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15 janvier 2008 - Situation en Côte d’Ivoire : Stake out de M. Jean-Maurice Ripert, Ambassadeur ; Interview de M. Jean-Maurice Ripert, Représentant permanent de la France auprès des Nations unies à New-York avec France 24/RFI/BBC Afrique




Stake out de M. Jean-Maurice Ripert

Avec mon collègue, l’Ambassadeur du Burkina Faso Michel Kafando, sur proposition de la France, je voudrais souligner l’importance qui s’attache à la résolution 1795 qui vient d’être adoptée par le Conseil de sécurité à l’unanimité.

Elle renouvelle pour 6 mois le mandat de l’ONUCI et de la force Licorne et elle endosse les accords complémentaires de Ouagadougou qui ont été signés sous les auspices et grâce aux facilitations du Burkina Faso.

Le vote du Conseil de Sécurité est aussi très important, car la décision qui a été prise est de faire pleine confiance aux parties ivoiriennes elles-mêmes pour la tenue, la mise en oeuvre du calendrier électoral tel qu’il a été fixé par les parties ivoiriennes et que le Conseil de Sécurité adresse un message de soutien très fort à Monsieur Choi, le représentant spécial du Secrétaire général qui aura la charge de certifier, à toutes les étapes, ces élections.

[......]

In English : I would like to stress the importance of resolution 1795, that has just been voted by the Security Council. This resolution endorses the agreement signed on November 28 in Ouagadougou to supplement the Ouagadougou agreement and the timetable for the elections which have to be held in June 2008. The Council is supporting the process and is renewing the mandate of ONUCI for 6 month so as to be on the same path as the electoral agreement between all the parties in Ivory Coast. We are trusting the parties and we are supporting Mr Choi, the special representative of the Secretary General to help with the good outcome of those elections. Je ne voudrais pas être de mauvaise augure, mais ça fait 3 ans qu’on nous dit régulièrement qu’il va y avoir des élections en Côte d’Ivoire. Où en est-on vraiment ?

Aujourd’hui on a un accord entre les deux parties qui a été signé sous les auspices du facilitateur, le Président Blaise Compaoré, a qui il faut rendre hommage. Le Conseil de Sécurité vient d’endosser, à l’unanimité, les accords qui fixent les élections au mois de juin. Cela veut dire, que tout le monde, de bonne foi, s’engage. A partir du moment où le Conseil de Sécurité endosse ce calendrier électoral, cela veut dire aussi que le Conseil de sécurité sera vigilant à la bonne tenue et au respect des engagements pris par les parties.

[...]

About this supposed coup by Ibrahim Coulibaly, how is it a problem for the peace process and is the mediator in touch with Soro and Gbagbo ?

Je ne peux pas parler au nom du facilitateur. Je crois encore une fois que le message aujourd’hui est un message de confiance sur le processus, l’accord entre les parties fonctionnera, Monsieur Choi est investi de la mission de certifier toutes les étapes.

In English : I think that what is important today, is the confidence that the Security Council has expressed to all the parties to work together, under the auspices of both the facilitator and the United Nations with Mister Choi who has been empowered to certify all steps of the electoral process. This is what is important. This is what we will concentrate on for the next months.

visionner le stake out


Interview de M. Jean-Maurice Ripert, Représentant permanent de la France auprès des Nations Unies à New-York avec France 24/RFI/BBC Afrique

Monsieur l’Ambassadeur, dans le rapport que le Secrétaire général a introduit au Conseil de sécurité il était prévu de renouveler le mandat de l’ONUCI et de la force Licorne pour un an mais le Conseil a décidé de procéder à un renouvellement pour six mois. Est ce que vous pouvez nous en donner la raison ?

Oui la raison est extrêmement simple et je viens de m’en expliquer avec Monsieur Choi le représentant spécial du Secrétaire général.

L’idée est de coller au maximum au calendrier fixé par les parties aux accords de Ouagadougou et notamment après la signature de l’accord complémentaire fin novembre à Ouagadougou de coller au calendrier électoral qui amène à juin. Et donc avec un renouvellement de six mois, qui d’ailleurs est un renouvellement normal puisque il était de six mois précédemment, nous couvrons la période électorale.

Donc nous adressons une sorte de signal de confiance aux parties en leur disant " C’est vous qui fixez l’agenda et les Nations Unies vous aident et vous suivent ". En même temps la résolution endosse, en anglais, " endorses ", le calendrier. Ce qui veut dire que le Conseil fait sien ce calendrier, et donc il appartiendra maintenant aux parties de tenir leurs engagements dans ce contexte, vis a vis du Conseil de Sécurité.

Là vous toucher un point très important, " tenir les engagements " quelles garanties vous avez au Conseil de Sécurité, que pendant cette période de six mois, que les préparatifs, que les élections, tout ça va être fait dans le chronogramme fixé par les accords de Ouagadougou et les accords complémentaires ?

On n’a jamais de réelles garanties. Notre garantie c’est la volonté des parties que les élections se tiennent. On est en train de recréer en Côte d’Ivoire, grâce aux efforts de toutes les parties, un consensus avec toutes les couches de la société, c’est ça que le Conseil de Sécurité soutient. Concrètement ce qui va se passer, c’est que Monsieur Choi, le représentant spécial, va devoir certifier toutes les étapes du processus et fournir toute l’aide nécessaire.

Et la communauté internationale s’est engagée à renouveler son engagement, à aider la Côte d’Ivoire, y compris sur le plan financier, à remplir ses engagements de manière à tenir le calendrier. Donc plutôt de dire " quelles garanties nous avons ", je dirais " quels efforts nous sommes prêts à faire pour soutenir le processus ". Moi, je crois que cela ira à son terme, c’est la première fois que toutes les parties ont signé un document commun s’engageant sur un calendrier.

Concernant la certification de toutes les étapes de ce processus, la résolution réclame un compte-rendu régulier de la part du représentant spécial ?

Oui et telle est son intention. Je viens de le voir, et il m’a confirmé qu’il viendrait périodiquement devant le Conseil et qu’il nous enverrait régulièrement des compte-rendus de ce qu’il fait. Je crois que c’est extrêmement important. Mais encore une fois tout cela doit se passer dans un contexte de confiance. C’est fondamental.

Au niveau des forces, au niveau de l’ONUCI, des forces Licorne, on parle de réductions, ou cela va se faire en fonction de la situation sur le terrain ?

Je crois que la situation est toujours la même. Nous avons pris des engagements vis à vis des Nations Unies. Il y a un accord entre la France et l’ONUCI pour fournir un soutien, notamment d’appui en cas de crise, avec une capacité de réaction rapide. Cet engagement ne change pas. La France n’ a aucune raison aussi près du but, de retirer son engagement.

En revanche, il est possible que les modalités changent. C’est vrai aussi que, plus la situation s’apaise en Côte d’Ivoire, plus le dialogue s’installe et que la confiance est retrouvée entre tous les ivoiriens, plus il est normal qu’on adapte le dispositif sur le plan militaire.



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