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2 juillet 2012 - Assemblée générale - Négociations intergouvernementales sur la représentation équitable au Conseil de sécurité, l’augmentation du nombre de ses membres et les questions connexes - Intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations Unies

Monsieur le Président,

Permettez-moi tout d’abord de vous féliciter pour la tenue réussie du 8e cycle des négociations intergouvernementales sur la réforme du Conseil de Sécurité. Vous avez souhaité rendre nos débats plus dynamiques et plus interactifs, pour que nous nous engagions - enfin - dans de véritables négociations sur le sujet.

Nous avons ainsi passé en revue, depuis le mois de janvier, chacune des initiatives qui avaient été présentées aux Etats membres en 2011. Et pour cette séance de conclusion du 8e cycle, vous nous suggérez de faire la synthèse de nos réflexions communes, sur la base des échanges tenus ces derniers mois, et nous vous en remercions.

J’ai confiance que, selon vos vœux, nous trouverons la meilleure voie pour faire avancer le processus. Je remercie à cet égard les auteurs des différentes initiatives d’avoir rappelé leur contenu en essayant de les mettre en perspective de l’ensemble du processus.

Monsieur le Président,

Permettez-moi une fois encore de rappeler la substance de la position française sur la question de la réforme. Cette position se fonde sur l’évolution du monde depuis 1945 et la prise en compte des réalités actuelles.

Un Conseil de sécurité qui reflète mieux le monde d’aujourd’hui, un Conseil de sécurité qui conserve sa capacité à agir et à relever les défis de sécurité contemporains, tel est le sens de la réforme que nous souhaitons voir mise en place.

Pour cela, dans le cadre d’un élargissement raisonnable, il faut donner toute leur place aux Etats qui réunissent deux caractéristiques fondamentales : d’une part, manifester la volonté d’assumer la responsabilité d’une présence permanente au Conseil de Sécurité ; d’autre part, conformément à la Charte des Nations Unies, avoir la capacité d’assumer cette responsabilité.

Monsieur le Président,

L’initiative qui nous paraît le mieux correspondre à ces prémisses est celle portée par le G4. La France soutient le groupe et sa proposition, telle qu’examinée en janvier dernier. Cette initiative satisfait aux éléments qui se déduisent des principes que je viens d’énoncer :
— premier élément, l’élargissement du Conseil doit se faire dans les deux catégories de membres ;
— deuxième élément, le Conseil réformé doit compter un nombre plus important de pays africains, en particulier parmi les membres permanents – sachant que, pour la France, la question de la représentation d’un pays arabe se pose également.

En parallèle, la France soutient les efforts visant à améliorer les méthodes de travail de Conseil, dès lors qu’il s’agit d’accroître la transparence et l’efficacité de cet organe. Nous sommes favorables à la poursuite des efforts engagés par le Groupe de travail sur les méthodes de travail du Conseil. Nous soutenons, en particulier, les réflexions sur une vraie publicité des débats, sur le dialogue avec les contributeurs de troupes, et sur une meilleure prise en compte de la lutte contre l’impunité dans les travaux du Conseil. En outre, il nous semble utile d’approfondir les réflexions sur l’idée que les membres permanents renoncent, ensemble, à l’usage du veto lorsqu’il y a au Conseil des discussions sur des atrocités de masse.

Enfin, vous le savez, nous sommes également ouverts à l’examen des options envisageables pour réaliser une réforme intérimaire, dans la ligne des propositions portées par le Royaume Uni et la France depuis 2008.

Monsieur le Président,

Pour conclure, je voudrais vous redire nos remerciements pour ce 8e cycle, qui nous a permis d’examiner de manière exhaustive des propositions utiles.

Il faut maintenant étudier les pistes qui nous permettront, à partir de ces initiatives individuelles connues et des leçons tirées des derniers développements, d’engager de véritables négociations.

Et dans un premier temps, votre texte de compilation pourrait sûrement être raccourci, rationalisé et rendu plus opérationnel, à la lumière de nos débats.

Au-delà, quelle que soit la voie choisie par cette Assemblée entre les propositions définitives et les solutions transitoires, vous pouvez compter sur nous pour contribuer aux travaux futurs dans un esprit constructif.

Je vous remercie Monsieur le Président.



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