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3 mai 2010 - TNP - Conférence d’examen - Iran - Interview de M. Eric Danon, Ambassadeur auprès de la conférence du désarmement, pour France 24

Q : Aux Nations unies se tient une conférence de suivi du Traité de non-prolifération nucléaire qui réunit 189 Etats à New York, une conférence qui a pour objectif le désarmement et le renforcement de la surveillance des programmes nucléaires dans le monde. Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad s’est exprimé tout a l’heure à la tribune des Nations Unies, un discours qui a été boycotté par la France, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, les délégations de ces trois pays se sont levées et ont quitté la salle.

Eric Danon bonsoir, vous êtes le patron de la délégation française, vous êtes l’ambassadeur de la France auprès de la conférence du désarmement à Genève. Alors pourquoi ce boycott, quel est aujourd’hui le message de la France à l’Iran ?

C’est le message habituel que nous adressons à l’Iran lorsqu’il est dans la provocation.

Je note d’abord que nous ne sommes pas les seuls, loin de là, à être sortis, car au-delà des Américains, des Britanniques et de nous mêmes, les Allemands, les Italiens, les Tchèques, les Autrichiens, les Néerlandais, les Belges sont notamment sortis. C’est donc un message beaucoup plus collectif, si l’on peut dire, et bien d’autres pays qui ne sont pas de l’Union européenne, de l’Australie au Maroc, sont également sortis.

Nous n’acceptons pas que le président iranien continue d’avoir cette attitude de provocation vis-à-vis de la communauté internationale. Il a commencé par dire au début du discours que l’Iran était parfaitement en ligne avec les demandes de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique à Vienne, ce qui n’est évidemment pas le cas, comme le Secrétaire général M. Ban Ki-Moon l’avait rappelé juste avant.

Il a aussi développé un certain nombre de pseudo-propositions qui ne correspondent pas du tout à la situation d’aujourd’hui et qui n’ont pas de réalité possible : la suspension par exemple de la présence des représentants des Etats nucléaires à l’Agence de Vienne, ou de proscrire toute forme de coopération avec tous les Etats qui ne sont pas membres du TNP, comme Israël, l’Inde ou le Pakistan, tout ça était tout à fait irréaliste.

Par ailleurs, il s’est comme d’habitude appesanti sur les problèmes du Moyen-Orient d’une façon qui évidemment ne correspond pas à la réalité et par moments était inacceptable, d’où notre sortie collective.

Q : Sortie collective, un geste symbolique - où en sont les sanctions, puisque finalement aujourd’hui c’est un boycott, aujourd’hui ce n’est pas la première fois que la France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et les autres pays que vous avez cités boycottent le discours de Mahmoud Ahmadinejad, mais au-delà du boycott, quand viendra l’heure des sanctions ? On en parle depuis des mois et des mois, et rien n’arrive.

Ces sanctions sont graduelles, c’est-à-dire qu’il y a des phases successives. Actuellement, un travail est en cours sur des sanctions supplémentaires, mais l’Iran est déjà sous sanctions depuis longtemps.

Q : Parlons des sanctions supplémentaires. On en parle depuis des mois et, pour l’instant, aucun consensus n’a été trouvé entre les grandes puissances.

C’est simplement à chaque fois le passage à l’étape suivante qui prend du temps et qui doit être très précautionneusement examiné. Je note que très progressivement, la Russie puis la Chine sont arrivées à la conclusion qu’il fallait des sanctions supplémentaires. On en est maintenant à en discuter des modalités.



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