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10 octobre 2013 - République centrafricaine / Adoption de la résolution 2121 – Remarques à la presse de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

(en français et en anglais)

Comme vous le savez la République centrafricaine vit une tragédie depuis maintenant des mois. Nous amis africains de l’Union africaine ont décidé d’envoyer une force et l’ont créée le 19 juillet. La question qui se posait à nous était comment aider la force de l’Union africaine à être efficace.

Donc nous avons eu depuis deux mois des négociations avec nos amis africains. Nous avons dû mobiliser aussi la communauté internationale, qu’il faut bien dire, est souvent ignorante de ce qui se passe en République centrafricaine. Le Président de la République française l’a fait dans son discours à l’Assemblée générale. Le Ministre des Affaires étrangères, M. Laurent Fabius, a soulevé cette question dans tous ses entretiens.

L’adoption de cette première résolution, la résolution 2121, est le premier pas pour à la fois renforcer la présence des Nations unies et demander aux Nations unies de proposer des modalités de soutien à la force africaine.

Sur la base du rapport que nous recevrons le 10 novembre, les Nations unies prendront une nouvelle résolution décidant des modalités de ce soutien.

C’est donc un premier pas. Je crois que c’est surtout un premier pas de mobilisation politique, de sensibilisation à une crise qui est trop souvent ignorée par la communauté internationale.

Everybody knows here the tragedy that Central African Republic is going through. The Africans decided to send a force that was created on 19 July. Our work for the last two months was first to consult our African friends to know what support they needed but also to mobilize the international community because unfortunately the Central African crisis is largely ignored.

The President of French Republic raised the issue in his speech at the General Assembly. The Minister of Foreign Affairs Laurent Fabius raised also this issue in all his meetings –and he met a lot of Ministers – for the mobilization of the international community.

The resolution 2121 that has just been voted is a first step. First it reinforces the presence of the United Nations but it also asks the Secretary-General to report to us and tell us which form of support the UN can provide to the African force.

On the basis of the report we will receive in mid-November, there will be a new resolution deciding effectively the support that we will provide. There are three types of support that the UN may provide. The first one is through a trust fund. The second one would be a logistical support package. The third one would create a peacekeeping operation. We understand that the second way is closed, that the AMISOM experience is once for all experienced. So I guess the two ways which are left to us will be a trust fund to support the African force and some planning support or the creation of a peacekeeping operation. We will take the decision mid of November. So it is the first step but it is an important first step because this crisis isn’t on the front page of the newspapers but it’s nevertheless an awful situation. We have to do something to put an end to it.

Q : There has been no resolution in August and September. My understanding was in August maybe it has to do with some kind of slowness, there was no request.

It is not possible to pretend that. The force was created on 19 July. Then we had to consult with the Africans. There is always a sort of “awkward situation” between the African Union and the United Nations, because the Africans want to act and we want them to act too. At the same time, there is always a worry on the African side that the UN is going to “lead the show”. We were very careful to avoid this impression, to work with our African friends. That is the first point. And the second point is simply to mobilize the members of the Security Council, to mobilize the international community because you know how long and difficult our negotiations were, including in August. We had to mobilize all the members of the Security Council around a crisis which, I repeat, is largely ignored. It has never made a front page of an American newspaper or of a British newspaper. It is a country where there are few embassies, few journalists. So it was also necessary to draw the attention of our partners. This is also the value of that resolution.

Q : Cette résolution ne dit rien du renforcement concret de la MISCA, y-a-t ’il encore des débats là-dessus ? La France préférerait-elle une opération de maintien de la paix classique des Nations unies à une opération africaine financée par l’ONU ?

Vous savez, aux Nations unies, on prend toujours des décisions sur la base du rapport du Secrétaire général, c’est au Secrétaire général de nous faire des propositions et donc nous allons attendre le rapport du Secrétaire général. Le Général Gaye, qui est le Chef du Bureau des Nations unies à Bangui, va nous donner son opinion sur la situation, qui est une situation extrêmement complexe, quelle est la meilleure manière selon lui d’apporter son soutien aux efforts de nos amis africains. Et nous devrons aussi, bien évidemment, avoir un dialogue avec l’Union africaine. L’Union africaine envoie une force, les Nations unies ne vont pas dire d’un seul coup, du jour au lendemain « quittez, c’est à nous de prendre l’opération ». Il va y avoir un dialogue Union africaine/Nations unies. Il a déjà commencé puisque le Conseil de sécurité était à Addis Abeba et a rencontré Mme Zuma. Je sais que la question a été soulevée. Ensuite, sur la base de ce rapport, nous verrons quelle sera la décision, mais je ne sais pas quelle sera la décision à ce stade.

Q : Quel rôle pour les troupes françaises qui sont sur place et est-ce que la France envisage de renforcer sa présence militaire en Centrafrique ?

C’est une des questions qui est posée. La France a à l’heure actuelle 400-450 soldats. L’hypothèse d’un renforcement limité est sur la table. Nous devrons, cela dépendra de la relation entre les Nations unies et l’Union africaine, définir le rôle que pourra jouer la force française en République centrafricaine. Grossièrement, il y a deux modèles : Licorne pour la Côte d’Ivoire ou Serval pour le Mali. Je peux vous dire que le modèle de Serval Mali est un modèle exclu. La France ne va pas faire en République centrafricaine ce qu’elle a fait au Mali où elle a répondu à une urgence. Donc sans doute que le modèle d’interaction entre la force et la force française sera plutôt un modèle de type Licorne, mais il faudra le décider.

Q : What is your understanding of the progress that the Central government has made in disarming or otherwise dispending and neutralizing the Seleka rebels ?

I think that the Central African authorities have made some progress and we are really supporting what they are doing, we are supporting the idea of a political process. But obviously the challenges are well beyond their means. And so the idea of the African force will be to provide a robust support to the force of the Central government to reestablish the authority of the State. But it is a first step and the country is, I guess, 400 000 square km wide and we know that the LRA, the terrorist group, is using the Eastern part of the country as a stronghold. Obviously the security challenges are important. So the Central African authorities need support.


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