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25 septembre 2013 - Réunion ministérielle sur la santé et le développement - Intervention de M. Pascal Canfin, ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé du Développement

(Seul le prononcé fait foi)

Monsieur le Premier ministre,
Monsieur le Ministre,
Monsieur le président de la Banque mondiale,
Mme la directrice générale de l’OMS,
Mme l’administratrice du PNUD,

Nous sommes aujourd’hui très heureux d’organiser, avec le Japon, cet événement, sur un sujet qui nous est cher.

Depuis le sommet du millénaire, nous avons fait beaucoup de progrès dans le domaine de la santé. Nous nous en sommes d’ailleurs donné les moyens. Le Japon et la France ont par exemple donné ensemble plus de 5,3 milliards de dollars au Fonds mondial de lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme depuis 2001. Et, nous confirmons cet engagement : dans le contexte budgétaire difficile que vous connaissez, nous maintenons notre contribution pour les trois prochaines d’années.

Ces progrès nous les devons notamment aux trois objectifs du Millénaire qui portent directement sur la santé. L’amélioration de la santé mondiale devra donc demeurer un thème fort dans les objectifs que nous allons adopter pour l’après 2015.

Mais, malgré ces investissements conséquents, les OMD relatifs à la santé ne seront malheureusement pas atteints en 2015. C’est sans doute lié à un manque de financement, mais c’est également lié à des défis de définitions politiques de santé et d’organisation des dispositifs sanitaires dans les pays du sud.

La France souhaite donc que nous adoptions une approche plus globale du développement en santé, fondée sur 3 dimensions :

— premièrement, le droit à la santé tout au long de la vie, qui doit être garanti à tous, y compris les plus vulnérables, sans discrimination ;
— deuxièmement, l’existence de systèmes de santé robustes, conjuguant une offre de services de santé de qualité et une protection financière adéquate pour chacun ;
— troisièmement, la prise en compte les déterminants sociaux, économiques et environnementaux qui conditionnent l’amélioration de l’espérance de vie en bonne santé.

Ces trois dimensions correspondent à l’objectif de couverture sanitaire universelle, que la France et le Japon proposent d’adopter, en tant qu’objectif englobant de développement en santé pour l’après 2015. Cet objectif est clairement défini : il s’agit d’assurer l’accès de tous, sans discrimination et sans risque d’appauvrissement, à des services de santé de qualité. Il s’agit de permettre un financement durable, donc pérenne, à même de renforcer les systèmes de santé. C’est un objectif englobant, répondant aussi bien aux défis sanitaires liés aux maladies transmissibles que non transmissibles, ou encore aux besoins spécifiques en matière de santé sexuelle et reproductive.

C’est un objectif universel et dynamique, puisque tous les pays peuvent progresser vers la couverture sanitaire universelle.

C’est également un objectif mesurable, à travers les indicateurs de l’OMS et de la Banque mondiale, tels que la part des paiements directs en santé ou le taux d’accouchements assistés par du personnel qualifié. Nous devrons décliner ces indicateurs par sexe, âge et par niveau de revenu, pour réduire les discriminations.

La couverture sanitaire universelle est enfin un objectif opérationnel qui contribue à la réduction de la pauvreté, qui est bien sur une priorité des pays en développement. La France a d’ailleurs répondu à l’appel de six pays du Sahel désireux d’engager la transition vers une couverture sanitaire universelle, en affectant en 2013 une partie des recettes de la taxe française sur les transactions financières au financement de mécanismes d’exemption de paiement des soins pour les enfants du Sahel.

Mais la santé ne peut pas être abordée de façon isolée. Elle est fortement dépendante des progrès accomplis dans d’autres secteurs du développement, tels que la sécurité alimentaire, l’éducation, l’égalité femmes-hommes, ou l’accès amélioré à l’eau potable et à l’assainissement. La santé des populations est gravement mise en danger par des modes de production et de consommation non durables. Par exemple, le changement climatique provoque un risque accru de catastrophes naturelles et dissémine des vecteurs infectieux. La pollution de l’air, de l’eau et des sols, ainsi que la gestion irrationnelle des produits chimiques et des déchets constituent des menaces sérieuses pour la santé publique. Le fardeau croissant des maladies non transmissibles est étroitement liée à la production, commercialisation et publicité de substances addictives et d’aliments malsains, combinées à des modes de vie sédentaires et consuméristes. C’est pourquoi il est impératif de s’intéresser aux déterminants sociaux, économiques et environnementaux de la santé à travers un indicateur d’impact du développement durable qui pourrait être l’espérance de vie en bonne santé.

Vous pouvez compter sur la France pour faire de la couverture sanitaire universelle une priorité de la discussion sur l’agenda post 2015. Je sais que je peux compter sur votre mobilisation et votre capacité de conviction.



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