Twitter Facebook Flickr Youtube RSS Share

6 février 2013 - Mali - Remarques à la presse de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

(en français et en anglais)

Pour la troisième fois depuis le début des opérations françaises au Mali nous avons procédé, à la demande de la France, à une présentation des résultats des opérations devant nos partenaires du Conseil.

Nous avons d’abord souligné les progrès des opérations militaires. Nous avons essayé également d’ouvrir les perspectives.

Perspectives d’abord dans le domaine des droits de l’Homme où une fois de plus nous avons insisté sur la nécessité de déployer des observateurs des droits de l’Homme dans l’ensemble des territoires libérés par les forces franco-maliennes.

Deuxièmement, en ce qui concerne le dialogue politique, la séquence de la résolution 2085 prévoyait la réconciliation politique puis la restauration de l’intégrité territoriale du pays. Les événements font que la séquence est inversée. Nous avons eu d’abord la libération du Mali, maintenant il faut s’engager dans la phase de réconciliation politique sur la base de la feuille de route qui a été adoptée par le gouvernement malien à la fin du mois de janvier.

Troisième élément, la France a évoqué pour la première fois au Conseil de sécurité la perspective de la création d’une opération de maintien de la paix lorsque les conditions sécuritaires leur permettront. Cette opération de maintien de la paix, donc sous casques bleus, permettra d’un côté la stabilisation du pays, et de l’autre et surtout, la poursuite de la réconciliation politique. Il faut que les Nations unies aident les Maliens à refonder leur pays, c’est-à-dire à parvenir à un nouveau pacte national malien qui soit pas seulement entre le nord et le sud mais qui concerne l’ensemble du Mali.

Q : Quelles sont les réactions de vos quatorze partenaires ?

Il faut naturellement leur demander mais il n’y a eu aucune objection. Un certains nombre de pays : les Etats-Unis, le Royaume-Uni, le Maroc, le Luxembourg, l’Australie, le Guatemala, l’Argentine et d’autres pays ont exprimé leur disponibilité à examiner la perspective d’une opération de maintien de la paix.

M. Fabius a annoncé hier que le niveau de nos troupes commencerait à diminuer à partir du mois de mars donc la création d’une opération de maintien de la paix est une perspective dans plusieurs semaines, c’est pourquoi je lançais aujourd’hui le débat au Conseil de sécurité. Je n’ai pas encore instruction de présenter de résolution.

Q : Sur le commandement qu’aura la MISMA, la force internationale, il semble que l’ONU, le Conseil de sécurité préfèrent maintenant que ce soit une chaine de commandement qui dépende directement de l’ONU plutôt que des pays africains, quelle est votre préférence ?

Hier, le Commissaire Lamamra, le Commissaire de l’Union africaine, a dit à Bruxelles à M. Feltman, Secrétaire général adjoint pour les Affaires politiques, que l’Union africaine acceptait la perspective d’une opération de maintien de la paix classique. Ce ne sera donc pas une force hybride, ce sera une force sous casques bleus avec une chaine de commandement remontant au Conseil de sécurité, comme toute force des Nations unies.

Q : Inaudible

La logique serait de mettre, si les pays le veulent, des contingents de la MISMA sous casques bleus. Il y aura peut-être d’autres contingents, il y a peut-être des contingents qui refuseront, mais l’idée est d’utiliser les contingents qui sont sur place.

Q : Les gouvernements africains, en particulier le gouvernement malien, sont peu enthousiastes à l’idée d’avoir une force de maintien de la paix de l’ONU. Est-ce que les discussions ont progressé de ce côté-là ?

Il n’y aura pas d’opération de maintien de la paix des Nations unies sans demande du gouvernement malien. Certaines réticences ont en effet été exprimées. Cela fera partie, dans les semaines qui viennent, du nécessaire dialogue que nous allons devoir avoir au Conseil de sécurité, avec nos partenaires africains et en particulier avec nos partenaires maliens.

Le Secrétariat a précisé que du côté malien, il y avait des voix différentes selon l’interlocuteur et que les objections ne portaient pas sur la présence des Nations unies au Nord mais sur la présence des Nations unies au Sud, et qu’il fallait donc discuter avec le gouvernement malien de la forme de cette présence des Nations unies.

Q : Can you tell us exactly how are you going to deploy the UN troops there and how work the relationships with the French troops that are already on the ground ?

We are not yet deploying a peacekeeping operation. There is a prospect of a peacekeeping operation. It was the first time that I raised the issue at the Security Council and I insisted on the fact that the deployment will be possible only when the security circumstances permit. I think that we will have to wait several weeks before assessing the security environment and taking the decision of deploying a peacekeeping operation.

As for the French forces, they will stay as long as necessary but they will leave as soon as possible.

Q : But they are protecting the civilians...

But there will be a peacekeeping operation. First, you have now the French forces and the African forces of the AFISMA. The AFISMA is not under blue helmets. So, what we will have, and it is not the first time that it happens at the UN, - it happened for instance in Côte d’Ivoire -, is that we will have to have a transition, from the French and AFISMA to a UN peacekeeping operation. It will be easier because most of the contingents of the peacekeeping operations will be the African contingents, under blue helmets.

Q : Vous parlez d’objections à Bamako sur la présence de cette force dans le Sud. Êtes-vous donc prêt à accepter qu’elle ne soit que dans le nord ?

Nous n’en sommes vraiment pas là. Il est normal qu’il y ait des questions et des objections à Bamako. Il s’agit quand même de leur territoire. Avant de proposer une opération de maintien de la paix, nous devrons avoir un dialogue avec les autorités maliennes, et nous tiendrons compte naturellement des positions de ces autorités maliennes. Le Secrétariat disait lui-même qu’il y avait des voies différentes à Bamako.

Q : Sur le plan de la réconciliation nationale, où en est-on au niveau du dialogue politique ?

Il y a eu l’adoption de la feuille de route. De surcroît, le Président de la République a annoncé qu’il y aurait des élections le 31 juillet. Il y a donc tout un processus politique qui se met en branle. Nous pensons qu’il est très important qu’il y ait un Représentant spécial des Nations unies, qui pourrait d’ailleurs être aussi Représentant de l’Union Africaine, qui pousse ce dialogue. Nous savons qu’il y a aussi des tentatives de vengeance, il faut que la réconciliation l’emporte sur cet esprit de vengeance. La perspective d’élections est nécessaire pour donner au pouvoir malien toute la légitimité nécessaire afin d’assurer la réconciliation.


Pour en savoir plus sur le Mali.



Bookmark and Share
Bookmark and Share
Rss
Organisation des Nations Unies Présidence de la République France Diplomatie La France à l'Office des Nations Unies à Genève Union Européenne Première réunion de l'ONU