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27 juin 2013 - Définir le cadre de développement durable pour l’après 2015 avec les populations les plus défavorisées - Intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Évènement organisé par la France et ATD Quart-monde pour définir l’agenda du développement après 2015

Crédit photo : Franceonu


Bonjour à toutes et à tous,

ATD Quart Monde essaie de relever un défi que nous jugeons tous prioritaire mais savons aussi très difficile : celui de donner la parole aux plus démunis et nous associer à la définition de l’agenda post-2015. C’est une question essentielle naturellement pour le respect de la dignité de la personne humaine, mais également dans une perspective d’efficacité du futur agenda du développement. C’est donc dans cette double logique que le gouvernement français soutient l’étude qui est menée par ATD Quart Monde.

Nous savons en effet que nous ne pouvons pas re-répliquer simplement le processus d’élaboration des OMD, qui n’avaient pas associé les populations concernées. Ces OMD, malgré toutes leurs qualités, on pu créer des effets de seuil défavorables aux plus démunis. Relatifs, non absolus, ces objectifs ont pu conduire à focaliser les politiques sur les populations qui se situent à proximité du seuil de pauvreté et qui peuvent donc le dépasser rapidement, et cela au détriment des populations les plus démunies. Donc de manière paradoxale, les OMD ont pu contribuer parfois à l’exclusion des plus pauvres et à certaines politiques d’aveuglement. Il est donc capital que dans le cadre du développement pour l’après 2015, l’élimination pure et simple de l’extrême pauvreté figure au premier plan.

Dans ce contexte, l’ensemble des acteurs, en particulier les plus fragiles, doivent avoir leur mot à dire. Et c’est dans cette perspective qu’en France même, nous menons une consultation continue avec la population civile, notamment à la suite du lancement des assises du développement et de la solidarité internationale, qui ont été conduites de novembre 2012 à mars 2013, à travers la société française.

Le rapport d’ATD nous rappelle que si l’accélération de la mondialisation a conduit à l’émergence rapide de certains pays, elle s’est aussi accompagnée d’un creusement des inégalités entre les pays et à l’intérieur même des pays. Les pays développés ne sont pas épargnés. C’est d’ailleurs une réalité qui a conduit la France à l’adoption d’un plan quinquennal contre la pauvreté, afin de promouvoir l’accès au logement pour les plus vulnérables, favoriser l’emploi des jeunes et accroître la couverture maladie, car même dans les pays industrialisés, je le répète, la pauvreté est de plus en plus prégnante.

Mais le rapport d’ATD met en exergue un second élément essentiel pour les autorités françaises : le lien entre l’éradication de l’extrême pauvreté et la préservation de l’environnement. Les plus défavorisés sont aussi les plus vulnérables à la dégradation de l’environnement et ce constat invalide l’argument qu’on entend souvent pour retarder l’action face aux défis environnementaux : il faudrait d’abord se focaliser sur les enjeux économiques et sociaux avant de s’attaquer à soutenabilité environnementale.

Cette vision n’est pas la notre. Le rôle de la croissance économique dans la lutte contre la pauvreté est indéniable. Mais notre principal défi aujourd’hui consiste à rendre cette croissance économique plus soutenable pour les hommes et pour la planète. Nous n’avons pas d’autre choix pour garantir en 2030 à tous une vie digne et les mêmes opportunités, que de nous engager dans la transition vers des modèles de croissance, de production et de consommation plus durables, et donc plus justes, plus stables et raisonnables.

Cela nous amène à placer au centre de la définition de l’agenda post-2015 la notion de développement durable, avec ses trois piliers indépendants : l’économique, l’environnemental et le social. Et c’est d’ailleurs l’accord de Rio+20 à cet agenda à travers la reconnaissance de l’utilité d’objectif de développement durable universel. La notion d’objectif de développement durable universel ne signifie pas que nous perdions de vue l’éradication de la pauvreté. Les autres enjeux que nous souhaitons aussi voir pris en compte dans cet agenda, tels que les inégalités, l’inclusion sociale, les changements de mode de consommation et de production et les atteintes à l’écosystème, sont essentielles pour éradiquer la pauvreté. Et les différents rapports de suivi des OMD l’ont clairement souligné.

Une action en faveur de l’énergie durable pour tous, du droit à l’eau potable, à l’assainissement, sont à l’évidence des armes de choix dans la lutte contre la pauvreté et qui sont également de développement durable. La durabilité est donc une réponse à la lutte contre l’extrême pauvreté, c’est le fondement de la position française dans la définition du futur agenda du développement.

Je vous remercie.


Cliquer ici pour télécharger le programme (en anglais) de cet évènement.

En savoir plus sur les Objectifs du millénaire pour le développement et l’Agenda pour le développement post-2015.



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