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19 février 2009 - Ouverture des négociations intergouvernementales sur la réforme du Conseil de sécurité - Intervention de M. Jean-Maurice Ripert, Représentant permanent de la France

à l’Assemblée générale

Monsieur le Président,

Aujourd’hui, il est clair, malgré l’ambiguité de l’intitulé figurant dans le Journal des Nations Unies, que nous nous réunissons dans le cadre de l’Assemblée générale pour lancer les négociations intergouvernementales sur la réforme du Conseil de Sécurité. Chaque mot a son importance. C’est une étape essentielle dans le processus que dont nous sommes convenus ensemble.

Grâce à vous et au Président de l’Assemblée Générale, la décision du 15 septembre a été dûment mise en oeuvre. Nous vous en félicitons chaleureusement. Il nous faut poursuivre dans ce sens.

1. Ma délégation a pris note du programme de travail et des clarifications des termes et modalités de nos travaux, diffusés hier, comme nous l’attendions tous. Nous examinerons ces éléments dans l’esprit constructif, pragmatique et dans le respect des principes agrées que requiert cette négociation.

L’essentiel, pour nous, est dorénavant d’engager et donc d’organiser en conséquence, sans tarder, de réelles négociations et non pas des discussions que nous avons suffisamment menées dans le cadre de l’Assemblée générale.

C’est ce que nos Chefs d’Etat et de gouvernement avaient déjà souhaité lors du Sommet mondial de 2005 comme l’a rappelé, hier, justement le président de l’Assemblée générale.

Le 16 janvier dernier, le Président de la République française, M. Nicolas SARKOZY, a réaffirmé que la France " sera l’avocate, l’interprète, le porte-voix de la revendication d’une organisation internationale plus juste et plus représentative ". " Nous ne pouvons plus accepter une organisation immobile ".

La France est convaincue qu’en cette année 2009, la réforme du Conseil de Sécurité est plus nécessaire que jamais. L’accroissement des défis pour la paix et la sécurité internationale, l’émergence de nouveaux cadres de gouvernance plus inclusifs pour traiter des questions globales sont là pour nous le rappeler sans équivoque. Il faut agir maintenant. C’est à ce prix que notre Organisation commune conservera sa pertinence et son efficacité.

2. Deuxième remarque : Nous devons éviter toute bataille procédurale stérile qui ne pourrait être interprétée que comme une manœuvre dilatoire et serait de nature à remettre en cause la nécessaire confiance qui doit régner entre nous. Le temps n’est plus à la procrastination. C’est un test de la crédibilité de l’Assemblée générale.

3. Nous devons maintenant nous concentrer sur les négociations de substance. Comme chacun le sait, les propositions et positions des uns et des autres sont nombreuses. Elles sont connues. Elles ont été consignées dans la base des négociations intergouvernementales que nous avons agréée ensemble dans la décision du 15 septembre.

Vous le savez, la France soutient la candidature de l’Allemagne, du Brésil, de l’Inde et du Japon pour devenir membres permanents ainsi qu’une représentation permanente de l’Afrique au sein du Conseil. En même temps, nous sommes conscients des positions différentes qui existent sur cette question.

C’est pourquoi, je veux réitérer l’importance que nous attachons à une discussion sur l’option d’une réforme intérimaire, comme l’a indiqué le Président de la République française dans la déclaration conjointe avec le Premier ministre britannique, M. Gordon BROWN, le 27 mars dernier. Cette option doit nous permettre d’avancer en testant les paramètres d’une réforme du Conseil.

4. Sur tous ces aspects, M. le Président, nous comptons sur votre pleine implication pour imprimer aux négociations, ici, aux Nations Unies, la nécessaire dynamique qu’elles requièrent. Nous vous adressons nos chaleureux vœux de succès.

Ensemble, nous devons aller de l’avant, en évitant toute démarche qui serait de nature à diviser l’Assemblée générale sur une réforme fondamentale pour les Nations Unies. Chacun doit aujourd’hui prendre ses responsabilités.

5. N’oublions pas que la réforme du Conseil de Sécurité nécessite un engagement politique des Etats membres au plus haut niveau. Vous connaissez la détermination des autorités françaises. Nous espérons que cette détermination sera partagée par le plus grand nombre afin de parvenir à une réforme efficace.

Je veux enfin confirmer que la France est prête à participer à ces négociations dans un esprit de grande ouverture, d’exigence et à avec une ferme volonté d’aboutir. Je vous remercie./.



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