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27 novembre 2007 - Situation au Darfour : Interview avec France 24 / RFI / BBC Afrique de M. Jean-Maurice Ripert

Interview de M. Jean-Maurice Ripert, Représentant permanent de la France auprès des Nations Unies à New-York avec France 24/RFI/BBC Afrique

M. l’Ambassadeur, est-ce que vous êtes inquiet de ce briefing qui a été délivré par Jean-Marie Guéhenno ?

Nous ne sommes pas totalement rassurés par le briefing que nous avons entendu et qui fait état d’une procrastination continue de la part des autorités soudanaises qui, tout en réaffirmant leur volonté de faciliter le déploiement de la force des Nations Unies, font pour l’instant ce qu’il faut pour que des retards s’accumulent et que la force ne soit pas en position d’être déployée. Nous sommes donc un peu inquiets.

Le transfert de l’autorité de la force africaine à la force des Nations Unies doit se faire au 1er janvier et pour l’instant nous ne sommes pas sûrs d’y arriver. Alors, tout n’est pas de la faute du gouvernement du Soudan. Il est vrai aussi que nous avons toujours besoin de capacités notamment tactiques, qui n’existent pas, que le Département du maintien de la paix n’a pas encore pu trouver.

Mais il est vrai que le gouvernement du Soudan pour l’instant n’a pas encore fait tout ce qu’il fallait et pose de nombreuses questions, de pré-conditions aux Nations Unies, et veut imposer aux Nations unies des conditions qui feraient que la force ne serait pas opérationnelle.

Ce qui compte je crois aujourd’hui, c’est que nous avons entendu un rapport du Secrétaire Général extrêmement explicite sur tous ces points. Il ne s’agit pas de reprocher quoi que ce soit à qui que ce soit, il s’agit d’un compte-rendu factuel des difficultés rencontrées aujourd’hui par les Nations unies dans leurs relations avec le gouvernement du Soudan. Donc nous appelons à la coopération du gouvernement du Soudan et nous espérons que d’ici le 1er janvier, le gouvernement du Soudan, comme il s’y est engagé, et comme l’Ambassadeur l’a répété tout à l’heure, fera ce qu’il faut pour que la force puisse être déployée.

Il vous place aussi face à une situation difficile, à partir de janvier. Il vous dit que l’on prend le risque à partir de janvier de déployer une force qui prend le risque d’être humiliée, d’être inefficace.

Le Secrétaire Général dans son rapport a dit très clairement qu’on risquait de se trouver dans une situation terrible où l’on aura à choisir entre déployer une force qui ne sera pas capable de remplir probablement son mandat ou bien d’arrêter l’opération, ce qui serait tout à fait catastrophique. Pour la sécurité des gens qui en ont besoin, les populations en détresse au Darfour, il faut organiser cette opération, il faut déployer la force hybride et nous en appelons au gouvernement du Soudan et à tous les pays qui peuvent aider le gouvernement du Soudan à comprendre que son intérêt est évidemment de tenir ses engagements sur le déploiement de la force./.



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