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20 novembre 2008 - RDC - Interview France 24 de l’ambassadeur Jean-Maurice Ripert

Peut-on avoir des informations sur la mission de ces 3000 hommes supplémentaires et quand ils seront sur le terrain ?

Il faut d’abord se réjouir que le Conseil de sécurité ait approuvé à l’unanimité le projet de résolution préparé par la France et ses partenaires de l’Union européenne, c’est une façon de montrer que nous restons très préoccupés par la gravité de la situation, la violation du cessez-le feu qui se poursuit, et surtout la situation humanitaire dramatique dans laquelle se trouvent beaucoup de populations civiles et beaucoup de déplacés.

Donc, la première mission de ces renforts sera de renforcer la capacité de l’opération des Nations unies, d’abord à protéger ces civils, et ensuite à faire obstacle à ceux qui continuent de vouloir faire la guerre, au lieu de tenir leurs engagements de rejoindre le processus politique parce que c’est un processus politique qui apportera une réponse à la crise.

Les militaires sont là pour, encore une fois, protéger les civils et contribuer aux opérations de désengagement et de désarmement. Ces 3000 hommes, dont nous espérons qu’ils arriveront aussi tôt que possible, certains pays comme l’Inde ont laissé entendre qu’ils pourraient répondre assez rapidement à la demande, ne pourront malheureusement pas probablement être déployés avant quelques semaines. C’est d’ailleurs une des raisons pour laquelle les Européens, la présidence française, essaient d’obtenir de ses partenaires européens une intervention plus rapide, non pas purement militaire, mais humanitaire, y compris s’il le faut par des moyens militaires. Mais une opération humanitaire de l’Union européenne, pour essayer de secourir très rapidement, dans l’attente du déploiement de ces renforts, les populations en situation difficile.

Alors justement, les civils au Congo souhaitent un contingent d’Européens, pour l’instant il n’en est pas question, pouvez-vous me le confirmer ?

Toutes les options restent ouvertes actuellement à Bruxelles, où on travaille sur la planification possible d’opérations, mais ça n’est pas l’option favorite effectivement des Européens.

Encore une fois, pour l’instant nous privilégions plutôt une opération humanitaire, pour sécuriser les accès humanitaires, sécuriser les routes qui mènent vers les camps et les populations déplacées, pour que les ONGs et les organisations internationales puissent être approvisionnées d’abord en médicaments, en nourriture, en équipements et ensuite puissent accéder librement aux populations dans le besoin, et délivrer l’aide.

Je crois que c’est la solution vers laquelle on essaie de s’engager à Bruxelles actuellement, à l’initiative de la France, et de la Grande-Bretagne et de la Belgique notamment.

Est-ce qu’aux Nations Unies on redoute une régionalisation du conflit ?

On la redoute si ça consiste pour certains pays à interférer dans les affaires du Congo ou directement dans la crise. Mais on la demande cette régionalisation au bon sens du terme. Tout le monde sait qu’on a besoin de l’engagement des pays voisins du Congo pour faire pression sur les rebelles qui continuent à se battre, et pour garantir un éventuel accord politique, l’envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies Obasanjo, était sur le terrain. L’Union africaine, la SADEC, ont manifesté leur disponibilité à travailler en ce sens pour essayer de parvenir au respect des processus de Goma et de Nairobi. Donc si c’est cela la régionalisation, nous l’appelons de nos voeux au contraire, et bien sûr si elle est souhaitée par le gouvernement de Kinshasa./.



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