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4 février 2012 - Syrie - Déclaration à la presse de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations Unies

Nous venons de nous heurter au deuxième véto de la Russie et de la Chine sur la question syrienne alors que nous avions depuis des mois tout fait pour essayer de répondre aux préoccupations de ces deux pays. Nous avions modifié profondément le texte que nous avons présenté.

Ce texte, vous l’avez lu, ne prévoyait ni embargo sur les armes, ni intervention militaire, il ne prévoyait pas de sanctions. Au dernier moment, alors que ce texte semblait réunir un consensus, la Russie a présenté des amendements inacceptables qui modifiaient profondément l’équilibre du texte. Nous l’avons dit, nous ne pouvions pas aller plus loin. A notre surprise, à notre regret, la Russie et la Chine ont opposé leur véto face à l’ensemble des membres du Conseil de sécurité, je voudrais le souligner, à l’ensemble du Conseil de sécurité.

Cette résolution était simple, pourtant. Elle ne demandait que le soutien du Conseil de sécurité au seul plan politique qui est à l’heure actuelle sur la table, le plan politique de la Ligue arabe. Ce texte visait à répondre à l’appel désespéré des Syriens. Or, la violence a connu de nouvelles gravités, il y a eu des centaines de morts à Homs et, comme je l’ai remarqué dans mon discours, ce véto russo-chinois intervient le jour du trentième anniversaire du massacre de Hama. C’est triste, triste humainement mais aussi triste pour le Conseil de sécurité.

Cela étant, nous n’allons pas désespérer, nous allons continuer à travailler, avec nos amis de la Ligue arabe, nous n’allons pas abandonner le peuple syrien, nous allons travailler également dans le cadre de l’Union européenne. En tant que membre permanent du Conseil de sécurité, nous continuerons de défendre les intérêts du peuple syrien.

Q : Pourquoi avoir rejeté l’amendement de la Russie qui demandait à l’opposition syrienne de se dissocier des groupes armés, n’était-ce pas une demande légitime ?

Sur ce thème, nous avions proposé un amendement qui reprenait du langage agréé appelant l’opposition syrienne à se dissocier de l’extrémisme. Nous étions donc prêts à faire un geste dans ce sens.

Q : Comment interprétez-vous, à la lumière de ce véto russe, l’initiative de Serguei Lavrov d’aller à Damas mardi ?

Je crois que dans l’Evangile on dit qu’un arbre se reconnaît à ses fruits, nous attendrons de voir les fruits de cet arbre-là.



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