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28 février 2011 - 56ème session de la Commission de la condition de la femme - Evènement parallèle : « Les jeunes filles : maîtrise du corps et accès au développement » - Intervention de Mme Roselyne Bachelot-Narquin, ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale

Madame la Ministre, Chère Sihem BADI

Mesdames et messieurs,

Je tiens tout d’abord à remercier chaleureusement Madame la Ministre de la République de Tunisie d’avoir accepté notre invitation à coprésider cet atelier parallèle à la Commission de la condition de la femme.

C’est un privilège pour nous toutes et nous tous de pouvoir entendre une personnalité politique directement issue d’un mouvement révolutionnaire, pacifique et qui a parfaitement réussi sa transition démocratique. Cette histoire politique récente force l’admiration et nous interpelle d’autant plus qu’il était alors question d’égalité des droits et de dignité. Et comme toujours lorsque ces valeurs sont bafouées, les femmes sont en première ligne pour les reconquérir. Ce fut le cas en 2010 et 2011, et vous nous en parlerez très certainement, chère Sihem BADI.

Réaffirmons-le donc, la maîtrise par les jeunes filles de leur corps est non seulement un droit fondamental consacré par les Nations Unies mais également un enjeu majeur de développement social et économique.

I- La prise en compte de cet enjeu est de plus en plus forte au niveau international :

C’est ce qu’illustre notamment la création de la Task Force « Adolescent Girls » des Nations Unies en 2007.

Dans la même perspective, les Nations Unies ont décidé, en décembre 2011, de dédier aux jeunes filles une journée internationale, le 11 octobre. La France a coparrainé la Résolution instituant cette Journée.

Il faut rappeler que maîtriser leur corps est une condition essentielle pour les jeunes filles afin d’accéder à une éducation complète, à une formation, à une sexualité choisie et protégée et à une diminution des risques de mortalité maternelle.

Le nombre de grossesses précoces, non planifiées, demeure préoccupant à travers le monde. Elles conduisent des millions de jeunes filles à subir un avortement clandestin, à l’origine de nombreux décès.

On estime aujourd’hui à 60 millions le nombre de jeunes filles mariées dans le monde avant l’âge de 18 ans. Les grossesses précoces qui les suivent augmentent sensiblement les risques de mortalité maternelle.

Face à ce constat, nous devons agir avec détermination :

— Tout d’abord, en favorisant leur accès à l’éducation, à la formation professionnelle. Selon l’UNESCO en 2010, sur les 130 millions de jeunes dans le monde non scolarisés, 54 % sont des filles.

Or, l’éducation est un préalable primordial pour accéder à la planification familiale et aux soins de santé maternelle et reproductive.

Atteindre cet objectif est au cœur de la politique internationale de la France :

C’est ainsi qu’entre 2011 et 2015, la France va investir 500 millions d’euros pour renforcer l’accès des femmes et des filles aux services de planification familiale et de santé reproductive, en partenariat avec plusieurs agences des Nations Unies comme ONU Femmes, le Fond des Nations Unies pour la Population et l’UNICEF.

Plus de la moitié des bénéficiaires de ces programmes sont des femmes qui vivent en milieu rural.

— Nous devons également agir en luttant contre la pauvreté qui freine l’accès aux droits et favorise le recours à la prostitution.

— En favorisant l’inscription à l’état civil des enfants.

— En luttant contre les mariages précoces, les mariages forcés, et toutes les formes de violences faites aux jeunes filles et aux femmes.

Le Parlement français s’est également saisi de cette problématique en organisant un sommet de sensibilisation en mai 2011 (« Les jeunes filles, leviers oubliés du développement »).

Je tiens à rendre hommage au Planning familial ici présent pour sa contribution à ce sommet.

II- Au niveau national, notre action en direction des jeunes filles s’inscrit dans une politique publique d’égalité entre les femmes et les hommes

En ratifiant la convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF), la France s’est engagée à assurer aux filles et aux femmes des droits égaux à ceux des garçons et des hommes dans tous les domaines de la vie.

Nous agissons principalement sur 3 axes :

1/ Premier axe : La lutte contre toutes les formes de violences faites aux femmes et aux jeunes filles

Le plan interministériel 2011-2013 de lutte contre les violences faites aux femmes que je pilote élargit l’action des pouvoirs publics à d’autres violences que les seules violences commises au sein du couple : les viols et les agressions sexuelles, les violences au travail, les mariages forcés, les mutilations sexuelles, la prostitution et la polygamie.

2/ Deuxième axe : l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes dans le monde du travail

— Nous agissons très tôt sur l’orientation scolaire en proposant le plus large choix à toutes les filles et à tous les garçons.

— L’Etat soutient également financièrement les femmes qui veulent créer leur entreprise.

— Nous cofinançons avec les entreprises des actions en faveur de l’égalité professionnelle.

— Egalement en favorisant le développement des modes de garde des enfants

— Le respect de l’égalité professionnelle dans le monde du travail est par ailleurs encouragé à travers le Label égalité qui récompense les entreprises qui ont des démarches très allantes dans le domaine de l’égalité professionnelle.

— Enfin, nous avons récemment renforcé nos dispositifs de sanctions : depuis le 1er janvier dernier, les entreprises qui ne mettent pas en place des mesures pour favoriser l’égalité professionnelle encourent une sanction pouvant aller jusqu’à 1 % de la masse salariale. Il s’agit d’un mécanisme unique en Europe.

3/ Notre 3ème axe d’action concerne la lutte contre les stéréotypes de genre car comme vous le savez, les jeunes filles en sont les premières victimes

— Une convention interministérielle permet de diffuser, très tôt, auprès des filles et des garçons, une culture de l’égalité.

— J’ai lancé au mois de janvier dernier la campagne nationale de lutte contre le harcèlement lié notamment aux violences sexistes à l’école.

— L’éducation à l’égalité passe aussi par la pratique sportive dont nous connaissons les vertus

— De manière plus générale, la culture de l’égalité doit irriguer l’ensemble de la société pour faire évoluer les mentalités.

C’est pourquoi j’ai confié une mission parlementaire sur l’hyper sexualisation des enfants notamment dans la publicité afin de mieux sensibiliser les parents et la communauté éducative.

Dans la même perspective, une charte sur l’image des enfants dans les médias vient d’être signée, notamment en vue de combattre "l’hyper sexualisation" des petites filles.

Il est de notre devoir de protéger nos enfants et leur avenir en mettant pleinement en œuvre tous leurs droits.

C’est une préoccupation commune à toutes les sociétés.

C’est à cette condition qu’elles peuvent devenir de véritables actrices du développement économique, social et politique de leurs pays.

Je vous remercie.



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