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27 février 2012 - Assemblée générale - Ouverture de la 56ème session de la Commission de la Condition de la Femme - Intervention de Mme Roselyne BACHELOT-NARQUIN, ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale

Madame la présidente,

Chers collègues,

Mesdames, messieurs,

La France souscrit pleinement à la déclaration prononcée par le Danemark au nom de l’Union européenne.

Vous avez choisi de vous pencher sur trois thèmes :

« Les femmes rurales », d’abord : il s’agit d’une question majeure, puisque les femmes vivant dans les zones rurales représentent aujourd’hui un quart de la population mondiale.

Elles représentent 43% de la force agricole mondiale, dont 60% dans les pays d’Afrique subsaharienne.

Pourtant, partout dans le monde, les femmes continuent de voir leur contribution à la vie économique et au bien-être des familles non reconnue et, plus largement, leurs droits bafoués.

Les chiffres attestent de cette terrible réalité : les femmes ne possèdent que 2% des terres et représentent la majorité des pauvres dans le monde.

Face à ces constats, je veux réaffirmer l’attachement de la France au caractère universel de tous les droits de la personne humaine, ce qui nous conduit à refuser avec la plus grande fermeté toute forme de relativisme culturel ;

C’est ce même engagement qui nous fait plaider pour la mise en œuvre effective de tous les droits des femmes, y compris en matière de santé sexuelle et génésique.

Oui, la maîtrise de sa fécondité est pour chaque femme un droit fondamental.

Je rappelle également l’attachement de la France aux textes issus de la conférence du Caire (1994) et de la plate-forme d’action en faveur des femmes de Pékin (1995), ainsi qu’à la convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (1979).

Notre action en direction des femmes rurales s’inscrit dans le cadre de l’article 14 de cette convention. Il s’agit de garantir leur égal accès à la santé, à la protection sociale, à la formation, au crédit et de favoriser leur participation au développement rural.

Au plan international, plus de la moitié des bénéficiaires de nos programmes d’aide internationale sont des femmes qui vivent en milieu rural.

Au plan national, des lois ont permis d’améliorer leur accès à la protection sociale.

Nous développons l’entrepreneuriat féminin dans le secteur agricole, en permettant aux femmes d’accéder aux crédits bancaires grâce à notre Fonds de garantie à l’initiative des femmes.

Au niveau local nous mettons en réseaux des femmes en milieu rural, et nous les informons de leurs droits.

Aider les femmes rurales donc, mais aussi favoriser l’égalité entre les femmes et les hommes par des politiques publiques innovantes.

J’ai la conviction qu’il faut agir très tôt, dès l’école, mais aussi auprès du grand public pour faire évoluer les mentalités en luttant contre les stéréotypes de genre.

Là encore, nous nous engageons, notamment à travers les travaux de la Commission sur l’image des femmes dans les médias.

Nous avons renforcé la lutte contre les violences faites aux femmes.

Le plan interministériel 2011-2013 que je pilote prévoit des mesures contre toutes les formes de violences faites aux femmes.

Nous agissons dans le monde du travail : une sanction pouvant aller jusqu’à 1 % de la masse salariale est prévue à l’encontre des entreprises qui ne respectent pas l’égalité professionnelle. Il s’agit d’un mécanisme unique en Europe.

Et nous avons décidé d’engager un plan de développement de la garde d’enfants pour favoriser la conciliation entre la vie professionnelle et la vie personnelle,

*

Madame la présidente,

En conclusion, je dirais que le développement du cadre onusien depuis la conférence de Pékin de 1995 a suscité confiance et enthousiasme chez les ONG. Je veux citer à titre d’exemple les actions du comité de la convention CEDAW dont nous fêtons cette année le 30ème anniversaire.

Alors, naturellement, depuis vingt ans, ce parcours a aussi été émaillé de drames, de déceptions et de spectaculaires exemples de reculs.

Mais il importe peu aux femmes de 2012 de savoir si elles sont venues au monde pendant un bon ou un mauvais cycle politique. Ces droits sont universels, ils doivent être intemporels !

C’est pourquoi la France ne se résigne pas à voir certains acquis contestés, et certains textes protecteurs pour les femmes faire l’objet de manœuvres diplomatiques.

Ce message d’égalité des êtres et de progrès de la cause des femmes, la France le portera dans le cadre de la conférence internationale sur le développement durable, dite « Rio+20 », pour que les droits des femmes soient au cœur de la déclaration finale.

*

Comme chaque année, la France participera activement aux travaux de la Commission.

Les femmes dans les conflits et plus largement les femmes en souffrance partout sur la planète doivent mobiliser la communauté internationale. Nos pensées volent vers les femmes de Syrie. Mais nous ne devons pas voir seulement en elle des victimes, elles sont aussi des forces et des vecteurs de paix pour leurs pays. C’est pourquoi elles doivent être associées au processus de paix et de transitions démocratiques chaque fois que cela est possible.



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