Twitter Facebook Flickr Youtube RSS Share

22 octobre 2004 - Clonage : Entretien de M. Jean-Marc de la Sablière, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Question : Quelle est la position de la France dans le débat en cours ?

C’est la France qui a introduit ce débat avec l’Allemagne, à l’Assemblée générale, il y a quelques années, parce que nous pensons que les enjeux sont tout à fait essentiels. Il est clair qu’il faut un instrument normatif compte tenu de l’enjeu majeur qu’est la bioéthique humaine. Ce qui est essentiel, et c’est très important, c’est qu’il y ait un consensus. Certains disent qu’il faut une convention qui interdise totalement le clonage : le clonage à des fins reproductives et le clonage thérapeutique. Donc, interdiction totale. D’autres, dont la France, disent que cette approche est inefficace parce que la communauté internationale est divisée sur le clonage thérapeutique.

Nous développons une approche qui distingue entre les deux formes de clonage. La Belgique a une position de leader, et nous la suivons dans cette affaire. Nous disons qu’il faut aller à l’essentiel. Nous sommes tous d’accord pour considérer que le clonage à des fins reproductives devrait être interdit. Eh bien, disons le, faisons le tout de suite. C’est cela l’essentiel. Ensuite, s’agissant du clonage thérapeutique, puisqu’il n’y a pas d’accord entre nous, on peut prévoir trois options : soit l’interdiction, pour ceux qui veulent l’interdire, soit le moratoire pour ceux qui veulent encore réfléchir, soit la réglementation nationale. Il faut au minimum réglementer le clonage thérapeutique. Question : Est-ce que la position de certains Etats, en particulier le Costa Rica et visiblement aussi les Etats-Unis ne révèle pas d’une certaine façon aussi des craintes légitimes de certaines opinions publiques que le clonage médical aboutisse au clonage reproductif ?

Il s’agit de savoir ce qu’on veut faire ici. Est-ce qu’on veut simplement affirmer une position ? Dire ce que l’on souhaite que soit la législation dans son propre pays ? A ce sujet, je soulignerai d’ailleurs que la France a été très loin en termes de législation puisqu’elle interdit le clonage à des fins de reproduction, réprimande la violation de cette interdiction et indique qu’il s’agit d’un crime contre l’espèce humaine. De la même manière, nous avons interdit le clonage à visée thérapeutique, qui est un délit Nous autorisons à titre dérogatoire pendant cinq ans des recherches, lorsqu’elles sont susceptibles d’aboutir à des progrès thérapeutiques.

Pour moi, il ne s’agit pas simplement de dire ici quelle est la position de la France, de dire ce que nous faisons. Il s’agit d’avoir une approche globale, d’être efficace, et de trouver l’accord de l’ensemble de la communauté internationale. Si vous interdisez dans un pays et si le pays voisin n’interdit pas, eh bien, on n’aura pas atteint notre objectif qui est d’interdire d’abord le clonage reproductif sur l’ensemble de la planète. Si on ne peut pas interdire sur l’ensemble de la planète le clonage reproductif, on prend un énorme risque. Il faut nous rassembler sur ce point qui est essentiel.

Question : Quel type de garantie pensez-vous qu’on peut donner dans un texte international pour être sûr que le clonage reste thérapeutique ? Dans la proposition de la Belgique que nous soutenons, je le répète, la garantie est dans la réglementation. Ce qui est négocié actuellement, ce n’est pas le texte même de la convention, c’est le mandat pour la convention. Aux négociateurs d’élaborer ensuite sur la question de la réglementation.



Bookmark and Share
Bookmark and Share
Rss
Organisation des Nations Unies Présidence de la République France Diplomatie La France à l'Office des Nations Unies à Genève Union Européenne Première réunion de l'ONU