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14 mars 2013 - Assemblée générale - Intervention de M. Pascal Canfin, ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé du Développement

Groupe de travail ouvert sur les objectifs de développement durable

Messieurs les coprésidents, Mesdames, messieurs,

Je suis très heureux d’être parmi vous aujourd’hui pour le lancement, tant attendu, de ce Groupe de travail. Je salue le Secrétaire général des Nations unies et le remercie pour ses encouragements et la mobilisation de ses équipes. Je remercie le Président de l’Assemblée générale pour l’organisation de cette réunion, et je félicite les deux nouveaux coprésidents pour leur élection.

La définition des Objectifs du Développement Durable est une priorité de premier ordre pour la France. C’est pourquoi, en tant que ministre français du développement, j’ai souhaité représenter la France dans ce Groupe de travail, au sein duquel mon pays siègera avec l’Allemagne et la Suisse.

Mesdames, Messieurs,

Nul besoin de revenir sur la gravité des enjeux auxquels nous faisons face. En matière de climat, de biodiversité, d’eau, de ressources halieutiques, tous les indicateurs sont malheureusement convergents : nos modèles actuels de développement sont insoutenables. Ils ne permettront pas de répondre au double défi qui est le nôtre. Double défi car nous devons en même temps adopter un nouveau mode de développement compatible avec les limites physiques de notre planète et réussir à sortir de la pauvreté 1,3 milliard d’être humains qui vivent encore avec moins de 1,25 dollar par jour.

Ces deux défis sont liés. Il n’est plus possible de penser d’un côté la lutte contre la pauvreté et de l’autre la soutenabilité. Le réchauffement climatique est aujourd’hui la première menace qui pèse sur le développement. La Banque mondiale dans un rapport publié juste avant la conférence climat à Doha indiquait ainsi qu’un réchauffement de 4 degrés aurait pour effet d’annuler les progrès réalisé depuis une décennie en matière de mortalité infantile. Mais nous ne réussirons pas non plus à construire ce monde durable si celui-ci ne permet pas à l’ensemble de l’humanité de sortir de la pauvreté. C’est pourquoi, nous devons afficher cet objectif, qui n’est pas une utopie, d’éliminer l’extrême pauvreté d’ici 2030 en haut de notre agenda. Il est intolérable qu’un être humain sur cinq vive encore aujourd’hui sur notre planète dans cette extrême pauvreté.

Je sais que certains d’entre vous s’inquiètent d’une dilution des objectifs de la lutte contre la pauvreté à cause des objectifs de développement durable. Je tiens à vous rassurer : c’est au contraire pour atteindre les objectifs de la lutte contre la pauvreté qu’il nous faut élargir notre champ de vision et définir un seul agenda post-2015.

Cet agenda du développement durable est par définition universel. Il implique l’engagement de chacun. Il implique l’engagement de tous. Cela vaut en particulier pour nos pays occidentaux qui doivent, sans attendre, engager la transition vers des modes de production et de consommation durables. Pour autant, ce principe d’universalité ne devra pas nous empêcher de tenir compte de l’hétérogénéité des situations initiales qui impliquent d’adapter cet agenda universel aux réalités locales.

Notre responsabilité est aujourd’hui d’élaborer des objectifs clairs et compréhensibles par tous, des objectifs qui permettront de mesurer, très concrètement, notre progression commune vers la soutenabilité.

Ces objectifs s’inscriront pour partie dans le prolongement des actuels OMD. Dans des domaines comme la sécurité alimentaire, la santé ou l’éducation, nous devrons revoir les objectifs existants au regard de cette exigence de soutenabilité.

Ces objectifs devront aussi intégrer de nouvelles dimensions, par exemple ’énergie, l’eau, l’emploi ou encore le développement urbain.

Ces objectifs, chacun de ces objectifs, devront enfin participer à la réduction des inégalités, à commencer par celles fondées sur le genre.

Mesdames et Messieurs,

Ce nouvel agenda n’est pas le partage d’un fardeau ou une gestion de la rareté. Il est porteur d’opportunités. Il est porteur d’un monde meilleur pour tous.

Notre tâche est immense. Ce groupe, nous nous devons d’en faire un outil efficace. Nous n’avons pas de temps à perdre, nous en avons déjà trop perdu. Pour progresser efficacement, nous aurons besoin de conserver le format décidé à Rio de 30 membres. Nous aurons tout autant besoin d’ouvrir notre réflexion aux apports de tous et donc de conserver un processus ouvert. Ouvert également à la société civile et au monde académique. Nous devons lancer sans plus attendre nos discussions de fond, certainement dans des groupes thématiques pour être en mesure de contribuer à l’événement spécial sur l’agenda post-2015 qui se déroulera en septembre 2013.

Nous avons une formidable opportunité et une très grande responsabilité : celle de définir un agenda commun pour une prospérité durable et partagée et j’espère que nous pourrons dire dès 2015 mais aussi dans 15 ans, dans 30 ans, j’ai participé le 14 mars 2013 à la réunion qui a lancé les objectifs du développement durable, cette feuille de route vers un monde durable. Je vous invite tous à garder cette ambition tout au long de ce processus.

Je vous remercie.

En savoir plus les Objectifs du millénaire pour le développement et l’Agenda pour le développement post 2015.



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