Twitter Facebook Flickr Youtube RSS Share

25 avril 2013 - Mali - Entretien de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies, avec France 24

Q : Avec nous, M. Gérard Araud, le représentant permanent de la France auprès des Nations unies. Un vote à l’unanimité c’est avant tout l’action, les choix de la France qui ont été reconnus par les membres du Conseil de sécurité.

Exactement. Nous passons à un second acte de l’action internationale. Le premier était l’action dans l’urgence de l’armée française pour arrêter les groupes armés avec l’aide des forces africaines. Nous avons repoussés les groupes armés. Nous les avons battus. Maintenant nous abordons une phase de stabilisation. C’est la raison pour laquelle les Nations unies vont envoyer une force de maintien de la paix à la demande de la France. Cela va permettre parallèlement aux forces françaises de se retirer progressivement du pays.

Q : Dans le détail, cette force est conséquente - deux fois plus importante que l’armée malienne actuellement - quelle va être son action ?

Il s’agit essentiellement d’une force de stabilisation dans le nord du pays. L’armée malienne s’est effondrée. Nous devons donc la reconstituer. Il y a une mission de l’Union européenne avec 500 à 600 formateurs qui vont reconstruire l’armée malienne dans les 18 à 24 mois qui viennent. Pendant ce temps, la force - c’est une force importante vous avez raison avec plus de 11 000 hommes - tiendra le nord pour maintenir l’ordre et pour empêcher le cas échéant un retour des djihadistes.

Q : Dans le nord, la ville de Kidal refuse de se plier à l’Etat malien, que va être l’action de l’ONU concernant spécifiquement cette ville ?

Derrière Kidal il y a le problème des Touarègues. Nous savons depuis 50 ans qu’il n’y a pas de solution militaire au problème Touareg. Il ne peut y avoir qu’une solution politique. Un des aspects de la mission des Nations unies sera d’encourager la réconciliation de tous les Maliens. Un dialogue entre Bamako et le MNLA, le mouvement touarègue devra conduire le mouvement Touareg à rendre les armes parce qu’il ne peut y avoir qu’une seule armée malienne, une souveraineté malienne. Il ne faut pas commencer une nouvelle guerre civile. Il faut reconstruire un Mali qui soit démocratique et réconcilié.

Q : Pouvez-vous détailler la place de la France dans ce nouveau dispositif ?

Il y aura plus de 11 000 casques bleus. Sous casques bleus, il devrait y avoir environ 150 Français qui apporteront surtout un soutien technique, notamment en termes d’officiers. Nous aurons également au Mali vers le mois de décembre encore 800 hommes qui pourront le cas échéant intervenir si la force fait l’objet d’une menace sérieuse et imminente. La force en elle-même a les moyens de se défendre. Les Français seront une sorte d’assurance ultime et ne devrait intervenir que dans des circonstances exceptionnelles. Nous espérons qu’il n’y aura pas de circonstances exceptionnelles.

Q : Il faut un Etat fort pour stabiliser le pays, est-ce que l’ONU peut jouer un rôle pour permettre au Mali de retrouver cette solidité politique ?

Oui, parce que c’est l’ensemble du pays qui s’est effondré. Il faut retrouver un pacte national républicain malien, il faut des élections, une réconciliation, pas seulement avec les Touaregs… Les Nations unies peuvent aider les Maliens à faire cela : aider à organiser des élections, aider à promouvoir un dialogue politique. Les agences des Nations unies peuvent aussi aider à des projets de développement. Derrière la crise malienne, il y a aussi les crises récurrentes, les famines, qui frappent cette partie du monde. C’est un programme de long terme, la Force de maintien de la paix n’en est qu’une partie.

Monsieur l’Ambassadeur, je vous remercie d’avoir répondu à nos questions ce soir.


En savoir plus sur le Mali.



Bookmark and Share
Bookmark and Share
Rss
Organisation des Nations Unies Présidence de la République France Diplomatie La France à l'Office des Nations Unies à Genève Union Européenne Première réunion de l'ONU