez les occidentaux ?

Nous pour l’instant nous nous plaçons dans le fil des résolutions du Conseil de sécurité qui ont déjà été adoptées, de la réunion de Genève et du document de Genève qui a été adopté, de la déclaration finale de la conférence de Paris la semaine dernière. Et c’est dans ce cadre-là qu’on se retrouve aujourd’hui et dans les prochains jours à New York.

Q - Hier le vice-directeur de la délégation russe aux Nations unies au Conseil de sécurité a fait des déclarations claires et nettes en disant que pour la Russie, pas question qu’il y ait une résolution sous chapitre sept. D’après ce qu’on a compris, il était ferme, clair et net. Après cette prise de position, est-ce que vous considérez réellement qu’il y a une chance d’arriver à un compromis ou de faire évoluer la position russe ?

C’est tout le travail que nous menons en ce moment. Je viens de lancer un appel à la responsabilité de chacun des membres du Conseil face au drame syrien. Nous les prenons dans le cadre de ce que je rappelai à l’instant, c’est-à-dire de tous les textes qui ont été adoptés au Conseil de sécurité, à Genève, à Paris. Le moment est venu pour chacun à New York de prendre ses responsabilités, en tout cas la France prend les siennes.

Q - Si on comprend bien, il y a deux blocs avec deux projets différents. Est-ce que d’autres membres du Conseil de sécurité essaient de jouer les intermédiaires pour essayer de rapprocher les positions ?

Il est important d’avoir la même information, et tous les membres du Conseil de sécurité ont eu la même information de la part de Kofi Annan. C’est très clair. Ensuite, face à cette situation, parce qu’il a décrit une situation terrible sur le terrain, et on en a encore eu un tragique exemple hier, il a décrit combien le régime de Damas était en train de s’enfoncer dans le cycle infernal de ses engagements non tenus, etc. A partir de là, il faut en tirer des conclusions. C’est ce que nous sommes en train de faire.

Q - Ce matin le ministre de la défense a dit à la radio que la France avait des relations avec les insurgés en Syrie. Quelles sont ces relations ? Avant le ministre des Affaires étrangère a dit qu’on envisageait de sonner des moyens de communication. Donc est-ce que la France fournit des moyens de communication aux insurgés ?

Ce qui a été annoncé par le ministre des Affaires étrangères, s’agissant des moyens de télécommunication, c’est que nous allons mettre en œuvre ce travail. Nous y travaillons sans perdre un instant. Par ailleurs, s’agissant de nos contacts avec le peuple syrien, j’ai toujours dit ici que nous étions en relation avec tout le monde, tout le temps et partout.

Q - Ma question rejoint tout à fait ce que vous venez de dire.

Le président libanais est à Paris. Je voudrais savoir si vous avez des échos d’une demande spécifique faite par les Libanais pour une aide. Il semble que dans le nord du pays, on soit débordé, il devient impossible de donner des soins aux réfugiés syriens. Il y a désormais, malheureusement un refus de soins pour les blessés depuis quelques jours. Le gouvernement libanais indique que ce n’est pas une question politique mais une cause logistique.

Q - Vous aurait-on demandé quelque chose en particulier pour aider le Liban ?

Je ferais une réponse en deux points.

Premièrement, hier soir, il y a eu un dîner de travail à la présidence de la République en présence de M. Sleimane.

Deuxièmement, on connaît la réalité de la vie des réfugiés syriens au Liban. Nous savons tout ce que les autorités libanaises mettent en œuvre pour essayer de les accueillir. N’oublions pas que dans ce cadre-là, même si ce n’est pas la solution à tous les problèmes, n’oublions pas qu’il y a le HCR au Liban avec lequel nous travaillons.

Mais, que ce soit pour le Liban, que ce soit pour la Jordanie, que ce soit pour la Turquie, des milliers de Syriens sont en souffrance et tous les pays qui sont concernés par cet accueil font tout ce qu’ils peuvent. Après, il y a la réalité, le nombre, les flux, il y a aussi la situation sécuritaire à la frontière également. Souvenez-vous de ce qui s’est passé entre la Syrie et le Liban au cours des derniers jours. Chacun fait ce qu’il peut. Nous travaillons avec les autorités des pays, et je le redis, le HCR à un rôle important à jouer au Liban sur cette question-là.

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