Twitter Facebook Flickr Youtube RSS Share

12 novembre 2009 - Assemblée générale : Rapport du Conseil de sécurité - Intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Représentation équitable au Conseil de sécurité, augmentation du nombre de ses membres et questions connexes

Monsieur le Président,

I. Je souhaiterais d’abord remercier le représentant permanent de l’Autriche, en sa qualité de Président du Conseil de Sécurité, pour la présentation détaillée du rapport annuel du Conseil adressé à l’Assemblée Générale et exprimer nos vifs remerciements à la délégation de l’Ouganda pour son excellent travail de préparation de ce rapport.

Je tiens à souligner la qualité de ce document qui, j’en suis convaincu, répond à des attentes légitimes et bien connues.

La réunion informelle présidée par l’Ouganda en juillet dernier a été l’occasion d’un dialogue avec les Etats non membres du Conseil sur ce rapport annuel qui a permis d’évoquer de nombreuses questions dans un esprit de transparence que nous appelons de nos vœux.

La France , bien entendu, reste attachée à la poursuite de l’amélioration des méthodes de travail du Conseil de Sécurité dans le sens d’une transparence encore renforcée et d’une meilleure inter-action avec les non membres du Conseil dans le respect des équilibres prévus par la Charte.

Monsieur le Président,

II. Permettez-moi également de préciser la position de la France sur la réforme du Conseil de Sécurité.

Vous en avez fait une de vos priorités de son mandat. Nous nous en réjouissons. La reconduction du mandat de l’ambassadeur de l’Afghanistan à la présidence des négociations intergouvernementales est également une bonne nouvelle. Je tiens à lui renouveler toute notre confiance et nos vœux de succès.

Vous pouvez compter sur l’appui de ma délégation pour qu’ensemble nous parvenions à une réforme ambitieuse de l’institution centrale pour l’action des Nations Unies en matière de paix et de sécurité qu’est le Conseil de Sécurité.

La réforme du Conseil de sécurité est essentielle pour lui permettre de rester efficace tout en confortant sa représentativité dans un monde différent de celui de 1945. C’est une nécessité. Le statu quo ne peut être une option.

Selon nous et je comprends que ce point de vue est partagé par de nombreuses délégations, la réforme du Conseil de Sécurité, pour le rendre plus représentatif des réalités du monde contemporain, doit se faire dans les deux catégories de membres, permanents et non-permanents.

Elle doit tenir compte de l’émergence des nouvelles puissances qui ont la volonté d’assumer la responsabilité d’une présence permanente au Conseil de Sécurité et qui sont, conformément à la Charte des Nations Unies, en mesure d’apporter une contribution importante à l’action du Conseil au maintien de la paix et de la sécurité internationales.

A cet égard, nous soutenons l’accession à un siège de membre permanent de l’Allemagne, du Brésil, de l’Inde et du Japon.

Nous appuyons également une présence plus importante des pays africains au Conseil de Sécurité, notamment parmi les membres permanents. Se pose aussi la question de la présence d’un pays arabe au rang des membres permanents du Conseil de Sécurité.

En même temps, l’élargissement du Conseil de sécurité ne doit pas se faire au détriment de l’efficacité de son action et de sa crédibilité en tant qu’organe principal en charge du maintien de la paix et de la sécurité internationales. Il importe donc que le Conseil garde une taille raisonnable.

Monsieur le Président,

Pour sortir des blocages actuels et afin de permettre d’aboutir plus sûrement à une réforme du Conseil de Sécurité, nous devons faire preuve de pragmatisme et de créativité.

Comme le Président de la République française l’a proposé avec le Premier ministre britannique, le 27 mars 2008, puis à nouveau le 6 juillet dernier, nous soutenons l’option d’une réforme intérimaire.

Cette solution pourrait voir la création d’une nouvelle catégorie de sièges avec un mandat plus long que celui de deux ans des membres actuellement élus. A la fin de la phase intérimaire, il pourrait être décidé de transformer ces nouveaux sièges en sièges permanents.

Une telle solution pragmatique permettrait d’expérimenter pendant une phase transitoire les paramètres d’une réforme du Conseil de Sécurité.

C’est pourquoi nous espérons que cette solution pourra être examinée lors de cette session de l’Assemblée générale au cours de laquelle nous espérons des progrès significatifs.

Pour avancer concrètement dans les négociations intergouvernementales dont nous attendons la reprise dans les meilleurs délais, il nous fait maintenant proposer un modèle de réforme. A cet effet, un document du président des négociations dégageant les principaux paramètres de la réforme, en particulier la composition du Conseil de sécurité, favoriserait la poursuite de nos discussions.

Je vous remercie./.



Bookmark and Share
Bookmark and Share
Rss
Organisation des Nations Unies Présidence de la République France Diplomatie La France à l'Office des Nations Unies à Genève Union Européenne Première réunion de l'ONU