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1 mars 2005 - ECOSOC - 49e session de la Commission de la condition de la femme : Intervention de Madame Nicole Ameline, Ministre de la Parité et de l’égalité professionnelle

(vérifier au prononcé)

Madame la Présidente, Mesdames, Messieurs les Ministres, Mesdames, Messieurs,

Je tiens tout d’abord à remercier le Bureau de la Commission et le Secrétariat Général des Nations Unies pour l’organisation réussie de cet événement.

▪ Pour la France, célébrer " Pékin + 10 " n’est pas un point d’arrivée. Ce rendez-vous est une étape majeure, destinée à rassembler les énergies pour accélérer la mise en œuvre de nos engagements. Les enjeux sont considérables : il nous faut affirmer clairement que l’égalité entre les femmes et les hommes est une priorité pour notre planète, pour son développement durable et le progrès de l’humanité. L’urgence est là : dix ans ont passé, de progrès sans doute, mais pour combien de violences dénoncées ou tues, de discriminations encore subies ! Parce que le moment est venu d’agir pour un monde plus juste, plus humain, plus solidaire, l’ère d’une nouvelle gouvernance mondiale, comme le souhaite le Président de la République Jacques CHIRAC, est une exigence.

▪ Je tiens à rappeler combien la France est engagée pour l’égalité entre les femmes et les hommes. Elle l’est avec l’Union européenne, et nous nous associons pleinement à la Déclaration qui vient d’être faite par la Présidence de l’Union européenne. Elle l’est avec la Francophonie, qui a d’ailleurs démontré, à travers sa diversité et son dialogue interculturels, l’alliance réussie entre l’ambition de progrès et le respect de l’autre. Elle est engagée avec les Nations Unies, porteuses de notre idéal d’échanges et de progrès pour l’humanité. Nos partenariats, multiples, associant les ONG et les organisations internationales, les Etats et la société civile, doivent désormais s’inscrire dans l’universalité et au service du développement durable. Notre responsabilité est immense !

Madame la Présidente,

▪ La France s’engage dans le respect des droits fondamentaux de la personne humaine :

- nous réaffirmons la Déclaration et du programme d’action de Pékin ainsi que des textes issus de la 23ème session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations unies ;
- nous soutenons le Plan d’action du Caire qui contient des éléments fondamentaux sur les droits liés à la santé sexuelle et reproductive ;
- nous réaffirmons que la convention CEDAW et son protocole sont un levier essentiel pour faire progresser les droits des femmes dans le monde. Leur universalisation est nécessaire ;
- parce qu’en France, nous avons intensifié la lutte contre les violences faites aux femmes avec le plan d’action " 10 mesures pour l’autonomie des femmes " que j’ai récemment présenté ;
- nous condamnons toutes les violences faites aux femmes notamment les violences sexuelles utilisées comme armes de guerre et les violences économiques que représente la traite des personnes.

Dans tous ces domaines, nous saluons l’engagement personnel du Secrétaire Général des Nations Unies et de sa Conseillère.

▪ En deuxième lieu, la France est engagée parce qu’elle veut une solidarité internationale renforcée et renouvelée. Nous sommes convaincus que les Objectifs du Millénaire pour le Développement ne pourront être atteints sans une accélération de la mise en œuvre des engagements pris à Pékin et Pékin+5.

Comment ignorer en effet que les inégalités entre les sexes sont des facteurs structurants du sous-développement ? Lutter pour l’égalité c’est faire reculer la pauvreté, c’est abattre les discriminations et les violences, c’est œuvrer pour un développement économique, social et humain durable et équitable, facteur de progrès, de paix et de démocratie.

Cela doit être affirmé au même titre que la nécessité de trouver de nouveaux instruments de financement de la solidarité internationale. La France est pleinement mobilisée. Vous connaissez la proposition du Président de la République sur la nécessité de mettre en place de nouvelles sources de financement du développement y compris des prélèvements de solidarité internationale. Mais rien ne serait possible si nous ne conjuguions tous ces nouveaux mécanismes de solidarité à la réaffirmation des droits fondamentaux : c’est l’égalité qui fait avancer le monde !

Aujourd’hui, les pauvres du monde sont en majorité des femmes. Je salue l’initiative des Nations Unies de faire de l’année 2005 l’année du micro-crédit ; nous accueillerons une réunion internationale sur ce sujet à Paris le 20 juin prochain. C’est une source essentielle de financement pour les plus pauvres dont les femmes sont les principales bénéficiaires. Il s’agit là d’un instrument puissant. Que dire du combat contre le SIDA, grande cause nationale en 2005 en France ! Les victimes sont encore trop souvent privées des soins qui leur sont nécessaires. Dans la préservation de l’environnement et le développement durable, les femmes ont un rôle majeur et sont porteuses d’une véritable " éthique du futur ". Il est significatif que les Etats de la francophonie aient réaffirmé le rôle fondamental des femmes dans le développement durable lors du Sommet de Ouagadougou en novembre 2004.

La France plaide donc pour que la Déclaration et le Programme d’action de Pékin soient au cœur de la revue de la Déclaration du Millénaire et des Objectifs du Millénaire pour le Développement, pour tenir notre promesse de l’égalité. Cette question n’est pas qu’un problème des pays du Sud. D’ailleurs, si en France nous avons tellement porté la démarche intégrée de l’égalité dans chaque politique publique depuis deux ans à travers la Charte de l’égalité, si nous agissons autant pour l’égalité professionnelle et salariale, avec la remise des premiers Labels Egalité qui sont intervenus auprès de grandes entreprises françaises en janvier 2005, c’est parce que la dynamique de l’égalité est, aujourd’hui, dans toutes les sociétés, facteur de performance et de développement durables, donc de richesses et d’emplois.

Madame la Présidente,

▪ A l’aube du XXIème siècle, la Plate-forme d’action de Pékin reste plus que jamais d’actualité. Car, à l’heure où se jouent dans le monde de formidables mutations, c’est un nouveau partenariat mondial qui doit s’exprimer par des actions collectives efficaces et renforcées. Au-delà de la célébration du dixième anniversaire de Pékin, j’appelle donc tous les dirigeants du monde et les ONG à se mobiliser pour que, à l’occasion du Sommet de Suivi de la Déclaration du Millénaire, la défense des droits de la personne soit au centre des débats et que la dynamique de l’égalité, qui sait nous rassembler aujourd’hui, soit le " gène organisateur " d’un monde nouveau, plus juste, plus humain.

Je vous remercie./.



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