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6 mai 2011 - Présidence française du Conseil de sécurité des Nations unies - Interview de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

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Le 1er mai 2011, la France est devenue présidente du Conseil de sécurité des Nations unies, succédant à la Colombie. Cette présidence dure un mois.

Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies, présente les grandes lignes de cette présidence française.

Le Conseil de sécurité est l’organe principal des Nations unies qui est en charge, dit la Charte des Nations unies, " de la paix et de la sécurité internationale ". C’est donc l’organe qui par exemple organise, décide et ensuite contrôle les opérations de maintien de la paix. Les Nations unies déploient 120 000 hommes et femmes à travers le monde dans des endroits souvent difficiles. Il appartient au Conseil de sécurité d’organiser ces opérations.

Chaque mois c’est un pays différent qui préside le Conseil de sécurité. Il est simplement en charge d’organiser les débats, de convoquer le Conseil de sécurité lorsqu’un événement dans le monde lui semble justifier une action des Nations unies.

Quels sont les thèmes et les grands événements qui vont marquer votre présidence ?

Il y a deux sortes de thématiques au Conseil de sécurité. Il y a d’abord le fonctionnement des Nations unies, c’est-à-dire le renouvellement des mandats des opérations de maintien de la paix, les rendez-vous que les Nations unies se sont fixés. Par exemple, sur la question de la protection des civils, les Nations unies ont beaucoup travaillé sur cette question. Comment les forces des Nations unies peuvent protéger les civils dans des zones de guerre. Tous les six mois, nous avons un débat où les organisations, les organisations non gouvernementales, les organisations des Nations unies, viennent faire un rapport sur la manière dont elles essaient et elles parviennent souvent à assurer la protection des civils. C’est un des thèmes naturels des Nations unies.

Ensuite, il y a les sujets de l’actualité brulante et évidemment la Libye. Le Conseil de sécurité par la résolution 1973 a autorisé le recours à la force, pour la protection des civils précisément. Les opérations se poursuivent mais en même temps elles ne sont pas une fin en elles-mêmes. Elles sont là pour obliger Kadhafi a accepter un règlement politique qui permette aux Libyens de décider de leur propre destin. Tout au long des jours qui viennent, le Conseil de sécurité va suivre ces opérations militaires, mais également essayer de contribuer à la recherche d’une solution politique.

Enfin, il y a les questions de long terme. La France organisera elle-même un débat spécifique consacré à la République démocratique du Congo. La République démocratique du Congo, c’est un conflit trop peu connu, où des millions d’êtres humains sont morts en dix ans. Des dizaines de milliers de femmes ont été violées. Les Nations unies ont réussi à rétablir une paix fragile. 20 000 hommes sont déployés à l’Est du Congo et nous devons essayer d’avoir une stratégie pour rebâtir un Etat congolais à l’Est afin que les Nations unies quittent le pays. C’est la mise en place d’une réflexion, un débat que nous devons avoir avec les autorités congolaises. La France a invité à New York un ministre congolais qui viendra présenter au Conseil de sécurité cette stratégie de la transition que nous devons suivre dans les années qui viennent, afin que lorsque les Casques bleus quitteront le Congo on ne retombe pas dans la guerre civile mais que l’on rétablisse la souveraineté pleine et entière de l’Etat congolais.

Le Conseil de sécurité prévoit un déplacement en Afrique : où compte-t-il se rendre et pour quoi faire ?

70% de l’activité du Conseil de sécurité est consacré aux conflits africains.

Dans les mois qui viennent nous avons deux échéances qui sont très lourdes. L’une, c’est le 9 juillet, la proclamation de l’indépendance du Sud-Soudan. C’est la première fois dans l’histoire où on crée un Etat qui remette en cause les frontières coloniales. C’est une échéance importante. C’est aussi la fin de trente ans de guerre, trente ans de guerre civile au Soudan. Finalement les Sud-Soudanais vont accéder à l’indépendance. Ce ne sera pas facile. Il y a de nombreuses questions à régler afin que les Nations unies permettent d’assurer non seulement le maintien de la paix entre le Nord-Soudan et le Sud-Soudan mais également aident les autorités sud-soudanaises à construire un Etat. Il y a quarante kilomètres de routes asphaltées au Sud-Soudan donc il faut tout faire pour construire cet Etat. Le Conseil de sécurité veut se rendre sur place pour pouvoir discuter avec les autorités locales pour essayer que cette échéance du 9 juillet soit une échéance d’espoir, et non pas le début d’un nouveau conflit.

Le deuxième sujet est évidemment la Somalie. La Somalie est un Etat de non-droit depuis maintenant plus de quinze ans. Les Nations unies soutiennent une opération conduite par l’Union africaine. Ces opérations militaires ont réussi récemment à repousser les rebelles. Nous voulons donc nous rendre sur place pour voir comment accompagner cette offensive militaire, à la fois d’un processus politique, parce qu’il n’y aura pas de solution militaire, il faut un processus politique de réconciliation autour du Gouvernement fédéral de Transition, mais également afin que les fonds et programmes des Nations unies puissent apporter sur place dans ces espaces qui ont été libérés par les forces de l’Union africaine les services de base dont ont besoin les Somaliens. Il faut prouver aussi aux Somaliens que ces succès militaires, en réalité, signifient pour eux une amélioration de leurs conditions de vie.



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