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13 octobre 2009 - Réunion du groupe international de contact sur la Guinée - Déclaration du ministère des Affaires étrangères et européennes

Le groupe international de contact sur la Guinée s’est réuni à Abuja le 12 octobre. A l’issue d’entretiens avec le ministre des affaires étrangères guinéen et le Forum des Forces vives de Guinée, le Groupe de contact a adopté une position très ferme dressant l’inventaire des mesures à prendre pour permettre à la Guinée de reprendre le cours de son processus de transition.

Nous saluons l’implication et l’unanimité dont le Groupe de contact a fait preuve et appelons dès à présent nos partenaires à la mise en oeuvre des décisions qui ont été prises.

Le Groupe de contact a, en particulier, appelé à :
- la libération des détenus, à la restitution des corps aux familles, au libre accès aux soins pour les victimes, particulièrement les femmes violées .,
- la constitution par le SGNU, en liaison avec la CEDEAO et l’UA et avec le soutien du Haut Commissariat aux droits de l’Homme, d’une commission internationale d’enquête pour faire la lumière sur les graves violations des droits de l’Homme du 28 septembre 2009 afin d’en déférer les responsables devant les juridictions guinéennes compétentes ou la Cour pénale internationale .,
- l’adoption de sanctions individuelles et ciblées .,
- l’envoi par la CEDEAO, en liaison avec ses partenaires, d’une mission civilo-militaire d’observation et de sécurisation .,
- la formalisation, avant le 17 octobre 2009, date limite fixée par le Conseil de paix et de sécurité de l’UA, par le chef de la junte, de l’engagement pris que ni lui-même, ni les autres membres de la junte, ni le Premier ministre, ne se présenteront à l’élection présidentielle. A défaut, le Groupe de contact a appelé l’UA et ses partenaires à en tirer les conséquences .,
- la définition d’une solution politique visant à mettre en place, sur la base du retrait de la junte, de nouvelles autorités de transition et à favoriser une transition de courte durée au terme de laquelle seront organisées des élections crédibles et transparentes.

La réunion, le 17 octobre, à Abuja, d’un sommet extraordinaire de la CEDEAO, puis, la tenue, le 29 octobre, au niveau des chefs d’Etat et de gouvernement du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine devraient permettre des avancées significatives dans la mise en place d’un processus de sortie de crise. Nous comptons sur la mobilisation de la communauté internationale, et en particulier de nos partenaires africains, pour parvenir à un règlement rapide, pacifique et durable de la crise que traverse actuellement la Guinée.

Comme Bernard Kouchner et Hillary Clinton l’ont annoncé le 10 octobre dernier et comme demandé par le Groupe international de contact sur la Guinée le 12 octobre, la France, conjointement avec les Etats-Unis, a demandé la mise en place d’une Commission d’enquête internationale par le Secrétaire général des Nations unies, en vertu de ses prérogatives propres, afin que les faits et les responsabilités dans le massacre du 28 septembre puissent être établis de manière incontestable.

La France appelle, en particulier, ses partenaires européens à poursuivre rapidement leurs efforts en vue de l’adoption de mesures individuelles restrictives ciblées (interdictions de visa, gel des avoirs) à l’encontre des membres de la junte.

La France a, dès le lendemain du massacre du 28 septembre, déployé une aide humanitaire d’urgence au soutien de la population guinéenne et suspendu sa coopération militaire.’



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