Twitter Facebook Flickr Youtube RSS Share

26 juin 2012 - Assemblée générale - Journée internationale contre l’abus et le trafic de drogues - Intervention de M. Martin Briens, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies

« Les dangers que la drogue et le crime représentent pour le développement »

Monsieur le Président,
Monsieur le Directeur exécutif,
Mesdames, Messieurs,

Je remercie le directeur exécutif de l’ONUDC pour cette initiative, qui nous réunit en cette journée internationale contre le trafic et l’abus de drogues. La France souscrit au discours prononcé par l’Union européenne.

La lutte contre la drogue et la criminalité est un impératif de développement, de sécurité et de santé publique. Nous savons tous que la culture illicite et le trafic de drogue trouvent aussi leurs racines dans la pauvreté, le sous-développement et la vulnérabilité des personnes.

C’est pourquoi notre riposte doit être globale, et inclure à la fois le développement économique et la sécurité des populations.

Les trafics menacent aujourd’hui la stabilité et la sécurité de certains États, voire de régions entières. Les groupes criminels disposent souvent de moyens technologiques qui étaient par le passé entre les mains des seuls États. Les trafics génèrent en outre une manne financière colossale qui permet à un certain nombre d’organisations criminelles de disposer de moyens comparables, et parfois supérieurs à beaucoup d’Etats. Et quand l’économie se criminalise et génère de la corruption, c’est souvent l’Etat de droit qui est remis en cause, c’est l’avenir de sociétés entières qui est menacé, c’est le développement qui est freiné.

Face à ces menaces, la communauté internationale s’est organisée.

D’abord en se dotant d’outils juridiques avec les trois Conventions (1961, 1971, et 1988) qui constituent le cadre de référence en matière de contrôle des drogues et qui ont été complétées par les conventions destinées à lutter contre la corruption (Mérida) et la criminalité transnationale organisée (Palerme). Ces outils doivent être mis en œuvre universellement et de façon efficace.

Deuxièmement, lorsque la criminalité organisée et les flux illicites constituent des menaces à la stabilité des Etats et des régions, une réponse du Conseil de sécurité est appropriée. Ainsi, le Conseil de sécurité a adopté, en 2010 et 2012, deux déclarations présidentielles sur ces sujets. Il faut aussi utiliser toutes les organisations compétentes, au premier rang desquelles l’ONUDC, pour couper les ressources financières des groupes criminels et court-circuiter toutes leurs activités.

La lutte contre la criminalité organisée et la drogue ne saurait se résumer aux démantèlements des réseaux ; elle passe également par le développement économique et la lutte contre la pauvreté. Nous devons promouvoir des politiques de développement alternatif intégral et durable dans les pays producteurs pour offrir une alternative économiquement viable aux cultivateurs.

Le développement économique et social est à nos yeux la meilleure prévention contre la criminalité transnationale organisée et la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) le plus sûr antidote à ce fléau.

Nous disposons aussi d’importantes initiatives régionales que la France a portées ou soutenues : je pense notamment à la réunion ministérielle du G8 élargi qui a réuni en mai 2011 à Paris un certain nombre de pays d’Amérique, d’Afrique et d’Europe autour de la lutte contre le trafic de cocaïne. Cette réunion s’est traduite par l’adoption d’un plan d’action ambitieux pour mieux combattre le trafic de cocaïne avec deux priorités : le partage du renseignement et les mesures de développement alternatif.

Je pense également à l’initiative du Pacte de Paris et à la 3e réunion ministérielle qui s’est tenue à Vienne le 16 février dernier qui a permis de réaffirmer l’engagement des pays partenaires dans la lutte contre le trafic d’opiacés en provenance d’Afghanistan ainsi que de renforcer la coordination dans un certain nombre de domaines clés.

Monsieur le Président,

La mobilisation de la communauté internationale doit faire l’objet d’un consensus. Chacun a un rôle à jouer, à l’intérieur et l’extérieur de ses frontières. Les Etats doivent pouvoir compter sur des institutions efficaces, transparentes, démocratiques, capables de faire prévaloir les règles de droit. Il faut aussi des stratégies de lutte contre la drogue et le crime intégrées au niveau mondial, et l’Organisation des Nations unies peut aider à coordonner ces efforts.

Trop souvent par le passé, le débat a porté sur la recherche des responsabilités, avec d’un côté les pays producteurs et de l’autre les pays de transit ou de consommation. Nous savons aujourd’hui que cette classification n’a pas de sens. Malheureusement, chacun est simultanément, selon des proportions variables, producteur, transitaire et consommateur. Et les drogues de synthèse sont là pour nous rappeler ce triste constat.

Nous partageons un problème qui affecte la sécurité et la santé de nos citoyens et entrave le développement de nos sociétés ; nous avons le devoir de les protéger de la drogue et du crime. Le défi est de taille, nous partageons la responsabilité de trouver ensemble des solutions. C’est pourquoi notre réponse doit être à la hauteur, à la fois globale et solidaire.

Je vous remercie.



Bookmark and Share
Bookmark and Share
Rss
Organisation des Nations Unies Présidence de la République France Diplomatie La France à l'Office des Nations Unies à Genève Union Européenne Première réunion de l'ONU