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11 Juillet 2008 - Zimbabwe - Interview de M. Jean-Maurice Ripert

Interview de M. Jean-Maurice Ripert, Représentant permanent de la France auprès des Nations unies Ambassadeur - BBC Afrique Zimbabwe 11 Juillet 2008

Neuf voix pour, une abstention, et cinq contre dont deux de la Chine et de la Russie : comment analysez-vous ce vote ?

D’abord je prends acte du fait que la résolution n’est pas passée, elle n’est pas adoptée. C’est une chance manquée pour le Conseil de sécurité d’exprimer unanimement sa défiance à l’égard de ceux qui sont responsables de la violence, et en particulier les autorités du Zimbabwe.

C’est une occasion manquée d’adresser un message fort à ceux qui tentent une médiation, sur le fait qu’il faut mettre de la pression sur les gens qui bloquent actuellement le processus, et c’est une chance ratée d’imposer ne serait-ce que l’embargo sur les armes dans la situation actuelle.

Les gens qui ont décidé de s’opposer à cette résolution ont donc accepté la liberté de circulation des armes au Zimbabwe : cela nous paraît une pratique dangereuse, inacceptable.

Je pense que chacun a pris ses responsabilités, la France a pris ses responsabilités comme tous les Européens du Conseil de sécurité. la Chine et la Russie ont pris leurs décisions souverainement et leurs responsabilités.

Est-ce que ceci peut être considéré comme un échec pour le Conseil de sécurité lui-même ?

C’est un échec quand on n’arrive pas à se mettre d’accord. En même temps ce sont les règles de la Charte, et donc le Conseil de sécurité fonctionne. Après, nous, nous ne sommes pas d’accord entre nous, il est normal à un moment que l’on vote et que l’on prenne ses responsabilités.

Je crois que de toute façon nous allons continuer à travailler, continuer à exercer des pressions par tous les canaux possibles pour que la médiation prenne, pour qu’un accord politique soit trouvé qui soit fondé sur la démocratie, c’est-à-dire sur le respect des élections du 29 Mars qui ont vu le MDC de Tsvangirai arriver en tête.

Est-ce qu’un vote favorable n’aurait pas été un précédent, vu qu’un certain nombre de pays disent que ce qui se passe au Zimbabwe n’est pas une menace pour la paix et la sécurité internationale ?

C’est ce qu’ils disent. Mais le Secrétaire général des Nations Unies a dit le contraire, a estimé que la situation était dangereuse pour l’ensemble de la sous-région. Les élections ont été jugées un déni de justice, et en tout cas inéquitables par les observateurs de l’Union Africaine elle-même. Il y a un moment où il faut être cohérent : on ne peut pas à la fois dénoncer les élections, dénoncer la situation humanitaire au Zimbabwe, dénoncer la violence et refuser d’agir. C’est précisément ce que nous avons refusé de faire, c’est-à-dire de rester assis à simplement regretter et à se lamenter sur la situation. A un moment donné la diplomatie doit être une action, et la France regrette que le Conseil de sécurité n’ai pas suivi./.



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