Twitter Facebook Flickr Youtube RSS Share

22 juin 2010 - Assemblée générale - Maintien de la paix : Intervention de M. Nicolas de Rivière, Chargé d’affaires A.I

Monsieur le Président,

Je vous remercie de l’initiative que vous avez prise d’organiser un débat à l’Assemblée générale sur le maintien de la paix. Il est essentiel que l’ensemble des Etats-membres puisse participer à la réflexion sur cette activité emblématique de l’action des Nations unies.

Nous partageons votre souci de voir le fonctionnement des OMP s’améliorer. C’est la raison pour laquelle nous avons lancé une initiative avec la mission britannique lors de notre présidence du Conseil de Sécurité de janvier 2009. Notre objectif était d’améliorer le suivi politico-militaire des OMP par le Conseil de Sécurité, d’assurer une gestion plus efficace des aspects administratifs, logistiques et financiers des opérations mais aussi d’affiner la doctrine sur les questions complexes liées au maintien de la paix comme la protection des civils ou la consolidation de la paix.

Sur l’ensemble de ces points nous avons fait des progrès, grâce aux réflexions menées par tous, bien au-delà du Conseil de sécurité, grâce au rapport New Horizon élaboré par le secrétariat, aux déclarations présidentielles du Conseil de Sécurité adoptée du 5 août 2009 et du 12 février 2010 et aussi aux travaux du comité spécial sur les OMP. Par ailleurs, nous nous félicitons du feu vert qui a été donné à la stratégie mondiale d’appui et la France sera vigilante à ce qu’elle produise les améliorations nécessaires pour l’appui aux missions.

Nous allons poursuivre notre travail pour assurer notamment un renforcement de la chaîne de commandement des OMP, pour améliorer la coopération avec les contributeurs en troupes et en personnel de police, mais aussi pour assurer un suivi financier plus rigoureux des opérations de maintien de la paix. Le budget des opérations de maintien de la paix a cru de manière exponentielle au cours des dernières années, il est essentiel de réfléchir aux moyens de gérer ce budget de manière responsable. Les résultats obtenus lors de la dernière session de la 5éme commission relative au financement des opérations de maintien de la paix montrent que cette préoccupation est désormais mieux prise en compte. Nous ne doutons pas que le Secrétariat amplifiera ses efforts en ce sens.

Ces évolutions dans le suivi des OMP sont nécessaires pour assurer notamment une meilleure prise en compte de la dimension politique des opérations de maintien de la paix qui est l’objet des discussions de ce panel. Cette dimension politique est multiforme : il s’agit aussi bien du soutien politique octroyé à la mission que de l’impact de la présence de la mission sur le processus politique en cours dans le pays récipiendaire.

- La qualité du suivi par le siège d’une opération de maintien de la paix et l’adéquation des décisions prises avec les réalités de terrain et les priorités politiques définies à New York sont garantes d’un maintien de l’engagement politique des Etats-membres tout au long de la durée de vie de cette opération. Pour maintenir le consensus autour de son action et l’apport des ressources nécessaires, les échanges d’information doivent être constants entre le siège et l’opération, ainsi qu’avec les contributeurs de troupes et de police. Le secrétariat comme les membres des Nations Unies doivent pouvoir disposer à tout moment d’une vision rapide et claire de l’action de toutes les forces de maintien de la paix déployées au travers le monde. Le soutien à une OMP qui aurait des rapports trop distendus avec le siège s’effriterait nécessairement.

- La présence et l’action d’une OMP ont forcément des répercussions sur le processus politique en cours dans un pays donné. Il n’y a pas de recette générale, valable dans toutes les situations sur la manière dont une OMP doit soutenir un processus politique, aider au renforcement de l’autorité de l’Etat, traiter avec les parties qui mettraient en péril le processus politique, (" les spoilers "). Ces taches nécessitent des réponses au cas par cas qui doivent être définies par un dialogue constant entre la mission et le siège des Nations Unies. Une OMP ne pouvant vivre isolée de son environnement, il est crucial que les missions civiles des OMP soient développées très tôt pour disposer de capteurs à même de sentir les évolutions politiques du pays.

Enfin le soutien politique doit également être recherché auprès des organisations régionales et souvent des voisins du pays accueillant l’OMP. Quand les racines des conflits font fi des frontières étatiques, ce dialogue régional est une des clés de la réconciliation, de la réinstallation des populations ou encore des processus de DDR parties intégrantes de la stabilisation post conflit.

Je me réjouis de voir aujourd’hui ce sujet abordé dans une enceinte aussi vaste que l’Assemblée générale, car chacun d’entre nous peut œuvrer dans cette voie à la modernisation et à une meilleure efficacité des OMP.

Je vous remercie./.



Bookmark and Share
Bookmark and Share
Rss
Organisation des Nations Unies Présidence de la République France Diplomatie La France à l'Office des Nations Unies à Genève Union Européenne Première réunion de l'ONU