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26 septembre 2013 - Sahel - Remarques à la presse de M. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères

Nous sortons d’une réunion autour du Sahel. Vous vous rappelez peut être que l’an dernier, à l’initiative de la France, il y avait eu une réunion importante sur le Sahel et c’est à cette occasion qu’avait en particulier été abordée la situation du Mali. Quelques mois plus tard, des groupes terroristes s’étaient rapprochés de Bamako, la France avait été obligée d’intervenir, puis la communauté de l’Union européenne et internationale. Aujourd’hui nous avons la chance d’avoir résolu la question de sécurité et d’avoir un président démocratiquement élu. Mais le problème du Sahel demeure. Ce qui est arrivé au Mali aurait pu arriver ailleurs, d’où notre proposition qui a été faite par les Nations unies de bâtir une stratégie intégrée pour le Sahel, c’est de cela que nous avons discuté aujourd’hui.

La France qui est extrêmement attachée au Sahel, et qui est le deuxième bailleur avec 300 millions d’euros à titre bilatéral, a bien l’intention de continuer - c’est note tâche, notre mission - à appuyer le Sahel. Ce qui signifie qu’un effort sur la sécurité, qu’un effort de développement économique sous toutes ces formes soit encouragé, ce qui signifie un effort pour que la gouvernance soit améliorée, avec des Etats contrôlés et vertueux.

BAN Ki-moon se rendra au Sahel au mois de novembre. J’ai annoncé la décision de la France, qui présidera le Conseil de sécurité en décembre, d’obtenir une réunion spéciale au niveau ministérielle sur le Sahel. Car pour nous cette région est absolument essentielle, à la fois dans le développement de l’Afrique et pour notre sécurité à tous.

Voilà quelques éléments que je voulais livrer à votre appréciation, sachant que toute une série d’initiatives ont lieu autour de la question du Sahel et que Romano Brodi est l’Envoyé Spécial des Nations unies dans cette région.

Q : On MINUSMA, the Chadian troop left their posts in Gao, due to some disagreement, and also there are charges of rape among the Chadian troops in Mali. So I’m wondering : do you think the mission is coming on well ?

Il y a eu en effet des incidents graves, ils sont en train d’être analysés, recensés. S’il y a eu des exactions bien sûr, les conséquences devront être tirées.

Q : M. le Ministre, pouvez-vous nous dire aujourd’hui que la guerre au Mali est terminée ? Que pouvez-vous nous dire de l’état des forces combattantes des groupes armés du Nord et des groupes islamistes ?

La sécurité dans les villes a été rétablie, vous le savez. Il peut toujours se produire tel ou tel incident, c’est la raison pour laquelle, à la fois la MINUSMA est déployée, et les troupes françaises restent sur le terrain. Il y avait ces jours derniers, à peu près 3 200 troupes, elles vont descendre au chiffre de 2 000 vers le mois d’octobre. Les élections étant prévues, au deuxième tour le 15 décembre, nous pouvons ensuite aller vers 1 000, qui resteront sur place, et pourront assurer la sécurité contre tout retour des terroristes. Mais il y a en plus, évidemment, et c’est l’essentiel du dispositif, les forces qui assurent la stabilisation et la sécurité du Mali, les forces internationales. Encore une fois, dans toutes les régions du monde, il peut y avoir bien sûr un incident, un accident, parfois même assez grave mais, laissez-moi vous dire qu’au Mali, la sécurité a été rétablie. Cela ne veut pas dire – et c’est la liaison avec les informations précédentes- qu’elle soit rétablie dans l’ensemble du Sahel. Parce que les terroristes au Mali ont été neutralisés, mais certains ont pu s’enfuir dans d’autres régions, dans d’autres pays. Et donc il faut être extrêmement vigilant et l’approche sur ces questions au Conseil de sécurité doit être une approche régionale.

D’ailleurs, j’insiste, au début du mois de décembre, se tiendra à Paris une très importante réunion entre la France et l’ensemble des pays d’Afrique qui concernera en particulier les questions de sécurité. Tous les pays d’Afrique, et d’ailleurs tous les pays du monde sont amenés à se préoccuper de leur sécurité. Les cas ne sont pas les mêmes. La situation du Mali à laquelle vous faîtes allusion n’est pas la même que la situation du Nigéria, qui n’est pas la même que la situation de la Tunisie… Et nos amis africains nous ont demandé de travailler avec eux sur une sorte de typologie de la sécurité : qu’est ce qui doit relever des forces purement nationales ? Qu’est-ce qui peut être une approche régionale, une mutualisation ? Qu’est-ce qui demande un soutien de l’Union européenne ? Qu’est-ce qui demande un soutien de l’Union africaine ? Qu’est ce qui demande un soutien de la communauté internationale représentée par les Nations unies ? Donc cette réunion, qui promet d’être extrêmement intéressante permettra d’analyser l’ensemble de ces sujets et de proposer des solutions qui devront être reprises dans cette réunion sur le Sahel que nous ferons à l’occasion de la présidence de la France. Voilà quelques perspectives qui doivent nous permettre d’avancer.

Q : Une question sur la Syrie, vous permettez ? Pouvez-vous clarifier l’état d’avancement de la résolution Syrie et nous dire si les trois exigences de la France sont maintenant incluses totalement dans le texte ?

Nous avons discuté de cette question hier avec M. BAN Ki-moon et les pays dits du « P5 ». Nous avons constaté des avancées évidentes. Maintenant, une résolution n’est actée que lorsqu’elle est entièrement actée et il y a encore des sujets qui devraient être précisés. Mais je pense qu’on avoir une appréciation positive, les choses ont avancé très nettement. Vous savez probablement que la résolution des Nations unies, qui j’espère sera prête bientôt, doit être calée aussi avec ce qui se passe à l’Organisation d’Interdiction des Armes Chimiques. Donc il y a là une espèce de réflexion en miroir à avoir. Pour ce qui concerne les exigences de la France, à ce stade elles sont satisfaites et j’en suis heureux. Nous avions posé au début de la semaine trois éléments particuliers : d’une part que toute attaque chimique soit considérée comme une atteinte à la sécurité internationale et donc permettre au Conseil de sécurité de se saisir de cette question. Deuxièmement, il est évident que ceux qui ont commis des crimes doivent être tenus pour responsable être traduits en justice. Et troisièmement nous avons demandé qu’il soit fait référence au chapitre VII, lorsque et au cas où il n’y aurait pas respect des dispositions qui sont prises et donc respect de la décision en matière chimique, à ce moment-là le Conseil de sécurité sera saisi sur la base du Chapitre VII. C’est la reprise par ailleurs du texte de l’accord qui avait été conclu entre États Unis et la Russie à Genève et qui entre temps, semblait avoir été un petit peu oubliée. Donc sur ces trois points les choses ont avancé comme nous le souhaitions.

En savoir plus sur le Mali.



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