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20 août 2010 - Assemblée générale - Pakistan - situation humanitaire résultant des inondations - Intervention de M. Nicolas de Rivière, chargé d’affaires a.i. de la France auprès des Nations unies

Mr. Nicolas de Rivière, chargé d’affaires a.i. de la France aux Nations unies - 64ème session de l’Assemblée générale (séance plénière)- Renforcement de la coordination de l’aide humanitaire et des secours en cas de catastrophe fournis par les organismes des Nations unies - 20 août 2010 - UN Photo/Devra Berkowitz



Monsieur le Président,

Monsieur le Secrétaire général,

Mesdames, messieurs

Depuis bientôt trois semaines, le Pakistan subit la pire catastrophe naturelle de son histoire. Nous sommes choqués par l’ampleur des inondations, la violence des pluies qui ne cessent pas et leurs conséquences sur la vie de plus de 15 millions de Pakistanais.

Je tiens à exprimer à nouveau la solidarité de la France avec les autorités et le peuple pakistanais, ainsi que notre soutien le plus sincère aux victimes et à leurs familles.

Face à une catastrophe d’une telle ampleur, la communauté internationale doit se mobiliser massivement, aux côtés de l’Etat pakistanais, pour venir en aide aux populations.

Les Nations unies doivent rester au centre des efforts de la communauté internationale. Nous saluons l’engagement personnel du Secrétaire Général, qui vient de se rendre dans les zones sinistrées, et du Président de l’Assemblée Générale qui a pris l’initiative de convoquer cette réunion. Nous nous félicitons de la présence à New York de l’envoyé spécial du Secrétaire Général pour l’aide au Pakistan.

Puisque nous avons commémoré hier la Journée internationale humanitaire, je souhaite rendre hommage aux équipes des Nations unies et au personnel humanitaire. Au Pakistan et partout dans le monde, ils accomplissent leur mission avec un courage et un dévouement exemplaires. Je rends hommage en particulier à celles et ceux qui ont perdu la vie alors qu’ils venaient en aide aux plus vulnérables. Je tiens enfin à rappeler les principes de neutralité, d’impartialité et d’indépendance de l’aide humanitaire, qui sont les clés de sa réussite.

Monsieur le Président,

Nous sommes fiers d’avoir développé au cours des années une relation dense et confiante avec le Pakistan. Le Président Sarkozy a réaffirmé son attachement à cette relation privilégiée lorsqu’il a reçu le Président Zardari à Paris le 2 août dernier.

Notre dialogue bilatéral exigeant nous permet aujourd’hui d’aborder avec nos amis pakistanais toutes les questions, qu’il s’agisse de la lutte contre le terrorisme, la situation régionale et la coopération économique. Le Pakistan sait en retour qu’il peut compter sur le soutien de la France pour relever les défis immenses auxquels il doit faire face.

L’urgence est de venir en aide aux victimes et de répondre à l’appel à contributions lancé par les Nations unies. La France a d’ores et déjà mobilisé 1.3 millions d’euros au titre de son aide bilatérale pour fournir de la nourriture, de l’eau potable, des abris et des médicaments aux personnes qui en sont dépourvues, ce qui est la priorité dans l’immédiat.

La France est également engagée à travers l’Union européenne. Je m’associe à cet égard au discours qui a été prononcé par la Belgique au nom de l’Union européenne. Nous souhaitons qu’elle mobilise des fonds supplémentaires qui permettent de faire face à l’ampleur de la crise humanitaire.

En plus de son aide financière, la France apporte une aide matérielle. Elle a ainsi décidé l’envoi d’un avion transportant 70 tonnes de fret humanitaire composé notamment d’abris, de couvertures et de pastilles de potabilisation. Elle met à disposition des moyens de transport en faveur des ONG françaises qui apportent une aide d’urgence aux victimes au Pakistan.

La France est également prête à mobiliser des moyens militaires nationaux de transport stratégique pour l’acheminement de l’aide internationale, dans le cadre du pont aérien prévu par l’OTAN, et permettre ainsi d’accélérer l’acheminement de l’aide au Pakistan.

La France est enfin disposée à participer à la réflexion visant à améliorer les systèmes de prévention, d’anticipation et de gestion des risques naturels en Asie.

Monsieur le Président,

Au-delà de l’urgence, la communauté internationale doit s’engager rapidement, massivement et dans la durée auprès du gouvernement pakistanais dans la voie de la reconstruction.

L’ensemble des dommages causés aux infrastructures, aux moyens de communication, aux services publics et aux secteurs économiques clés aura des conséquences graves dont nous connaîtrons véritablement l’ampleur quand les pluies auront cessé. Nous devons aider les autorités pakistanaises à relever le défi de la reconstruction, tout en continuant à s’engager dans la voie des réformes et de la lutte contre le terrorisme. Il en va de la sécurité de ses habitants, dont les 3 millions de personnes déplacées dans le Nord Ouest par les conflits contre les islamistes. Il en va également de la stabilité de la région et de la réussite de notre action collective en Afghanistan.

Nous sommes disposés à mobiliser notre aide en ce sens. Lors de la conférence des donateurs de Tokyo en avril 2009, la France avait annoncé une contribution de 300 millions de dollars. La moitié a déjà été engagée en faveur du financement de projets de développement économique au Pakistan, notamment dans les secteurs de l’eau et de l’énergie. Les projets envisagés cette année, comme la réhabilitation de la centrale hydro-électrique de Jabban et le financement d’une station de traitement d’eau à Lahore, permettront de répondre aux problèmes d’accès à l’eau potable qui sont particulièrement criants actuellement.

Nous souhaitons que l’Union européenne commence aussi à identifier d’ores et déjà les actions de reconstruction à mener. L’Union européenne et le Pakistan entretiennent un partenariat global qui est appelé à se renforcer. L’Union européenne peut encore amplifier sa contribution au développement économique du Pakistan, dont elle est déjà le premier partenaire commercial.

Nos efforts seront également relayés dans les différentes enceintes multilatérales, notamment dans les enceintes financières et de développement.

Enfin, nous serons mobilisés dans le cadre du Groupe des Amis du Pakistan démocratique. La prochaine réunion ministérielle du groupe, prévue mi-octobre à Bruxelles, doit être l’occasion de dresser un 1er bilan des actions de reconstruction à mener et de s’assurer que ces actions s’inscrivent dans le cadre des réformes que le gouvernement pakistanais doit continuer à engager.

Je vous remercie.



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