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8 juin 2011 - Syrie - Entretien de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies, avec I-télé

Q : Qu’attendez-vous de la réunion à l’ONU sur la Syrie ce soir ?

On peut penser que les cas libyen et syrien d’une certaine façon se ressemblent. Dans les deux cas, nous avons un gouvernement qui tire sur sa propre population et dans les deux cas nous avons des gouvernements qui ne répondent pas à la volonté de réforme de leur population. La France a eu une attitude très ferme dans le cas libyen et nous aimerions que le Conseil de sécurité réagisse, de manière différente certes, mais réagisse tout de même à ce qui se passe en Syrie. La situation est beaucoup plus compliquée. En Libye nous avions pu réagir parce que les pays arabes nous le demandaient, parce que les pays africains nous le demandaient. En Syrie, du fait des risques de déstabilisation de ce pays que certains redoutent, ce n’est pas le cas. La situation est donc plus difficile au Conseil de sécurité d’autant que certains pays, notamment la Russie, considèrent que nous ne devons rien faire pour, disent-ils, déstabiliser la Syrie dans une région très fragile.


Q : Et en cas de veto russe que fera la France ?

Nous n’en sommes pas là. Pour le moment, nous négocions un texte, nous essayons de tenir compte des inquiétudes, des réticences des uns et des autres. Nous n’avons pas encore mis un texte au vote et la décision d’aller au vote n’a pas encore été prise au Conseil. D’abord nous voulons voir si vraiment les Russes vont opposer leur véto. Nous essayons encore de négocier avec eux mais aussi avec les autres membres du Conseil de sécurité. Car si nous avons avec nous, sur les quinze membres, onze ou douze pays, cela rend un veto plus difficile. Nous sommes donc dans le cours d’une négociation. Pour le moment, rien n’est encore joué.


Q : Alain Juppé déclarait hier qu’il était prêt à prendre le risque du veto. La situation est urgente, peu importe les moyens ?

Tout à fait. La situation est urgente. On voit bien que la répression devient de plus en plus sanglante, que le régime s’enferme dans une logique, tire sur sa propre population. Nous avons quelques heures devant nous de négociations. Les autorités françaises prendront leur décision dans les heures qui viennent avec leurs principaux partenaires, et notamment les Britanniques.


Q : Quel type de sanctions et d’actions serait envisagé ?

Nous n’en sommes pas encore à des sanctions. Là, nous nous heurtons au refus absolu d’un certain nombre de membres du Conseil de sécurité, pas seulement des Russes. Nous en sommes à une résolution qui demande à Bachar Al-Assad de répondre à la demande de réformes de sa population. Cela étant, s’il ne répond pas, nous retournerons évidemment devant le Conseil.



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