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28 Juillet 2008 - CPI/Soudan : Interview de Jean-Pierre Lacroix, Chargé d’Affaires, avec BBC Afrique


Q. Qui veut insérer l’article 16 dans le texte du projet de résolution MINUAD pour suspendre ce qui n’est qu’une recommandation à la Chambre, à ce moment du processus ?

R. Je ne crois pas qu’il y ait aucun membre du Conseil de sécurité qui soit opposé à la reconduction, à l’extension du mandat de la force (MINUAD). Ce qu’on a, c’est une opposition qui a été faite par la Libye, par l’Afrique du Sud, qui sont soutenues par un certain nombre d’autres membres du Conseil.

Q. La Chine et la Russie ?

R. La Chine et la Russie par exemple, pour introduire la question de l’article 16 et de la Cour pénale.
Cette proposition ne recueille pas un nombre de soutien nécessaire pour être adopté, et je viens d’exprimer au Conseil de sécurité notre position, qui est une position qui n’est pas favorable à cette proposition. Il faut se concentrer sur le mandat de la force, reconduire ce mandat de manière unanime, réaffirmer à cette occasion le soutien unanime du Conseil de sécurité à UNAMID.
Par ailleurs, nous pensons que cela ne serait pas approprié pour le Conseil de prendre une décision conformément à l’article 16 du statut de la Cour pour suspendre ce qui n’est même pas encore une inculpation du président Béchir.
Ce que nous attendions du président du Soudan et du gouvernement soudanais, c’est une pleine coopération avec la Cour Pénale Internationale, ce que nous n’avons pas eue jusqu’à présent.

Est-ce que vous voulez dire, que, comme le Conseil a toujours appelé le gouvernement soudanais à coopérer, aujourd’hui introduire dans une résolution, formellement évoqué, l’article 16 du Traité de Rome pour demander la suspension de ce qui n’est qu’une recommandation à la Chambre, pour suspendre le processus en cours, serait inapproprié et inconséquent ?

Oui ce serait inapproprié. Ce serait brouiller le message du Conseil de sécurité, qui a, comme vous le rappelez, de manière répétée, appelé les autorités soudanaises à coopérer avec la Cour Pénale Internationale. Le Conseil de sécurité doit rester cohérent, et la Cour doit être en mesure de continuer dans la mission qui lui a été confiée sur le Darfour par le Conseil.

Si je peux me permettre, ceci n’est qu’une force hybride, une force conjointe ONU - Union Africaine, et l’UA est partenaire, donc, de ce Conseil, sauf que l’Union Africaine demande que cet article 16 soit évoqué. Est-ce qu’en ignorant cet appel de l’Union Africaine on parle encore de force conjointe ou pas ?

C’est clair, la force est une force hybride, une force conjointe, c’est au Conseil de sécurité aujourd’hui qu’il appartient aujourd’hui de se prononcer sur l’extension du mandat. Nous avons pris note bien entendu de la position de l’Union Africaine sur la question, qui est différente de la Cour Pénale Internationale. Comme je l’ai dit je crois qu’il ne faut pas mélanger les choses, ce serait nuisible à la force, ce serait nuisible à la paix et à la sécurité au Darfour./.



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