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24 février 2011 - 55ème session de la Commission de la condition de la femme - Intervention de Mme Roselyne Bachelot-Narquin, ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale

Monsieur le Président, cher Garen Nazarian,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Mesdames, Messieurs,


Défendre la cause des femmes et des filles partout dans le monde, parce que l’inégalité nous est intolérable, parce que les violences nous sont insupportables, parce que la soumission nous est inconcevable : telle est la mission de cette Commission de la condition de la femme.

Tel est, aussi, le sens de la création de la nouvelle entité " ONU Femmes ", pour mieux rendre notre action efficace, mieux la coordonner ? Pour tout cela nous pourrons bénéficier de l’expérience exceptionnelle de sa directrice exécutive, Mme Michelle Bachelet.

*


Je tiens à réaffirmer l’engagement de la France, et je souscris pleinement à la déclaration prononcée par la Hongrie au nom de l’Union européenne.

Il s’agit d’abord, bien sûr, d’un attachement aux grands principes et aux grands textes qui fondent l’action des Nations unies : convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (1979), les textes issus de la conférence du Caire sur la population et le développement (1994), la plate-forme d’action en faveur des femmes de Pékin (1995).

La culture de l’égalité, qui irrigue ces différents textes, est un axe porté par la France à tous les échelons de sa diplomatie. Je pense, en particulier, à la déclaration sur l’élimination des violences envers les femmes de l’Organisation internationale de la francophonie, adoptée ici en 2010 qui réaffirme l’idée que la prostitution quelque soient ses formes est une violence faite aux femmes.

Cet attachement à l’égalité concerne la mise en œuvre effective de tous les droits des femmes, y compris en matière d’état civil propre, de santé sexuelle et reproductive et d’éducation affective et sexuelle.

Il n’est jamais inutile de le rappeler : les droits des femmes font partie des droits universels. Rappelons que c’est notamment l’instauration d’une loi sur la laïcité qui a permis à la France de faire sienne ces valeurs et de les porter au cours du XXème siècle et aujourd’hui plus que jamais.

La cause que nous défendons dépasse les frontières, les cultures. De ce point de vue, nul ne peut s’aventurer à parler de relativisme culturel. Nul ne peut prétexter des obstacles culturels ou cultuels.

*

Affirmer l’engagement de la France en faveur des droits des femmes, et notamment dans les domaines prioritaires de la 55e session, c’est souligner quelques évidences.

Partout, les femmes sont capables de s’occuper d’économie et de gouvernance domestiques. Alors, pourquoi ne seraient-elles pas capables de s’occuper d’économie et de gouvernance tout court ?

Oui, les femmes sont capables. Capables d’apprendre dans tous les domaines. Capables d’intégrer les plus hauts niveaux de formation, y compris scientifiques et techniques. Les nouvelles technologies vertes sont une opportunité majeure à cet égard. Capables d’accéder à des postes de direction. Capables d’assumer des responsabilités politiques.

Notre devoir, c’est de favoriser l’égal accès aux formations et aux responsabilités. A nous de briser le " plafond de verre ", de cultiver l’ambition des femmes, de leur donner l’opportunité de réaliser leurs ambitions.

Cela passe par des actions incitatives et volontaristes, par exemple, en France, la convention interministérielle pour l’égalité entre les filles et les garçons dans le système éducatif propose ainsi le plus large choix. Ou encore la contractualisation avec les secteurs professionnels, les entreprises engagés en faveur de la mixité des métiers. Cela passe par une diffusion de cette culture de l’égalité auprès des jeunes garçons autant que des jeunes filles. L’égalité, ça s’affirme, ça s’apprend. Il nous faut de ce point de vue promouvoir une éducation, une égalité qui passe aussi par les activités sportives. La découverte de son corps, le respect de l’autre, l’apprentissage des logiques de performance et de dépassement de soi, l’initiation collectif à la diversité des individus : c’est ça qui se joue dans la pratique sportive.

Diffuser une culture de l’égalité, c’est lutter aussi contre toutes les formes d’entraves.

Et quelle plus grande entrave que les violences faites aux femmes, qui imposent un contrôle de leur corps et une privation de leur liberté ?

Pour lutter contre les violences à l’école, au travail, dans la famille, notre mobilisation est totale. Elle se traduit, en 2011, par le lancement du 3e plan national de lutte contre les violences faites aux femmes (2011-2013), qui s’articule avec une nouvelle mesure pénale d’éviction du conjoint violent et comporte des volets sur la lutte contre les mariages forcés et les mutilations sexuelles féminines, en synergie avec les initiatives internationales.

Et devant l’Assemblée générale des Nations unies la France présente, aux côtés des Pays-Bas, une résolution sur l’" Intensification de l’action menée pour lutter contre toutes les formes de violences faites aux femmes ".

*

La lutte pour l’égalité des sexes, l’autonomie des femmes réclame une vigilance, une coopération de tous les pays. Il faut plus de sportives de haut niveau, plus de femmes ingénieures, plus des femmes scientifiques, plus de femmes chefs d’entreprise, plus de femmes politiques. Aucune opportunité ne doit être fermée aux femmes quelque soient leurs origines, leur milieu social, le pays dans lequel elles habitent…

Quel cadre plus légitime que celui des Nations unies pour réaffirmer ce principe porté avec force par la France. C’est un honneur pour moi que d’avoir pu en être la messagère aujourd’hui.



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