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3 juin 2011 - Assemblée générale - Priorités de la Présidence française du G20 en matière sociale - Intervention de M. Xavier Bertrand, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé

Monsieur le Président,

Mesdames, Messieurs les Représentants,

Je voudrais tout d’abord vous remercier de votre invitation à venir m’exprimer devant cette enceinte car je sais que vous avez œuvré tout au long de votre présidence pour favoriser le dialogue entre le G20 et les Nations unies et nous vous en sommes très reconnaissants.

Le Président de la République, Nicolas Sarkozy, a clairement souhaité que la présidence française du G20 s’associe au maximum à l’ONU et à son Secrétaire général. C’est un point fondamental. Le G20 ne peut pas et ne doit pas se substituer aux autres organisations internationales. Sans l’ONU, ses agences, ses fonds et ses programmes, nous nous priverions d’une expertise précieuse et d’une universalité de points de vue incontournable.

C’est pour cela que je tenais à être parmi vous aujourd’hui.

Vous le savez, le Président de la République française a décidé de mettre à l’ordre du jour de la présidence du G20 les questions sociales.

En mettant les questions sociales au cœur de la réflexion mondiale, nous voulons tirer les enseignements d’une crise d’ampleur sans précédent que nous avons traversée.

Nous en avons tous conscience, cette crise a eu des conséquences sociales dramatiques partout dans le monde. Je ne crois qu’il ait un seul pays qui puisse se dire épargné par ses conséquences sociales. Cette crise est partie de déséquilibres financiers, elle s’est étendue à l’économie réelle, et elle a provoqué des effets dévastateurs sur les marchés du travail : en moins de deux ans, il y a eu 30 millions de chômeurs supplémentaires, et ce sont souvent les jeunes qui en ont été les premières victimes, mais aussi les chômeurs de longue durée, ceux qui avaient déjà du mal à trouver un emploi avant cette crise.

Nous le savons, cette crise n’est pas un simple accident de parcours. Elle doit aussi jouer un rôle de révélateur. C’est la crise d’une mondialisation qui si elle est déséquilibrée, si elle est non régulée, n’est pas viable sur le long terme.

Je dois dire clairement, je pense que la mondialisation est un progrès, la mondialisation c’est la création de richesses, c’est la réduction considérable de la pauvreté dans de nombreux pays, c’est aussi l’accès à l’éducation et à la santé. Les Objectifs du millénaire pour le développement que vous avez retenus traduisent cette ambition de progrès.

Mais la mondialisation n’est pas acceptée par nos concitoyens quand elle conduit à des inégalités croissantes, quand elle conduit au chômage, et au désespoir. La mondialisation n’est pas acceptée quand des millions de travailleurs dans le monde n’ont aucune protection sociale. La mondialisation n’est pas acceptée si des millions d’individus dans le monde n’ont accès à aucun service ni aucun établissement de santé. La mondialisation n’est pas acceptée quand il apparaît que l’écart du PIB par habitant entre le milliard des personnes les plus pauvres et le milliard des personnes les plus riches a été quasiment multiplié par deux entre 2000 et 2007. La mondialisation n’est pas acceptée quand les plus pauvres peuvent espérer vivre jusqu’à 51 ans, et les plus riches, jusqu’à 80 ans, trente ans de plus.

Voilà pourquoi nous ne pouvons plus nous contenter de réguler la mondialisation uniquement sur le plan financier, voire sur le plan économique. Nous devons aussi mettre en place une régulation sociale de la mondialisation.

Mesdames, Messieurs, la responsabilité des gouvernements qui vont se retrouver autour de la table du G20, et plus largement, notre responsabilité à tous, est très grande : je veux le dire avec force, ce n’est pas seulement la responsabilité du G20, c’est une responsabilité qui concerne toute la communauté internationale réunie au sein des Nations unies, c’est une responsabilité collective, c’est une responsabilité mondiale.

Ce qu’attendent les citoyens de nos pays, comme l’a rappelé le Président de la République française devant la Conférence internationale du Travail en juin 2009, c’est que la mondialisation ne peut pas et ne doit être la loi de la jungle, elle ne doit pas tout donner au capital financier et rien au travail, elle doit permettre à la fois la croissance économique et le progrès social.

Nous n’avons pas à choisir l’un ou l’autre, on n’a pas à négocier l’un par rapport à l’autre, il faut les deux, parce qu’ils sont interdépendants, et je pense qu’en plus les deux se renforcent l’un l’autre. C’est ainsi d’ailleurs que nous pourrons éviter le protectionnisme et le repli sur soi, c’est aussi de cette façon que nous pourrons ouvrir la voie à une mondialisation à la fois plus solide, plus équitable et plus durable.

Face à une crise qui a ébranlé l’ensemble de nos sociétés, face aux craintes et aux angoisses de l’opinion publique mondiale, nous ne devons pas nous contenter de mettre en avant de bonnes intentions, nous devons apporter des réponses calmes, claires et crédibles.

Ces réponses, nous souhaitons les apporter, dans le cadre des travaux du G20, avec l’ensemble de la communauté internationale. Le G20 représente 85% du PIB mondial et 2/3 de la population : cela ne lui donne en aucun cas des droits particuliers mais bien des devoirs. Il a un rôle à jouer, il peut avoir un effet d’entraînement pour faire des propositions et donner les impulsions nécessaires.

Mais pour passer de l’impulsion à l’action, nous avons besoin de l’implication de tous les pays et des institutions internationales. Celles-ci, nous le savons, ont déjà intégré les enjeux sociaux dans leurs priorités. L’ONU bien sûr, notamment grâce à l’UNICEF ou au Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Je pense aussi à l’Organisation internationale du travail (OIT), à Genève, qui a tracé des lignes directrices fortes qui engagent chacun de ses membres, je pense à la "Déclaration sur la justice sociale pour une mondialisation équitable" de 2008 et au "Pacte mondial pour l’emploi" de 2009.

Je ne veux pas oublier non plus la Banque mondiale qui va bientôt adopter une "Stratégie sur la protection sociale" et qui a déjà pris en compte cette dimension sociale dans ses actions de terrain. Aujourd’hui, 12% de ses prêts sont consacrés à la protection sociale, quatre fois plus qu’avant la crise.

Il en va de même pour le FMI qui, depuis la crise, a appuyé plusieurs programmes pour maintenir les dépenses sociales dans ces pays, tout en veillant à ce qu’elles prennent en compte aussi la nécessaire viabilité des finances publiques. Par ailleurs, la coopération des secrétariats de l’OMC et du BIT constitue un élément positif.

Mesdames, Messieurs, aujourd’hui une dynamique est en marche. Le sommet des chefs d’Etat et de Gouvernement du G20 à Pittsburgh, en septembre 2009, et celui des Ministres du Travail et de l’Emploi à Washington, en avril 2010, ont permis de jeter des jalons solides. La proposition de la France est de poursuivre cette dynamique avec tous ceux qui sont convaincus que nous devons aller plus loin.

*

Je voudrais revenir avec vous sur les quatre priorités de la présidence française du G20 dans le domaine social.

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Le premier objectif de la présidence française du G20, c’est l’emploi. L’emploi c’est bien évidemment les jeunes, c’est l’emploi des plus vulnérables.

J’ai bien conscience que la situation dans le marché du travail est différente d’un pays à l’autre. Mais je crois qu’il y aura de plus en plus nombres de ressemblances. Je pense qu’il est important que nous puissions partager des ambitions communes en matière d’emploi, même si pour les réaliser, chacun suit le chemin qui lui correspond le mieux. Chacun a son histoire, chacun a ses réalités, politiques, économiques et sociales. Une chose est certaine, dans tous les pays nos concitoyens nous parlent d’emploi et souvent en premier.

Dans le cadre du G20, nous voulons donc insister particulièrement sur l’emploi des jeunes et sur les plus vulnérables. J’ai insisté tout à l’heure sur les chômeurs de longue durée, je pense que nous ne pouvons pas les laisser basculer de façon inexorable, si nous ne faisons rien, dans l’exclusion. Je pense aussi que donner un emploi aux jeunes est une préoccupation que nous partageons tous. Nos jeunes ne vont pas se satisfaire de discours à l’emploi, trouver un premier emploi est toujours aussi difficile, trouver un premier logement l’est tout autant. Sur toutes ces questions, ce défi est prioritaire.

Pour mettre en œuvre cette priorité, je crois également au rôle des partenaires sociaux car nous voulons un dialogue social de qualité, au niveau national comme au niveau international.

Voilà pourquoi nous avons écouté avec intérêt la proposition qui a été faite par la Confédération syndicale internationale (CSI) : comme nous l’a expliqué Mme Burrow, il nous semble important d’établir un groupe de travail chargé de suivre les travaux du G20 en matière d’emploi. Cette initiative permettrait d’associer de façon institutionnalisée les partenaires sociaux. Nous souhaitons que cette idée ambitieuse, qui devient un projet ambitieux, devienne maintenant une réalité tout aussi ambitieuse. Et nous voulons travailler main dans la main sur le sujet avec le Mexique, qui assurera la prochaine présidence du G20.

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Je voudrais maintenant parler d’un autre objectif, c’est le développement d’un socle de protection sociale au niveau international.

Je veux rappeler un chiffre : huit personnes sur dix dans le monde n’ont accès à un système complet de protection sociale. Huit personnes sur dix !

La protection sociale est un droit humain fondamental : c’est l’accès à la santé, c’est une garantie de revenu pour les personnes âgées et les personnes handicapées, pour les chômeurs et les travailleurs pauvres, ce sont aussi les prestations familiales, ce sont toutes ces aides qui permettent de faire face aux accidents de la vie.

La protection sociale est un droit, c’est aussi un facteur de croissance, ne l’oublions pas. La protection sociale joue aussi un rôle d’amortisseur, notamment lors de crises comme celle que nous venons de traverser.

J’ai bien conscience que le contenu de cette protection sociale diffère selon les pays, parce que les besoins de nos populations ne sont pas les mêmes. Dans les pays confrontés au vieillissement de la population, en Europe par exemple, l’urgence est de construire un système de retraites pérenne. En revanche, dans bon nombre de pays en développement, le droit social numéro 1 est d’avoir accès à l’eau potable.

Voilà pourquoi il ne s’agit pas de créer le même modèle partout : cela serait absurde. Ce qui a du sens en revanche, c’est inciter l’ensemble des pays à adopter un socle qui soit adapté à leur situation économique et sociale. Cela veut dire que nous devons développer la protection sociale pour ceux qui n’en disposent pas, l’améliorer dans les pays où elle existe, et la rendre soutenable aussi sur le plan budgétaire. Et il faut le faire, partout, en respectant la souveraineté de chaque Etat.

Les Nations Unies ont un rôle essentiel à jouer dans le développement de ce socle de protection sociale. En m’adressant à vous aujourd’hui, je tiens à rappeler que l’initiative de ce socle a justement été l’une des propositions adoptées par le Conseil des chefs de secrétariat des Nations Unies, en avril 2009, pour faire face à la crise.

Le Programme des Nations Unies pour le développement joue un rôle important. J’ai en mémoire le témoignage de Mme Grynspan, administratrice adjointe du PNUD, lors de la conférence qui s’est tenue le 23 mai à Paris dans le cadre de la préparation du G20, sur ce socle de protection sociale auquel elle a apporté tout son soutien.

Nous ne partons pas de rien : les différents pays ont déjà pris des initiatives pour développer leur protection sociale. Mais ensemble, nous pouvons aller plus loin. Le travail du groupe de haut niveau sur le socle de protection sociale présidé par Mme Bachelet qui doit nous rendre son rapport à l’été, nous sera évidemment très utile et je tiens à rendre hommage à la qualité de son travail.

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Le troisième objectif de la présidence française du G20 vise à promouvoir le respect des droits sociaux et du travail.

On ne peut bâtir une croissance économique et sociale durable si l’on oublie les droits essentiels du travailleur. Il n’y a pas d’un côté la croissance et de l’autre la justice sociale : cela n’est pas tenable sur le long terme.

Promouvoir la justice sociale, faire du travail un moyen d’accomplissement et non d’asservissement, c’est l’ambition de l’Organisation internationale du Travail depuis l’origine. Nos propositions visent à appuyer son action. Voilà pourquoi la France a souhaité que le Directeur général du BIT, M. Somavia, participe aux sommets du G20.

Il ne s’agit pas seulement de la question des ratifications des conventions de l’OIT. Plus largement, ce qui importe, c’est l’application effective et universelle des principes et droits fondamentaux, ainsi que des législations nationales sociales et du travail dans les pays.

Je pense que chacun d’entre nous voit bien ce que cela recouvre : c’est la question des salaires, de la santé et de la sécurité au travail, du travail des enfants, de l’égalité d’accès des femmes et des hommes au marché du travail, de la durée du travail ou encore des mécanismes de dialogue social.

J’en ai bien conscience, il ne saurait être question d’harmoniser dans le détail toutes les législations du travail, mais nous pouvons par exemple travailler à promouvoir la notion de " travail décent " que l’OIT a mise à l’honneur. Car le droit à un travail décent, c’est le droit d’accéder à un travail d’une qualité acceptable, un travail dans lequel les droits de la personne sont protégés et qui assure un revenu suffisant avec une couverture sociale.

Concrètement, comment faire ?

Nous devons réfléchir à mieux intégrer le respect des droits et principes fondamentaux du travail dans les procédures internes des institutions qui interviennent sur le terrain, comme les Banques régionales de développement.

Nous devons aussi faciliter l’application de ces principes dans les pays grâce à des programmes d’assistance technique, comme le Programme " Better Work ", basé sur un partenariat entre l’OIT et la Société financière internationale.

Le respect des droits fondamentaux du travail ne concerne pas seulement les Etats et les Organisations internationales. Au contraire, nous avons besoin que tous les acteurs du monde du travail se mobilisent.

La question des droits et principes fondamentaux du travail concerne aussi les entreprises, par exemple dans leurs relations avec leurs sous-traitants. Bien sûr, nombre d’entreprises ont compris l’importance de cet enjeu, avec ce qu’on appelle la responsabilité sociale et environnementale. Mais nous pouvons sans doute aller plus loin.

Voilà pourquoi la présidence française du G20 a évoqué l’idée que l’on puisse réfléchir à l’engagement de l’ensemble des acteurs économiques et sociaux, et pas seulement des Etats, pour veiller à la bonne application des droits sociaux du travail sur le terrain.

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Enfin, quatrième objectif, nous devons améliorer la coordination entre les différentes organisations internationales.

Cette coordination est essentielle pour renforcer la cohérence entre les politiques sociales, d’une part, et les politiques économiques, financières et de développement, d’autre part. Nous voulons que les organisations internationales coordonnent mieux leurs actions, notamment grâce à des observateurs croisés.

L’OIT et l’OMC nous ont fait part de leur souhait de travailler encore davantage ensemble. C’est un signe important de coopération pour toutes les organisations internationales. Il n’est pas anodin non plus qu’Angel Gurria et Juan Somavia aient signé un nouvel accord de coopération entre l’OCDE et l’OIT. Nous avons aussi sollicité le FMI ou la Banque mondiale, et nous comptons par ailleurs sur le rôle de coordination du PNUD, j’en ai parlé.

Voilà donc les quatre priorités de ce G20 en matière sociale : le socle de protection sociale, l’emploi, la promotion des droits sociaux et du travail, la nécessaire cohérence.

*

Je voudrais terminer en rappelant notre calendrier et notre méthode.

Notre prochaine échéance sera le 14 juin, lors de la Conférence internationale du Travail à Genève, avec une réunion informelle des ministres du G20. Cette étape importante nous permettra de travailler sur les recommandations qui pourraient être formulées par les ministres du travail et de l’emploi du G20 en septembre prochain, puis au Sommet de Cannes.

Il y aura d’autres rendez-vous à d’autres niveaux comme le Sommet des chefs d’entreprise, auquel la présidence française apporte son soutien. L’idée d’un Sommet social a aussi été évoquée par les organisations syndicales et nous sommes prêts à soutenir cette initiative.

Notre méthode de travail enfin : je l’ai dit, il s’agit de réfléchir ensemble, de travailler ensemble, pour avancer ensemble. Voilà pourquoi, dans le cadre de la préparation de la Ministérielle G20 Emploi, la France a souhaité associer l’ensemble de ses partenaires du G20 et hors G20 : ce sont l’Espagne, invité permanent, ainsi que l’Ethiopie, les Emirats Arabes Unis, la Guinée Equatoriale et Singapour.

Dans le domaine social, elle a ainsi préparé, en mai, à Brasilia, en étroite collaboration avec le BIT, des journées de travail consacrées à l’examen du socle de protection sociale. Elle participe également à la préparation d’une réunion sur l’emploi qui se déroulera en Argentine en juillet prochain.

***

Monsieur le Président,

Mesdames, Messieurs les Représentants,

La crise nous a lancé un défi, en mettant à nu les conséquences gravissimes pour nos populations d’une mondialisation sans règles ni garde-fous. Nous ne pouvons faire comme si tout pouvait continuer comme avant. Nous devons être à la hauteur des évènements et des attentes des citoyens de nos pays.

En mettant la dimension sociale au cœur de la régulation de la mondialisation, nous faisons le choix de la responsabilité, nous faisons le choix de la solidarité, afin que la mondialisation se fasse au bénéfice de tous et dans le respect des droits de chacun.

Cette ambition n’est pas seulement celle du G20, elle nous concerne tous, en tant que membres de la communauté internationale. L’essentiel est de mettre en commun, sans dogmatisme ni a priori, la bonne volonté de chacun.

Je suis persuadé que les échanges développés dans le cadre de cette enceinte contribueront à la mise en œuvre de cet objectif. J’attends avec intérêt d’entendre vos commentaires, remarques et suggestions et je m’engage à les relayer auprès de mes homologues du G20. J’ai le sentiment depuis le début de cette présidence que tous les contacts que nous avons noués, que les questions qui nous sont posées, à l’issue de cette crise sans précédent, sont tout simplement celles-ci : dans quel monde voulons-nous vivre ? Dans quel monde voulons-nous voir grandir nos enfants ? Quant au message de nos concitoyens, il est simple : ce monde là, rendez-le meilleur.

Je vous remercie.






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(Echanges avec la salle)




Monsieur le Président, Mesdames Messieurs les représentants,

Tout d’abord en réponse à l’intervention du représentant de Singapour, nous nous retrouvons donc pour dire que l’emploi est la première priorité et que la question du chômage des jeunes nous interpelle tout particulièrement. Je l’ai dit dans mon intervention, c’est une conviction profonde, c’est aussi un combat permanent et dans mon pays, la France, la première des priorités. Ce qui est important, comme cela a été dit tout à l’heure, c’est qu’il peut être utile de savoir passer en revue les différentes politiques, les différentes expériences. Il ne s’agit pas de plaquer la politique appliquée chez l’un ou chez l’autre.

Mais parfois une réflexion commune, des idées partagées, voilà aussi ce qui peut nous faire progresser. Vous avez évoqué un autre point : la question de l’employabilité. L’un des problèmes que nous rencontrons quand nous avons un taux de chômage très important est bien évidemment l’impact économique de la crise. Une croissance économique qui crée des emplois est le premier outil dont nous avons besoin mais ce n’est pas le seul.

Nous savons bien que pour aller vers les sociétés du plein-emploi, il nous faut aussi prendre à bras-le-corps la question de la formation ; formation initiale et formation continue. L’adéquation entre la qualification et les besoins du marché du travail et ensuite la façon dont nous pouvons connecter plus vite et plus efficacement les besoins et les attentes des entreprises avec les attentes et les demandes de ceux qui sont privés d’emploi. C’est un enjeu majeur pour pouvoir permettre de revenir le plus rapidement possible vers l’emploi. Si nous n’y faisons pas attention, même une reprise d’emploi ne nous garantit pas que les demandeurs puissent trouver du travail aussi rapidement qu’ils le souhaitent.

Je voudrais faire partager mon expérience personnelle : dans mon pays, ce sont les enjeux les plus importants en ce moment. Le temps qui passe est toujours l’ennemi de la recherche d’emploi et parfois aussi un sujet de découragement. Quand nous parlions tout à l’heure des publics les plus vulnérables, ceux qui étaient déjà dans un chômage de longue durée avant la crise n’ont pas vu leur situation facilitée bien au contraire.

Je pense que dans votre intervention tout à l’heure, nous avons aussi nombre d’idées que nous pouvons et que nous devons approfondir. Je remercie le représentant de l’Union européenne pour ses propos et il est vrai que je ne peux que me féliciter de voir à chaque fois la participation du commissaire Andor à nos travaux, sa présence constante, ses encouragements, l’appui de l’Union européenne. C’est quelque chose de très important. Je retrouve aussi une volonté qui est partagée : celle d’associer le plus possible les partenaires sociaux. Je pense que c’est important à la fois pour faire partager nos ambitions, pour pouvoir bénéficier de leur regard exigent et pour mieux pouvoir diffuser nos priorités parce que chaque fois que nous discutons de ces sujets, l’homme de la rue se demande ce qui va changer pour lui et quand. Associer les partenaires sociaux nous permet de répondre à cette demande. Surtout, et je l’ai constaté, les représentants des employeurs comme les représentants des employés ne passent pas leur temps à se regarder les uns les autres, ils regardent dans la même direction afin d’aller vers une société de plein emploi. Je pense que nous avons tout à gagner à jouer le jeu d’une concertation et d’une véritable association des partenaires sociaux.

[…]

Sur la question du représentant du Maroc : vous avez salué la transparence, je pense qu’il est très important de vous dire exactement où nous en sommes, de vous dire quels sont les points sur lesquels nous avons l’intention d’accentuer nos efforts et parfois aussi de lever des incertitudes, des inquiétudes. Si j’insistai à ce point sur la question de la souveraineté nationale c’est parce que je sais bien que certains se demandent " mais est-ce qu’on ne voudrait pas nous imposer d’autres choix ? ". Non.

Que les défis soient communs, que la volonté soit partagée, mais après la politique relève de la souveraineté nationale. C’est vrai sur les questions de l’emploi des jeunes, c’est vrai également sur les questions du système de protection sociale propre à chacun des pays. Je crois comme vous qu’il y a vraiment une logique de renforcement mutuel entre les deux dimensions. Quand vous avez un niveau de protection sociale digne de ce nom, nos concitoyens sont aussi, permettez moi de le dire, des consommateurs. Cela renforce aussi la dimension économique. Si la dimension économique veut avoir davantage de sens, n’oubliez pas également que, s’il y a création de richesse, il y a aussi un partage qui est tout aussi logique.

J’ai aussi reçu avec beaucoup de satisfaction votre définition du groupe de travail. C’est une idée séduisante, opportune, importante. Je suis persuadé que ce lien entre les G20 qui réunissent des ministres peut nous permettre d’avancer ensemble. Je m’aperçois que cette idée qui au départ suscitait des questions est en train de recueillir beaucoup de adhésions. Elle a vraiment du sens.

Le représentant de Saint Marin a insisté sur cette stabilité qui est nécessaire. Je ne voudrais pas me transformer en ministre de l’économie et des finances, je suis ministre du travail, de l’emploi et de la santé dans mon pays, je ne voudrais pas vexer un autre ministère. Beaucoup de questions se posent par rapport à la question de l’inflation. L’inflation, on sait bien souvent quand elle commence, à quel niveau, mais après il est difficile de savoir où, comment elle peut s’arrêter. Je ne suis pas certain qu’il y ait une solution qui puisse être une solution qui résolve tous nos maux, par contre ce qui est important dans les priorités économiques c’est de bien reconnaitre la place de l’emploi et la part de l’emploi, qui n’est pas en soi une charge bien au contraire. En revanche j’entends tout à fait le message que vous adressez quand vous dites qu’il ne peut pas y avoir de développement de la dimension économique sans la dimension sociale. Je crois profondément à cela parce qu’au-delà même de la façon dont la croissance se développe, progresse, je pense qu’il faut bien reconnaitre - et le débat qu’on a là même si le débat semble aujourd’hui beaucoup moins conflictuel que consensuel -, la protection sociale est aussi facteur et vecteur de croissance économique. Sur la lecture économique de l’inflation, je pense que c’est un débat qui intéressera aussi mes collèges de l’économie et des finances.

La Zambie a utilement insisté sur la question de l’éducation. Sur le marché de l’emploi, et surtout à l’avenir, on ne peut pas passer sous silence les questions de la formation, de la formation initiale bien évidemment, de la formation continue, parce que nous avons besoin de bien adapter les qualifications aux emplois de demain, pas seulement aux emplois d’aujourd’hui. Pour un pays comme la France qui croit dans différents domaines aux financements innovants, l’idée de politique innovante comme celle que vous avez évoquée est une question qui mérite d’être creusée. Quant au renforcement des liens avec le Conseil économique et social, cela me semble être une piste très pertinente.

Concernant l’intervention du Népal, je pense comme vous qu’il faut renforcer la solidité de nos systèmes. C’est très important. Quand vous dite que la pauvreté et l’exclusion sont des pièges, je suis tout à fait d’accord. Et des pièges dont on sort difficilement si on ne vous tend pas la main. Voilà pourquoi je pense que cette question du socle minimum de protections sociales n’est pas un objet de réflexion, ce n’est pas un objet de dissertation, c’est véritablement une priorité. Vous avez aussi insisté sur un point qui est important, on parle beaucoup de croissance. Si nous avons une croissance sans emploi il sera difficile aussi d’expliquer à nos concitoyens que nous faisons de l’emploi une priorité, si eux-mêmes se disent en entendant les discours conclusifs de tel ou tel forum, telle ou telle réunion de ministres " moi, est-ce que je vais retrouver un emploi ? ". Il y a une dimension très importante à prendre en compte si nous voulons notamment redonner des perspectives et redonner de l’espoir. Par ailleurs, la priorité accordée à l’emploi, la question de la promotion des droits sociaux, la question du socle de protection sociale, permet comme vous l’avez évoqué tout à l’heure de mieux résister à une telle crise. C’est la différence par rapport aux crises des années 1930. Nous avons quand même des systèmes de protection sociale qui sont bien supérieurs à ce qui existait et cela permet, même si nous avons de vraies difficultés économiques et sociales, que nos concitoyens qui ont perdu leur emploi ne se trouvent pas aussitôt dans la situation dans laquelle ils se trouvaient dans les années 1930. C’est cela qui donne de la stabilité et aussi du liant dans nos sociétés.


[…]


Pour répondre à l’Indonésie, j’ai bien conscience que la collaboration entre le G20 et l’ONU est essentielle parce qu’il ne s’agit pas de laisser penser qu’à 20 pays on pourrait décider de tout, avoir des réponses à tout et être efficace pour tous. Ce n’est pour cela. La logique de transversalité est importante. La Mauritanie l’a bien rappelé également. Associez tout le monde ! C’était ma conviction avant cette rencontre, cette conviction est renforcée. Le fait que vous-mêmes soyez nombreux à participer, à poser des questions, à poser les bases de ce qui vous semblerait être gage d’efficacité : message bien reçu. La Guinée aussi le dit. Le message est bien reçu sur cette nécessaire coopération. Je vois également dans la façon dont vous insister que cette priorité du social n’est pas une lubie. C’est vraiment une exigence. C’est une démarche d’équilibre. L’économie, la finance, très bien. Le social aussi.

Je voudrais revenir sur la question du socle de protection sociale. Ce que nous voulons porter, c’est qu’il y a une ardente obligation de rehausser le niveau de la protection sociale. Cela veut dire la créer là où il n’y en a pas. C’est d’appuyer les Etats avec des programmes de développement. Il faut s’appuyer sur les programmes existants, le programme Better Work, les programmes du PNUD, i je vais plus loin également la Banque mondiale avec la stratégie sur la protection sociale. C’est cela qui est important, pas seulement les mots. C’est de prendre en compte cette dimension sociale dans les actions de terrain, qu’il y ait quatre fois plus de ces prêts qui sont consacrés à la protection sociale qu’avant la crise, cela a du sens. Cela a son importance. C’est la même chose pour le FMI. La coopération au MCPIT va nous permettre d’aller encore plus dans ce sens. Il ne s’agit pas seulement de faire des discours sans aucun financement derrière. Nous avons déjà toutes ces mobilisations parce que nous savons bien que dans les mois dans les années qui viennent il n’y aura pas des fonds exagérément disponibles mais que nous avons besoin de savoir s’il y a une priorité, une exigence sociale. La réponse est oui. Cela se traduit également dans les faits.

Sur le modèle social, ma conviction est très claire. Le socle n’est pas un modèle unique. Cela ne peut pas être un modèle unique. Cela ne doit pas être un modèle unique. Mais c’est un instrument, un outil, qui va s’adapter au niveau de développement des Etats. On interrogerait tous les Etats représentés ici, nous n’avons pas le même niveau de développement, nous n’avons pas exactement le même niveau de protection sociale. Même entre des pays aussi voisins que l’Allemagne - à qui la parole va être donnée - et la France. Ce sont deux pays voisins, amis, mais notre protection sociale n’est pas exactement la même. Quand on parle de socle, cela ne veut pas dire uniformité. Le Népal avait insisté sur ce point avec raison.

L’Egypte avait aussi insisté sur la question de la feuille de route pour le groupe de travail. Montons l’escalier marche par marche. Le principe aujourd’hui avancé est largement soutenu ce matin, et cela est très important pour moi. La feuille de route n’a pas besoin d’être contraignante. Elle n’a pas besoin d’être trop directive. Déjà les échanges de bonnes pratiques, les discussions, avec des thèmes retenus comme prioritaires (par exemple, l’emploi des jeunes), cela permet déjà d’avancer dans la même direction. Je ne veux pas donner le sentiment que l’on doublonnerait par rapport à des institutions. Il n’y a pas de concurrence, de dispersion, à avoir. Mais la feuille de route peut être quelque chose d’assez souple de façon à préparer entre deux G20 une feuille de route qui puisse être davantage centrée sur l’emploi pour la communauté internationale. Si je ne le dis pas, ce n’est pas que je veux être mystérieux. Je me satisfais déjà d’un certain nombre d’avancées et je ne veux pas lier les mains de qui que ce soit. C’est une question de respect.


[…]


J’ai été très attentif et sensible aux propos du représentant de la Chine, de bien montrer justement ce qui est en train de se produire dans votre pays et de voir également la façon dont vous vous impliquez à chaque fois aux rencontres, aux réunions de travail qui sont organisées. C’est pour nous très important comme l’ai tout autant la coopération, que vous appelez de vos vœux comme nous, avec notamment l’ONU. Je sais qu’à différentes reprises les représentants de la Chine ont voulu insisté sur ce point. Cela a encore été le cas le 23 mai à Paris. J’ai été très attentif à leurs propos, ce message est bien entendu. C’est pour cela que nous voulons avancer de cette façon.

Concernant l’Allemagne, vous avez donné un exemple précis, qui sans pour autant figuré dans une feuille de route peut être discuté dans un groupe de travail informel entre deux G20. C’est la question de la formation professionnelle. Je l’évoquais tout à l’heure en réponse à une question, si l’on veut parler de la formation, il y a la formation initiale et la formation professionnelle. Or il y a des pays qui ont des expériences à faire partager. Il n’y a aucun pays qui a de leçons à donner à qui que ce soit. Mais des expériences à faire partager, cela a son importance. Je le vois moi-même dans la politique que j’ai menée en France, je parle souvent de l’exemple allemand en matière d’apprentissage. Ces jeunes qui apprennent à la fois à l’école et dans l’entreprise leur métier ont beaucoup plus de chances que d’autres de trouver un emploi. Vous avez une expertise en matière de formation professionnelle. Faisons-la partager ! Il y a des pays qui sont très loin de cela, qui peut-être auront envie d’aller dans cette voie, d’autres qui diront " tiens, je peux peut-être adapter ma politique ". Cela fait partie de ces sujets, soit on les évoque ainsi incidemment comme cela, soit on décide d’en faire un axe d’échange et de travail. Si cela profite davantage à certains pays, cela profitera davantage à beaucoup de nos concitoyens. Voilà un exemple très précis de ce que nous pouvons faire partager, ce sur quoi nous pouvons travailler, ce sur quoi nous pouvons avancer. Cet exemple illustre bien ce que nous pouvons faire, comme il est aussi important que nous pensions bien aujourd’hui que la croissance doit intégrer cette dimension de l’emploi. Il est essentiel que l’on puisse le faire. Je le dis, je le répète. Pendant tellement longtemps on a eu le sentiment que l’on pouvait être en croissance pour la croissance, en croissance financière. Non. Qu’on parle aujourd’hui d’emploi, qu’on parle de social, on ne va pas bouder notre plaisir. Ce n’est pas pour la satisfaction d’un tel ou un tel. C’est tout simplement parce que c’est une exigence, une exigence de nos concitoyens.

L’Algérie a posé un certain nombre de sujets de fond. Le Maroc insistait aussi sur les politiques régionales. Je ne voudrais pas parler au nom de l’Union européenne, mais pour nous c’est toujours un sujet majeur. Est-ce que ce qui s’est passé au niveau européen montre bien qu’il y a une unification des marchés de l’emploi ? Je ne sais pas si on peut parler d’unification. Au niveau européen, nous avons surtout réussi à éviter qu’il y ait des distorsions de concurrence, des disparités telles qu’elles viennent en définitive gêner et entraver le dessein collectif, le mouvement collectif. Est-ce que nous avons su progresser ? Oui. Est-ce que c’est facile ? Non. Est-ce que c’est possible ? Oui. Dans quel cadre peut-on faire cela ? Cela a été dit tout à l’heure : l’Organisation internationale du Travail. Nous y sommes les uns et les autres. Si on y va c’est parce que l’on pense que c’est faire œuvre utile, on pense que - évidemment cela n’a pas le même rôle, je ne veux pas transposer, comparer ce qui ne l’est totalement - les conventions dans lesquelles nous nous engageons ont du sens, elles permettent d’éviter que nous soyons sur des planètes totalement différentes en matière de travail, d’emploi. La notion de travail décent n’est pas une notion qui intéresserait seulement un club, les vingt membres du G20. Cela n’a aucun sens. Je pense que cela fait partie des sujets sur lesquelles on peut aujourd’hui avancer. Certains me disent que les droits sociaux sont un sujet tellement vaste, qui recouvre des différences d’appréciation tellement importantes, qu’il ne faut pas en parler. Je pense qu’il le faut. Il faut non seulement en parler, il faut résolument avancer sur ce point. Nous avons une question qui se pose de plus en plus, notamment en Europe, la question de la libre circulation des personnes, des biens, des travailleurs, qui nous amène en même temps à avoir des règles qui sont communes. Sur ce point, j’en suis intimement persuadé, c’est l’OIT qui offre ce cadre incontournable. Voilà ce que je voulais dire sur ce point : oui, il faut aller certainement vers une forme de convergence.

J’ai beaucoup insisté sur ce point de souveraineté nationale. Quand on parle d’un socle minimum de protection sociale, certains pays qui ont un haut niveau de protection sociale ne veulent pas qu’on les oblige à diminuer leur niveau de protection et je les comprends, il n’en est pas question. Il ne s’agit pas non plus de faire avancer à marche forcée ceux qui auraient choisi de mener leur développement à leur rythme. Il n’est pas question non plus de les forcer. Mais avec le fait que c’est idées progressent et avancent et avec une mondialisation de l’information qui donne accès à chacun à ce qui se passe ailleurs, je pense qu’on est dans une marche inévitable. Tant mieux pour tous les peuples de cette planète.


Monsieur le Président,

Vous m’avez invité à conclure. Le nombre d’intervenants, la tonalité des échanges, montrent bien que nous ne sommes pas dans un exercice théorique mais que nous devons réellement passer aux travaux pratiques. J’ai conscience de cette responsabilité. J’ai voulu en me présentant devant vous, en répondant à votre invitation, bien vous montrer qu’elle était ma conviction. C’est que la présidence française, si elle veut réussir, doit avant tout être une présidence collective et que le G20, s’il veut réussir, dans absolument s’inscrire dans une démarche collective avec l’ensemble des institutions et organisations internationales, au premier rang desquelles l’organisation des Nations unies. C’est indispensable. Parce que ce que vous avez dit, je dois l’intégrer, je dois le relayer auprès des membres du G20. Ce que vous nous avez demandé sont autant d’incitations pour les travaux de septembre, des chefs d’Etat et aussi pour les autres présidences. Je pense que cette crise n’a pas été une parenthèse. Cette crise a été extrêmement grave mais il serait encore plus grave de ne pas en tirer tous les enseignements nécessaires car nous avons su réagir pendant cette crise pour éviter de sombrer dans le chaos. Personne ne nous pardonnerait qu’un jour le même type de crise se reproduise pour des raisons à peu près similaires. Là, on nous dirait vous n’avez pas fait ce qu’il fallait. Faire ce qu’il faut c’est bien évidemment intégrer cette dimension sociale, c’est intégrer cette logique d’emploi qui est la priorité essentielle de nos concitoyens. Ce doit être aussi la nôtre. Mais je suis intimement persuadé qu’il faut travailler ensemble, réfléchir ensemble, avancer ensemble. La traduction universelle de ce " travailler ensemble " est l’Organisation des Nations unies. Ce doit être aussi le G20 parce que cela nous permet de répondre aux attentes, aux exigences de nos concitoyens. Celles-ci sont très fortes. Notre ambition est très forte et, vous l’avez compris, notre ambition est collective.

Merci.



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