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27 octobre 2008 - Développement durable, ONU-Habitat - Points 49 et 50 - Intervention prononcée au nom de l’Union européenne par M. Philippe Delacroix

63ème ASSEMBLEE GENERALE
Intervention prononcée au nom de l’Union Européenne par M. Philippe DELACROIX, Secrétaire général de la Présidence française de l’Union Européenne à New York

Madame la Présidente,

J’ai l’honneur de prendre la parole au nom de l’Union Européenne.

"La Turquie, la Croatie*, pays candidats, l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro, pays du processus de stabilisation et d’association et candidats potentiels, ainsi que l’Ukraine, la République de Moldavie, l’Arménie, l’Azerbaïdjan se rallient à la présente déclaration.

* La Croatie continue à participer au processus de stabilisation et d’association."

Mise en œuvre d’Action 21

Il est essentiel de nous assurer que la réalisation des besoins actuels ne compromet pas les progrès des générations futures. C’est l’objectif même du développement durable qui doit être mis en œuvre à tous les niveaux. L’Union Européenne estime que la promotion et l’intégration des stratégies poursuivies dans les domaines économiques, sociaux et environnementaux représentent une fonction essentielle du système des Nations Unies, et plus spécifiquement de l’Assemblée Générale, du Conseil économique et social et de la Commission pour le Développpement Durable (CDD).

Au cours de la 17ème session de la CDD nous aurons l’occasion de continuer l’examen des thèmes de l’agriculture durable, du développement rural, des terres, de la désertification, de la sécheresse, ainsi que du développement durable pour l’Afrique. En dépit des progrès considérables accomplis au cours des dernières années, l’Afrique a pris du retard sur d’autres régions en développement dans la réalisation des OMD, et requiert en effet une attention particulière. Dans ce contexte, nous voudrions insister sur "le Partenariat stratégique entre l’UE et l’Afrique", adopté au Sommet de Lisbonne de 2007, et sur son premier plan d’action (2008-2010) qui facilitera la réalisation des objectifs de développement sur le continent africain.

L’UE attache une grande importance au succès de la CDD17 en tant que forum pour identifer des solutions concrètes afin d’accélérer la mise en œuvre des engagements pris dans les thèmes examinés cette année. La CDD17 offre également une excellente occasion de mettre en évidence les interactions entre ces thèmes, en particulier en Afrique, et de traiter des questions transversales identifiées lors de la CDD11.

A mi-chemin de la mise en œuvre du programme de travail pluriannuel de la CDD, l’Union Européenne estime que la Commission du développement durable peut être encore améliorée afin de renforcer encore d’avantage sa contribution à l’élimination de la pauvreté, à l’évolution des modes non viables de production et de consommation et à la protection et l’usage durable des ressources naturelles.

Biodiversité

A ce stade, nous ne sommes pas en voie de respecter les objectifs de biodiversité arrêtés à Johannesburg en 2002 qui visent à diminuer sensiblement la perte de biodiversité d’ici à 2010. L’UE est profondément préoccupée par cette perte sans précédent et voudrait à cet égard réitérer son engagement de mettre en place des réponses politiques fortes afin d’atteindre tous les objectifs de la Convention sur la diversité biologique (CDB).

Des efforts soutenus et des actions concrètes doivent être engagés en vue d’atteindre l’objectif de 2010, à tous les niveaux, en prenant en considération l’importance du partenariat avec les populations autochtones et les communautés locales pour la gestion durable de la biodiversité. La biodiversité joue un rôle crucial dans la lutte contre la pauvreté et l’atteinte des OMD dans la mesure où les pays pauvres sont les plus tributaires des ressources naturelles. Il nous faut donc renforcer la mise en œuvre des stratégies nationales de conservation et d’usage durable de la biodiversité en intégrant, le cas échéant et comme il a été décidé de le faire par la politique européenne de coopération, ces actions avec les programmes de développement.

L’Union Européenne demeure fermement résolue à jouer un rôle actif et constructif dans la mise en œuvre et le suivi des décisions adoptées à Bonn lors de la neuvième réunion de la Conférence des Parties de la Convention sur la diversité biologique en mai 2008. A cet égard, l’Union Européenne :
-  Encourage les progrès enregistrés dans la négociation du régime international sur l’accès aux ressources génétiques et le partage des avantages découlant de leur utilisation et souligne l’objectif visant à mener cette négociation à son terme le plus tôt possible avant la dixième réunion de la conférence des parties en 2010
-  Se réjouit de l’adoption des critères des Açores sur l’identification d’un point de vue scientifique des aires marines protégées au-delà de la juridiction nationale et rappelle l’importance de la mise en oeuvre du programme de travail sur les aires protégées
-  Est prête à prendre toute sa part dans les efforts visant à établir une interface science- politique internationale efficace sur la diversité biologique, les services écosystémiques et le bien-être humain

La perte de biodiversité est inséparable des problèmes de dégradation des terres et de changement climatique. Une plus grande coopération et coordination dans ces domaines aux niveaux mondial et national contribuera à faciliter les politiques de développement durable. Nous soulignons également la nécessité d’une collaboration efficace entre les conventions de Rio afin de renforcer les synergies existantes entre ces questions.

Changement Climatique

Le changement climatique représente un des défis majeurs auquel notre planète et la communauté internationale sont confrontées. Il a d’ores et déjà des incidences sérieuses sur notre environnement naturel, économique et social. Il pose de sérieux risques pour le développement durable, voir un risque existentiel pour certains pays et rend plus difficile la réalisation des OMD. En ce sens, le changement climatique exige incontestablement une réponse mondiale.

Le changement climatique est une question prioritaire pour l’Union Européenne, tant pour la présidence francaise actuelle que pour la présidence slovène sortante. C’est pourquoi nous poursuivrons nos efforts afin de renforcer le consensus international en vue de l’élaboration d’un nouveau régime de lutte contre le changement climatique.

L’UE est déterminée à continuer à jouer un rôle moteur et demeure convaincue que le paquet de mesures actuellement en discussion à Bruxelles sur l’énergie et le climat jouera un rôle essentiel dans l’élaboration d’une réponse européenne conforme à l’engagement pris de réduire nos émissions à effet de serre d’au moins 30 pour cent d’ici 2020 par rapport aux niveaux de 1990. Pour mémoire, l’Union est prête à s’engager sur une réduction de 20% à condition que d’autres pays développés s’engagent à des réductions d’émissions comparables et que des pays en développement plus avancés économiquement y contribuent de manière adéquate. La Conférence de Bali a été un tournant dans les négociations sur le climat. Les Parties ont en effet décidé de lancer, d’ici 2009 à Copenhague, un processus de négociation afin de parvenir à un accord global post-2012, et il a été convenu que les pays développés devaient jouer un rôle moteur en s’engageant sur des objectifs ambitieux de réduction, et que les pays en développement devaient également prendre des mesures d’atténuation appropriées, conformément au principe de responsabilités communes mais différenciées.

L’accord de Bali porte sur une vision à long terme des actions à entreprendre par la communauté internationale, et identifie à cet égard les quatre défis de l’atténuation, de l’adaptation, de la technologie et du financement comme autant de composantes essentielles des négociations. D’autres décisions importantes ont également été prises à cette occasion, notamment sur la déforestation, les modalités de fonctionnement du Fonds d’adaptation, ainsi que sur le transfert de technologies vers les pays en développement. La vision partagée de l’action concertée à long terme doit permettre de limiter l’augmentation de la température moyenne mondiale à 2



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