Twitter Facebook Flickr Youtube RSS Share

7 octobre 2007 - Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté

Conférence de presse de M. Jean-Maurice Ripert

Je suis heureux de pouvoir marquer cette année encore, aux cotés de mon collègue l’Ambassadeur du Burkina Faso, des représentants d’ATD quart-monde, et des représentants des personnes vivant dans la pauvreté, l’engagement de la France en faveur de l’éradication de la pauvreté, à l’occasion de cette journée internationale du 17 octobre.

Le 17 octobre est en effet une journée au cours de laquelle, partout à travers le monde, nous réaffirmons notre devoir de lutter contre la pauvreté, et la nécessaire participation des personnes vivant dans la pauvreté à toutes les actions dans ce domaine. Il n’existe pas meilleur témoignage de la dignité, de la grandeur de chaque être humain, que cet engagement des plus pauvres à faire valoir eux-mêmes leurs droits.

Cette année, cette commémoration revêt une importance particulière, puisque nous célébrons aujourd’hui le 20ème anniversaire du premier rassemblement, organisé le 17 octobre 1987 sur le parvis du Trocadéro à Paris par le père Wrezinski, fondateur d’ATD quart-Monde, pour rappeler la dignité et les droits des personnes vivant dans la pauvreté. Je rends hommage aux responsables et militants d’ATD Quart-Monde, qui poursuivent l’action du père Wrezinski d’une manière remarquable, en partenariat avec un réseau mondial d’ONG internationales et locales, dans les pays industrialisés comme dans les pays en développement. Nous nous réjouissons de la présence aux Nations Unies aujourd’hui de personnes venues du monde entier porter le témoignage de l’extrême pauvreté. Vous aurez l’occasion d’entendre leurs voix lors de la cérémonie qui commencera aujourd’hui à 13h00, à proximité de la dalle offerte par la République Française, rappelant le " devoir sacré " de s’unir pour faire respecter les droits de l’hommes de ceux qui vivent dans la misère, en les aidant notamment à s’extraire de la pauvreté. Je tiens d’ailleurs à saluer la décision du Secrétaire Général de recevoir ces représentants et de les écouter.

La France a toujours soutenu la nécessité pour les Nations Unies d’accorder une attention prioritaire à la question de l’éradication de la pauvreté, que ce soit sous l’angle du développement, ou de la défense des droits de l’homme. Comme vous le savez peut-etre, la réduction de la pauvreté est le premier des objectifs du Millénaire pour le développement ; la France, aux cotés de ses partenaires de l’Union européenne reste déterminée à aider l’ensemble de la communauté internationale à atteindre cet objectif, au moyen notamment de l’aide au développement, de la promotion du commerce équitable, et de la bonne gouvernance.

La France conserve un rôle moteur dans la reconnaissance par les Nations Unies des relations entre droits de l’homme et extrême pauvreté. Elle porte traditionnellement la résolution du mandat d’expert indépendant sur l’extrême pauvreté, M. Arjun Sengupta, dont elle proposera le renouvellement lors de la prochaine session du Conseil, en décembre prochain.

Elle a également été à l’origine, avec 9 autres pays de tous les continents, de la résolution du Conseil des droits de l’homme qui lance une consultation, animée par le Haut Commissaire des Nations Unies pour les Droits de l’Homme, sur les principes directeurs sur les droits de l’Homme et l’extrême pauvreté ; ces principes directeurs visent à une meilleure reconnaissance des droits des personnes vivant dans la pauvreté, que ce soit dans le domaine des droits civils et politiques, du droit à l’alimentation et à l’accès à l’eau, au logement, à la justice ou à l’éducation et à la santé. Cette consultation se terminera le 31 octobre prochain, et ses résultats seront examinés par le Conseil des Droits de l’Homme.

Enfin, je souhaite ajouter que cet engagement au niveau international en faveur de l’éradication de la pauvreté se double d’une politique menée au niveau national. Le Président de la République a ainsi décidé de créer, en juin dernier, avec rang ministériel, un poste de Haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté. Le titulaire de ce poste, M. Martin Hirsch, est une personnalité issue du monde associatif, reconnue pour son action de terrain en faveur des plus démunis.

Un plan national d’action pour l’inclusion, destiné à réduire la pauvreté de un tiers en 5 ans a été présenté le 3 octobre dernier. Il s’articule autour de trois grandes priorités :

- favoriser l’accès et le retour à l’emploi des personnes en difficulté, avec notamment l’expérimentation d’un revenu dit de solidarité active (RSA) ; - poursuivre l’insertion sociale et professionnelle des jeunes, notamment dans les banlieues
- développer l’offre de logement social et d’hébergement d’urgence,

L’engagement du Gouvernement dans la lutte contre la pauvreté et l’exclusion se poursuivra en 2008 et plusieurs rendez-vous sont déjà fixés aux niveaux national et européen :
- un comité interministériel de lutte contre l’exclusion, au premier semestre, sera précédé par une conférence nationale
- une table ronde européenne sur le thème : Pauvreté : pour une stratégie intégrée d’inclusion sociale, sera organisée par la France ;
- enfin, la France proposera à ses partenaires européens d’adopter une recommandation sur l’inclusion active

En conclusion, je souhaite rappeler une nouvelle fois que la misère absolue n’est pas seulement un problème économique ou de développement ; elle touche les pays dits développés comme les pays moins avancés ; la misère absolue est un obstacle à l’exercice intégral et effectif des droits de l’homme ; mais elle n’est pas une fatalité ; notre engagement résolu en faveur de la dignité de tous les êtres humains doit la faire reculer./.

Visionner la conférence de presse



Bookmark and Share
Bookmark and Share
Rss
Organisation des Nations Unies Présidence de la République France Diplomatie La France à l'Office des Nations Unies à Genève Union Européenne Première réunion de l'ONU