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11 juillet 2012 - Conseil de sécurité - Syrie - Remarques à la presse de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

En français et en anglais


Nous venons d’entendre le rapport de l’Envoyé spécial conjoint, M. Kofi Annan, et du secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix M. Hervé Ladsous.

Trois mois après l’envoi de la mission des Nations Unies en Syrie, la violence se poursuit et s’aggrave, violence dont le régime est, évidemment, le principal responsable. Nous en sommes à seize mille morts.

Pourquoi ? Parce que le Conseil de sécurité à laissé le régime syrien violer les dispositions adoptées, sans avoir à faire face à aucune conséquence, parce que nous avons laissé l’Envoyé spécial conjoint seul face aux parties.

C’est le rôle du Conseil de sécurité que d’exercer les pressions nécessaires pour faire respecter ses décisions et les assortir de conséquences pour ceux qui les violent.

C’est la raison pour laquelle nous proposerons, avec nos partenaires, un projet de résolution dans les heures qui viennent, qui donne au Conseil les moyens de peser sur la situation sur le terrain, en ouvrant la possibilité que des sanctions soient adoptées, sous chapitre VII, pour mettre en œuvre le communiqué de Genève et le plan en six points de M. Annan.

Il s’agit d’une approche raisonnable, fondée sur le constat que laisser aux seules parties la responsabilité de respecter leurs propres engagements n’a pas fonctionné. Nous devons appuyer M. Annan, lui donner les moyens de faire pression sur les parties, afin que très rapidement, dans les jours qui viennent, les partis, et notamment le gouvernement syrien, mettent enfin en œuvre ses engagements. Nous devons ainsi répondre à l’appel de M. Annan de l’aider.

En ce qui concerne le projet de résolution présenté par la Russie, il est insuffisant dans le sens où il ne donne pas à M. Annan les moyens d’agir, dans la mesure où il ne met pas le plan en six points sous chapitre sept et il n’annonce pas des sanctions.

Dans ce contexte également, l’envoi, ou le maintien, d’une mission des Nations Unies sur le terrain sera la conséquence du reste. Ce n’est qu’un instrument, ce n’est pas une fin en soi, nous devons d’abord avoir un processus politique, ce qui veut dire que d’abord, le régime syrien doit agir.

Q : Have you heard from Mr Annan what Mr Assad had to propose to reduce the violence ?

Mr Assad does not have a precise proposal. He has expressed once more his availability to consider in some circumstances a solved cessation of violence. But there was nothing specific in terms of calendar and in terms of modality.

I asked the question and Mr Annan said that it will have to be negotiated in the coming days between the UN mission and the Syrian authorities. Again, it is fine if it is negotiated, but it has to be done very quickly. For that reason, our proposal will give a few days or a very short time to the regime to implement its commitment. We have waited eighteen months ; we can’t wait weeks and months. Every week, hundred of Syrians are dying. The Council has to act.

Q : Kofi Annan avait réclamé une unité du Conseil de sécurité. Il y a aujourd’hui deux projets de résolution concurrents : le votre et celui des Russes. N’est-ce pas précisément l’inverse que ce qu’avait demandé Kofi Annan ?

On verra l’unité du Conseil de sécurité au moment du vote. Il est normal qu’il y ait un débat au sein du Conseil de sécurité, il y a des nuances différentes. Mais notre espoir est qu’à la fin, le Conseil se réunisse sur la base d’un projet de résolution négocié. Nous ouvrons une négociation sur la base de notre texte.

Q : Have you seen the Russian draft resolution and any fraction on them ?

The Russian proposal was published in the press. On the principle of the Russian resolution, nobody is objecting to them. But the problem is that it doesn’t have teeth. We simply want to put the Annan plan and the Geneva communiqué under chapter VII, and to announce a threat of sanctions if they are not implemented in the coming days or weeks.

Q : N’est-ce pas aller vers un troisième veto que de proposer une résolution qui inclut le chapitre VII alors que les Russes ont présenté un projet de résolution sans chapitre VII et sanctions ?

Nous verrons. Il y a une négociation et nous espérons que la voix de la raison triomphera aussi à Moscou. Quand on présente un texte, c’est pour le négocier et le voter.

Q : Do you think that Iran can help in the situation in Syria ?

No.

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