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29 mai 2014 - Intervention devant la presse de Mme Anne Hidalgo, maire de Paris, sur l’urbanisation durable

Merci. Merci pour vos félicitations.

Tout d’abord, permettez-moi de vous dire que je suis très heureuse de participer à ces journées organisées par l’ECOSOC où les villes sont invitées. C’est un fait majeur que les villes soient invitées à participer à l’élaboration d’objectifs, qu’il y ait un débat, trois jours de débat, organisés avec la présentation, non seulement de leurs expériences, de leurs bonnes pratiques mais aussi de leur vision. Conformément à ce beau principe « penser global, agir local », c’est ce que nous faisons. Et en même temps, les villes, et je pense aux grandes villes, nous avons aussi besoin de penser global pour bien agir local. Ce lien avec l’ECOSOC me parait essentiel au moment où, comme cela a été rappelé, l’essentiel de la population se concentre dans les villes. Je remercie vraiment cette initiative qui est majeure et qui va, je l’espère, nous permettre d’avancer.

Je vais venir dans un instant sur les questions climatiques mais les grandes concentrations urbaines posent des problèmes à toutes nos villes -Paris n’y échappe pas- qui sont des problèmes de gestion, de gestion des réseaux, de gestion de populations extrêmement diverses. Les grandes villes sont des villes refuges aussi, pour beaucoup de migrations de nature très différentes. Que ce soit des migrations liées à des conflits sur la planète ou des migrations liées à des difficultés économiques. Beaucoup sont des populations en attente de solutions, en recherche de réponses à leur problème social et économique qui viennent vers les villes.

Souvent, dans les grandes villes, et là aussi, Paris n’échappe pas à la règle, la question de la pauvreté de certaines populations, je pense notamment aux femmes, est posée. Souvent, les femmes concentrent différentes difficultés. Lorsque l’on regarde les populations les plus en difficulté ou les plus pauvres, souvent, ce sont les femmes qui sont en situation de famille monoparentale et nous avons à travailler à intégrer ces préoccupations dans toutes les réflexions relatives au développement de nos sociétés sur la planète. L’endroit pour pouvoir poser ces problèmes et bien sûr les résoudre, je pense que c’est les villes, les territoires urbains.

Je me réjouis donc que la problématique de l’urbanisation ait été retenue comme essentielle dans le cadre de cette conférence de l’ECOSOC. Je pense, et j’espère, que nous déboucherons sur des objectifs dédiés, avec la possibilité de suivre, de mesurer, d’évaluer, au-delà de la prise de conscience du rôle des villes dans tous ces objectifs qui nous intéressent, que nous puissions suivre avec des objectifs dédiés l’évolution de ces grandes concentrations urbaines avec leur impact économique et leur impact social. Je pense que, ici, nous sommes tous dans l’idée de pouvoir aller vers des villes qui soient inclusives pour toutes les populations et non pas des villes qui se bâtiraient en segmentant le territoire et en excluant les populations qui ne seraient pas les plus à même d’affronter l’économie et la mondialisation.

Le deuxième élément que je voudrais mettre en avant parce qu’il est intimement lié, et il rejoint notamment les initiatives du Secrétaire-général de l’ONU, est bien sûr la question climatique. Urbanisation et question climatique, cela va ensemble puisque nous savons que c’est à l’échelle des grandes concentrations urbaines et des villes que l’essentiel des émissions de gaz à effet de serre se produit. Nous savons qu’il y a des phénomènes de pollution spécifiques, nous en avons été nous-mêmes victimes à Paris : pollution atmosphérique, aux particules et notamment liée au diesel et à son utilisation dans les moteurs utilisés par les véhicules.

Nous savons que la question du climat, sa résolution passe aussi par les solutions qui peuvent être inventées à l’échelle des villes. Pour réduire les émissions de gaz, beaucoup de villes, dont Paris, se sont dotées de « Plans climat » avec une mesure de l’effet carbone produit par nos villes. Mais nous devons aller beaucoup plus loin en nous engageant sans aucun doute beaucoup plus résolument dans la lutte contre la pollution atmosphérique.

Le fait de relier ce travail de l’ECOSOC et, sans aucun doute, la projection que nous allons faire ensemble sur les questions climatiques et sur la conférence qui se tiendra en décembre à Paris me parait être extrêmement important. C’est à l’échelle des territoires urbains que l’on peut inventer et trouver les solutions efficaces pour lutter contre les effets des changements climatiques et de la pollution. De ce point de vue, je voudrais ici apporter mon soutien plein et entier aux initiatives du Secrétariat-général, notamment à la conférence prévue en septembre ici, à New York. Je crois que c’est très important que les grandes villes se réunissent et s’engagent ensemble dans un partage de bonnes pratiques mais peut-être aussi dans un dialogue et une expression qui permettent d’accélérer la transition écologique de nos économies et de nos industries.

Je me joins donc pleinement aux initiatives qui sont prises par le Secrétaire-général. Paris en tant que ville, et moi-même en tant que maire de Paris, j’apporte tout mon soutien. Je serai d’ailleurs amenée à proposer un certain nombre de rencontres et de prolongement de ces initiatives au moment notamment de la COP21 à Paris. Je pense que ce sera aussi un endroit pour que les maires puissent se réunir autour de l’initiative du Secrétaire-général et bien sûr avec les Etats membres pour tirer les enseignements qui seront autant de contributions à cette conférence sur le climat.

Enfin, parler de l’urbanisation, parler du défi climatique et parler du rôle des maires, c’est essentiel. Mais les maires agissent à l’échelle d’un territoire où ils mobilisent et ils permettent aussi de créer les conditions d’une mobilisation de la société civile, des associations, des citoyens eux-mêmes. Je crois que c’est extrêmement important sur tous ces défis que nous avons à relever, dont beaucoup d’entre eux vont se résoudre par les solutions que nous allons apporter à l’échelle locale, à l’échelle de nos territoires, d’avoir pleinement conscience que cela ne pourra se faire avec efficacité sans avoir une mobilisation des sociétés civiles et une association pleine et entière de nos populations. Là aussi, dans les réflexions, à l’ECOSOC et sur toute la problématique sur l’agenda lié à la conférence sur le climat, nous avons à mettre en avant la mobilisation de cette société civile si nous voulons réussir.

Je conclus là-dessus. Je pense que dans tous nos pays on attend des responsables politiques, à l’échelle des Etats mais beaucoup à l’échelle des villes, qu’ils soient porteurs de solutions. Ces solutions, on ne les invente pas tout seul. On les invente en allant chercher les meilleures pratiques ailleurs et en faisant en sorte que les populations adhèrent à ces solutions. Souvent, les populations sont elles-mêmes porteuses de ces solutions.

Je me réjouis qu’on puisse évoquer tous ces thèmes ici à l’ONU. C’est un moment très important et je pense qu’il y a un tournant notamment dans l’association des villes à ces défis planétaires sur lesquels nous avons ensemble des réponses concrètes à apporter.

Merci.


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