Twitter Facebook Flickr Youtube RSS Share

24 juin 2008 - Djibouti/Erythrée : Stake out de M. Jean-Maurice Ripert, Représentant permanent de la France auprès des Nations unies



Je voudrais dire que nous sommes extrêmement satisfaits du fait que le Conseil de sécurité ait pu entendre à la fois le Premier ministre de Djibouti et l’Ambassadeur représentant permanent de l’Erythrée, et que l’immense majorité des Etats membres qui se sont exprimés aient manifesté très clairement leur refus des empiètements sur le territoire djiboutien et de l’atteinte à l’intégrité territoriale de Djibouti que constitue la posture offensive de l’Erythrée depuis quelques semaines.


La déclaration qui vous a été lue par le Président en exercice du Conseil de sécurité marque bien la préoccupation du Conseil de sécurité à l’égard d’une situation qui, si on n’y prend pas garde, pourrait dégénérer dans une région de l’Afrique qui n’en a pas besoin. Je crois que ce qui est important, c’est le mandat donné au Secrétariat général des Nations Unies, la demande qui est exprimée pour qu’une mission d’établissement des faits se rende sur les lieux, soit reçue par les deux parties, et rende compte au Conseil de sécurité dans des délais aussi brefs que possible.


Ce qu’il faut dire, c’est que nous espérons évidemment que nos amis érythréens, cette fois-ci, accepteront de recevoir la mission des Nations Unies afin qu’elle puisse faire son travail et qu’elle puisse répondre à la demande du Conseil de sécurité. C’est une affaire sérieuse, nous ne pouvons accepter ni le maintien du statu quo, ni évidemment que cela dégénère en un conflit. Il est donc extrêmement important que les deux parties se retiennent, que les troupes érythréennes soient retirées de la zone frontalière, et que soit respectée notamment la neutralité de l’île de Djezira Doumeira.


The Security Council is asking in the statement to Secretary General to present a report in two weeks : is this enough time for the UN to send the fact-finding mission and come back ?


The two weeks is what we hope for. We are aware of the very heavy schedule of the Secretary General, and I had some talks with M. Pascoe and of course, what is important is that the Secretary General reports the facts to the Council as soon as he himself gets the report of the fact-finding mission. And if it takes a little bit more time for the fact-finding mission to go there, to see by itself, and to be received both by the Djiboutians and by the Eritreans, of course the Security Council can wait, as long as the situation holds on the ground.


There seems to be near consensus in the Council that Eritrea has not been helpful in the regional context in general. Do we expect the Council to take Eritrea as a whole and maybe decide of some action ?


No, that is not the point. Today we were discussing the difficulties between Eritrea and Djibouti, and we are not addressing the situation in the region as a whole. My point is to talk about Djibouti and the support of France in this difficult situation for Djibouti.


This morning, the Foreign minister of Djibouti said that he, the President and the Prime minister travelled at one point to the border in a French helicopter, this is something that the Eritreans have said as provocative...


France has some agreements with Djibouti, you know that. There is a defence agreement and a cooperation agreement with Djibouti, and in this respect the French Navy, Air Force and troops which are in Djibouti at the request of the Djiboutian government are acting to support the Djiboutian troops, and we have not done anything except supporting the Djiboutian troops and answering to requests by the Djiboutian government. And it will remain so.


The Eritrean Ambassador said that the Ethiopians have tried to install some missiles or some military installations overlooking Djibouti, what do you add to that ?


I do not have to have any reaction. We are helping the Djiboutian government to settle down the dispute with Eritrea and the aggressive posture of Eritrea in Djibouti. So, I am not talking about Ethiopia, we are talking about the presence of military people from Eritrea in the Djiboutian territory. This is not acceptable.


Est-ce que vous pensez que les moyens dont dispose le Conseil de sécurité sont aptes à faire plier l’Erythrée, et que celle-ci va s’avérer prête à recevoir la mission de l’ONU ?


Nous l’espérons. L’Erythrée est membre des Nations Unies, l’Erythrée doit appliquer les décisions des Nations Unies. Pour l’instant c’est une déclaration du Président du Conseil de sécurité qui exprime l’unanimité, le sentiment unanime des membres du Conseil que l’Erythrée doit recevoir cette mission. Si l’Erythrée refuse de recevoir cette mission il est clair que par rapport à ses obligations au regard de la Charte de coopérer avec le Secrétaire général des Nations Unies, il y aura un manquement de la part de l’Erythrée. C’est pour cela que nous espérons que ce ne sera pas le cas, et que nous avons donné quelques semaines au Secrétaire général pour accomplir sa mission, mais nous espérons vraiment que l’Erythrée comprendra que personne ne lui veut de mal et que la seule chose que nous lui demandons c’est de se retirer sur les positions antérieures à la crise pour permettre aux deux pays, avec le soutien de la Ligue Arabe, de l’Union Africaine, de résoudre ce différend frontalier.


Est-ce que vous pouvez nous préciser quelle sera exactement la mission ?


Nous demandons une mission d’établissement des faits, puisque certains les mettent en cause et qu’on entend des versions différentes sur la présence des uns et des autres. Il nous semble important qu’il y ait une mission indépendante qui soit remplie par le Secrétaire général des Nations Unies comme c’est son rôle, probablement par la Direction des Affaires politiques, qui puisse clairement établir s’il y a ou non violation de la ligne de frontière et s’il y a possibilité pour les deux parties de régler leur différend à l’amiable après un retour au statu quo ante. Pour l’instant, nous avons une situation de fait où l’Erythrée a fortifié le côté érythréen qui mène à la ligne de crète du Ras Doumeira et a toujours des forces présentes sur l’île de Djezira Doumeira en violation des accords internationaux qui prévoient que cette île doit être démilitarisée en attendant que la frontière soit marquée.


Est-ce que la mission consistera également à établir les raisons, les motivations érythréennes ?


Je pense que s’il y a un différend frontalier il faut peut-être en effet saisir cette occasion pour essayer de faire progresser d’éventuelles solutions et nous avons fait état, nous Français, de notre disponibilité, comme la Ligue Arabe, comme l’Union Africaine, comme le Qatar je crois à titre bilatéral, pour contribuer à toute solution, y compris à long terme, en réglant le différend frontalier, et en parvenant à une délimitation de la frontière et à un bornage de la frontière./.



Bookmark and Share
Bookmark and Share
Rss
Organisation des Nations Unies Présidence de la République France Diplomatie La France à l'Office des Nations Unies à Genève Union Européenne Première réunion de l'ONU