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10 mars 2014 - Evénement « La santé et les droits sexuels et reproductifs dans le post-2015 » - Intervention de Mme Najat Vallaud-Belkacem, Ministre des droits des femmes, porte-parole du Gouvernement

"Le libre choix en matière de sexualité et de reproduction est la première condition de l’égalité entre les femmes et les hommes" - Mme Najat Vallaud-Belkacem, Ministre des droits des femmes, porte-parole du Gouvernement - Événement « La santé et les droits sexuels et reproductifs dans le post-2015 »
New York - 10 mars 2014 - Crédit photos : Franceonu photo


Monsieur le Directeur exécutif du FNUAP,

Madame la Directrice d’ONU Femmes,

Madame la Présidente du bureau régional pour l’hémisphère Ouest de la Fédération internationale du Planning Familial,

Madame la Directrice « Genre » de la Banque mondiale,

Mesdames et Messieurs,

Je suis très heureuse d’être avec vous aujourd’hui, notamment auprès de la Fédération internationale du Planning Familial pour promouvoir la santé et les droits sexuels et reproductifs des femmes.

Je veux commencer mon propos en saluant le dévouement des membres des 151 associations nationales du planning familial qui œuvrent tous les jours pour donner aux personnes, et en particulier aux femmes, les moyens de faire des choix libres et éclairés quant à leur vie sexuelle, affective et reproductive et d’avoir accès à des services adaptés et de qualité.

Je souhaite également saluer le travail d’ONU Femmes et du FNUAP ainsi que le leadership de leurs directions respectives.

Au nom de la France, je voudrais délivrer quelques messages simples :

Les droits sexuels et reproductifs sont des droits universels. Ils ne peuvent être remis en cause en aucune circonstance. Ils doivent être promus, garantis et mis en œuvre à chaque fois que c’est possible. Et nous devons veiller le plus largement possible à ce que ça le soit.

Le libre choix en matière de sexualité et de reproduction est la première condition de l’autonomie des femmes. On va beaucoup parler de l’autonomisation des femmes au cours de cette CSW ; la première des conditions est qu’elles soient maitresses de leur destin et donc de leur corps.

Ce libre choix en matière de sexualité et de reproduction est aussi la première condition de l’égalité entre les femmes et les hommes. Il ne saurait y avoir d’égalité entre les femmes et les hommes sans cette autonomie des choix reproductifs et sexuels. La santé et les droits sexuels et reproductifs devront donc être un des axes forts du futur agenda dont nous allons discuter. Nous devrons veiller à ce que ces axes soient intégrés dans les enjeux de santé, d’égalité, de genre et de gouvernance.

La France souhaite que la santé et les droits sexuels et reproductifs fassent l’objet d’une cible spécifique, et que l’on puisse préciser que ces droits recouvrent droit à l’avortement sécurisé, droit à la contraception mais aussi éducation sexuelle. Cette cible correspond parfaitement à la vision que nous partageons tous de l’agenda post-2015 qui doit être universel, durable et en même temps transformatif, c’est-à-dire qui agisse véritablement sur les habitudes les plus préjudiciables.

Ce constat doit nous amener à infléchir notre aide internationale et poursuivre des objectifs plus directs encore que ce que nous avons fait ces dernières années :

— nous devons avoir comme objectif dans notre aide internationale de réduire les grossesses non désirées, notamment celles des adolescentes, par l’accès universel à une large gamme de méthodes contraceptives, y compris la contraception d’urgence ;

— nous devons veiller à renforcer la prévention notamment en matière de santé sexuelle. Le VIH se transmet principalement par voie sexuelle. Des changements durables de comportement sont nécessaires pour mettre un terme aux nouvelles infections. Cela passe par l’éducation à la sexualité et la sensibilisation à l’égalité qui permet de favoriser des comportements responsables ;

— nous devons enfin batailler encore et toujours pour mettre fin aux mariages précoces et forcés et éradiquer les pratiques néfastes telles que les mutilations génitales féminines.

Ces actions ne pourront être efficaces que si elles s’inscrivent au sein d’un agenda universel. La communauté internationale ne doit plus douter de la possibilité d’obtenir un consensus ambitieux. Nous ne devons pas commencer nous-mêmes à douter sinon nous nous fragilisons. C’est vrai que la géopolitique du monde a changé. C’est vrai que nous avons besoin de plus de dialogue pour trouver des solutions communes aux problèmes auxquels nous devons faire face. Mais j’y vois moi plutôt un signe positif, car ces efforts de dialogue, précisément, renforceront considérablement le poids et la valeur de nos engagements et leur traduction concrète dans les législations nationales. Nous avons donc le devoir de réaffirmer notre volonté politique indéfectible d’avancer ensemble vers un progrès équitable et durable, dont l’enjeu clé est l’égalité entre les femmes et les hommes.

Mesdames et Messieurs,

Nous célébrerons en avril prochain, les vingt ans de la Conférence internationale du Caire sur la population et le développement et de son programme d’action dont le rapport de progrès vient d’être publié.

Ce Programme est loin d’être achevé et pour parvenir aux objectifs fixés il y a 20 ans, nous avons besoin d’impulser une nouvelle dynamique, de définir de nouvelles pistes pour aller plus loin. Les conférences régionales dans le cadre du Caire +20 ont permis de souligner les progrès accomplis dans l’ensemble des régions du monde.

Il est important que ces progrès soient reconnus et célébrés par l’ensemble des Etats-membres lors des prochaines échéances. C’est pourquoi la France appellera l’ensemble des Etats à approuver ce rapport mondial et son contenu, sans aucune objection.

Mesdames messieurs, je vous l’ai dit, désormais les droits et la santé sexuelle et reproductive doivent constituer un pilier de notre action. Il constitue celui de la France sur le plan international comme sur le plan national.

Comptez sur nous pour ne ménager aucun effort pour convaincre les Etats de toutes les régions du monde de faire de la santé et des droits sexuels et reproductifs une question prioritaire, dans le contexte de la CSW, mais également dans le contexte de l’agenda post-2015 pour le développement.

Je vous remercie.



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