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9 juin 2010 - Assemblée Générale - Mise en œuvre de la Déclaration d’engagement sur le VIH/SIDA et la Déclaration politique sur le VIH/SIDA : Intervention de M. Nicolas de Rivière, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président,

La France s’associe à la déclaration faite par l’Espagne au nom de l’Union européenne.

La session annuelle de l’Assemblée générale sur la mise en œuvre de la Déclaration d’engagement et de la Déclaration politique sur le VIH/SIDA est un rendez-vous important, tout particulièrement à l’approche des échéances que nous nous sommes fixées.

La France remercie le Secrétaire général pour la qualité de son rapport.

Celui-ci montre que d’importants progrès ont été faits. Concernant l’accès aux traitements, ce sont désormais 4 millions de personnes qui bénéficient d’une thérapie antirétrovirale dans les pays à revenu moyen et faible. Nous avons également marqué des points dans le domaine de la prévention, avec une diminution de 17% des nouvelles infections au VIH entre 2001 et 2008.

A un an de l’examen approfondi des progrès obtenus depuis l’adoption de la déclaration politique et de la révision des objectifs nationaux, force est néanmoins de constater que nos efforts sont en deçà des défis posés par l’épidémie. Celle-ci continue de gagner du terrain, certes à un rythme moins soutenu, mais nous ne pouvons accepter que pour deux personnes recevant un traitement antirétroviral, cinq nouveaux cas soient dépistés. Nous devons redoubler d’efforts si nous voulons atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés d’accès universel à la prévention, au traitement, aux soins et aux services d’appui.

La France s’est fortement investie dans la lutte contre cette épidémie. Elle a contribué au Fonds mondial de lutte contre le SIDA, le paludisme et la tuberculose à hauteur de 2,5 milliards de dollars depuis sa création, ce qui en fait le deuxième donateur mondial. Par ailleurs, la France fait partie des créateurs d’UNITAID, qui joue depuis 2006 un rôle crucial dans l’amélioration de l’accès aux traitements et dans la collecte de fonds par le moyen de financements innovants. Les contributions financières à UNITAID depuis 2006, via la taxe sur les billets d’avion, s’élèvent à 655 millions de dollars.

Comme le souligne le rapport du Secrétaire général, ces progrès ont des répercussions positives sur les autres OMD, notamment les OMD 4 et 5 sur la santé maternelle et infantile. Nous devons, d’ici 2015, bâtir notre action sur cette " dynamique complémentaire " dont parle le Secrétaire général. La France est particulièrement attentive à la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant. Comme l’a rappelé Mme Carla Bruni-Sarkozy, Ambassadrice du Fonds mondial, lors d’un événement organisé à New York lors de l’ouverture de la présente session de l’Assemblée générale, il est inadmissible que 400.000 enfants naissent encore chaque année avec le VIH, alors que nous avons les moyens médicaux et la connaissance pour éviter cette transmission. Nous saluons à ce titre l’action résolue de l’ONUSIDA et du Fonds mondial afin d’éradiquer la mortalité infantile liée au VIH/SIDA d’ici 2015.

Monsieur le Président,

Les engagements financiers ne suffisent pas. Comme le souligne le rapport du Secrétaire général, la réponse face à la montée de l’épidémie doit être globale. Elle passe par le renforcement des systèmes de santé dans leur ensemble, et la garantie d’un accès aux soins équitable et universel. Les activités de lutte contre le VIH/SIDA ne doivent pas rester cloisonnées : elles peuvent en effet être profitables à d’autres pathologies.

La lutte contre le VIH/SIDA nécessite également de s’attaquer aux facteurs sociaux associés à la maladie et d’agir sur les mentalités. Les obstacles sociaux et juridiques au respect des droits de l’homme entravent notre combat contre l’épidémie. Nous devons lutter contre la stigmatisation et la discrimination dont demeurent victimes les personnes séropositives ainsi que les personnes les plus exposées à l’infection, et notamment les homosexuels masculins, les utilisateurs de drogues injectables et les prostitué(e)s. Nous saluons le travail réalisé par l’ONUSIDA en la matière. Nous rappelons à cette occasion l’importance que nous attachons à la dépénalisation de l’homosexualité, et réitérons notre appel à rejoindre la Déclaration de 2008 relative aux droits de l’homme, à l’orientation sexuelle et l’identité de genre, endossée par 67 pays à ce jour.

Monsieur le Président,

La lutte contre le VIH/SIDA est l’affaire de tous. Si nous souhaitons obtenir un vrai recul du VIH/SIDA, un recul pérenne, nous devons faire face à l’augmentation inexorable des ressources nécessaires dans les années à venir. Nous appelons l’ensemble des Etats, les fondations et le secteur privé à répondre généreusement à l’appel du Secrétaire général dans le cadre de la reconstitution des ressources du Fonds mondial, à l’occasion de la conférence plénière qui se déroulera en ces lieux les 4 et 5 octobre prochains.

Il est également de la responsabilité de tous les Etats de prendre toutes les mesures utiles pour éviter la propagation de l’épidémie, garantir l’accès à la prévention, au traitement, aux soins et aux services d’appui.

La France salue également le rôle essentiel joué par la société civile et les associations, sans qui la mobilisation de la communauté internationale sur ce sujet n’aurait jamais été aussi forte.

Ce n’est qu’ensemble que nous parviendrons à atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés dans le cadre des OMD, de la déclaration d’engagement et de la déclaration politique.

Je vous remercie./.



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