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18 octobre 2010 - Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté - Intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Discours sur le thème : " de la pauvreté au travail décent : mettre en place les moyens de la transition "



Mesdames, Messieurs,

1 - Avec plus de la moitié de la population active mondiale, soit un milliard et demi de travailleurs, en situation de précarité, nous devons mener une action vigoureuse et coordonnée pour l’élimination de la pauvreté, qui est - je vous le rappelle - essentielle pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement.

Dans ce combat, nous devons concentrer tous nos efforts sur l’accès à l’emploi, non seulement parce qu’il est source de croissance et de revenu, mais aussi - et peut-être surtout - parce qu’il apporte reconnaissance personnelle et dignité sociale. Et j’ajouterai que pour les immigrants, il apporte l’intégration culturelle, l’intégration sociale, dans les pays d’accueil.

Créer davantage d’emplois, c’est évidemment important, mais pour œuvrer pour le progrès social, il faut aussi que ces emplois permettent à chacun de bénéficier de conditions de travail décentes.

Mon pays, la France, a mis plus d’un siècle pour mettre en place un système de protection sociale. Je ne suis donc pas en train de dire que c’est facile. Au XIXème siècle, de grands écrivains, comme Victor Hugo, Charles Dickens, ou Emile Zola, ont dénoncé la dureté des conditions de travail dans les sociétés industrielles, appelant à une vie digne pour les travailleurs, dans le respect des droits de l’Homme. C’était là la situation tragique de pays comme la France ou le Royaume-Uni. D’énormes progrès ont été réalisés depuis cette époque, et c’est une des fiertés de mon pays, mais aussi d’un grand nombre d’autres pays, de disposer aujourd’hui d’un Etat providence. Même si rien n’est jamais définitif, et en tout cas rien n’est parfait.

2 - Quinze ans après le Sommet mondial de Copenhague sur la lutte contre l’exclusion, aucune région du monde n’est épargnée : l’Union Européenne compte ainsi près de 80 millions de personnes vivant en-dessous du seuil de pauvreté. Ce n’est évidemment pas acceptable.

Il est donc important d’agir. Dans le cadre national, d’abord. La France a réitéré cette année ses engagements de 2007 de réduction d’un tiers de la pauvreté en 5 ans. Au niveau international, ensuite. 2010 était l’année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Et c’est le devoir des Etats développés, d’aider les plus vulnérables. Aucun progrès significatif ne pourra être réalisé sans une coopération étroite entre les pays du Nord et ceux du Sud, mais aussi entre les Etats, les sociétés civiles et les ONG. Dans cet esprit, nous soutenons l’action de l’Organisation Internationale du Travail avec laquelle nous avons signé, en août, un quatrième accord de partenariat. Le respect des normes fondamentales du travail est au cœur des programmes d’assistance de cette organisation, et ils sont soutenus par la France, comme le Pacte mondial pour l’emploi, la lutte contre le travail forcé et la création d’un socle minimum universel de protection sociale.

Oui du travail, mais pas n’importe quel travail, et pas à n’importe quelle condition.

Permettez-moi de conclure en vous disant qu’en tant que responsables de la société civile, vous avez une immense contribution à apporter pour lutter efficacement contre la pauvreté et pour promouvoir l’accès du plus grand nombre à un travail décent, grâce à l’aide que vous apportez aux plus démunis, aux initiatives que vous lancez et à votre travail de plaidoyer auprès des Etats. A cet égard, je tiens à saluer naturellement ici l’action remarquable d’ATD Quart Monde, et à rappeler son fondateur - le père Wresinski.

Je vous remercie./.



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