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3 octobre 2013 - Dialogue de haut niveau sur les migrations internationales et le développement - Intervention de M. Jean-Marc Chataigner, Directeur général adjoint de la mondialisation au ministère des Affaires étrangères

Session plénière

(seul le prononcé fait foi)

M. Jean-Marc Chataigner, Directeur général adjoint de la mondialisation au ministère des Affaires étrangères, lors de la session plénière du dialogue de haut niveau sur les migrations internationales et le développement
New York - 3 octobre 2013 - Franceonu photo


Si nous sommes là aujourd’hui c’est parce que nous sommes tous conscients de l’importance de l’enjeu des migrations pour le développement. Depuis le dernier Dialogue de 2006, la mobilité régionale et internationale s’est encore accrue. Cela constitue à la fois un défi et des opportunités pour les pays de départ, de transit et d’accueil des migrants.

Du côté des opportunités, les migrations ont indéniablement contribué à l’atteinte d’un grand nombre d’objectifs du millénaire pour le développement. Les transferts d’argent des migrants peuvent être dirigés vers des investissements productifs et créer des emplois. Ils assurent aussi une fonction essentielle de protection sociale. Les migrants portent aussi avec eux des idées, des normes et pratiques nouvelles qui transforment pays d’accueil et d’origine.

Du côté des défis, l’essor des migrations sud-sud constitue un enjeu pour le développement de pays dont les ressources domestiques doivent encore être plus largement mobilisées au service de leur développement.

Consciente des enjeux de cette nouvelle donne migratoire, la France a rénové sa politique de migrations et de développement.

La politique française de migrations et développement a comme fil conducteur l’édification d’un partenariat pour le développement avec les organisations de la diaspora, les autorités des pays d’origine, le secteur privé et la société civile. Cette politique se décline en quatre axes complémentaires :

— soutenir le potentiel de solidarité des migrants (notamment en aidant les associations issues des diasporas à mener des projets) ;
— soutenir le potentiel d’investissement des migrants (en cofinançant des projets de développement) ;
— renforcer les capacités des pays du Sud à intégrer la mobilité et la migration dans leurs stratégies nationale et locales de développement ;
— contribuer aux dialogues internationaux et à la production de connaissances.

L’Agence française de développement a par exemple appuyé le royaume du Maroc dans sa définition d’une politique publique d’appui à l’investissement productif de la diaspora. Ces investissements ne concernent que 20% en moyenne des transferts mais ont un impact potentiellement très fort sur le développement, car ils répondent aux préoccupations essentielles des Etats : améliorer l’accessibilité financière, et créer des emplois.

La France a aussi confié à l’Etat sénégalais la mise en œuvre d’un projet intitulé PAISD pour cofinancer avec les migrants des projets de développement local, accompagner des promoteurs sénégalais établis en France, mobiliser la diaspora hautement qualifiée, et contribuer au désenclavement numérique des régions périphériques. Depuis 2009, 92 projets d’infrastructures ont ainsi été financés pour un montant de 10 millions d’€, et 262 entreprises ont été créées, pour un investissement de 3 millions d’€.

3/ Forte de cette expérience, la France que le rôle des migrants dans le développement de leur pays d’origine soit pleinement reconnu dans le cadre des objectifs du développement durable que nous avons commencé de discuter. Comment ? Sans doute pas par l’adoption d’un objectif spécifique, mais par une insertion transversale de l’enjeu des migrations dans l’agenda post-2015.

Cette insertion pourrait se traduire par l’élaboration de cibles spécifiques liées aux migrations, qui s’appliqueraient à chaque grand objectif thématique du prochain agenda (santé, éducation, emploi notamment).

La reconnaissance de l’apport des migrants et des migrations dans l’agenda post-2015 doit aussi passer par un partenariat renouvelé sur les questions migratoires. La France plaide ainsi pour la poursuite de la coopération internationale amorcée dans le cadre du G8 et du G20, pour accroître et faciliter les flux financiers des migrants à destination des pays en développement et en diminuer les coûts moyens.

Enfin, la France et les autres membres de l’Union européenne sont convaincus que la défense des droits fondamentaux des migrants, quel que soit leur statut, doit demeurer une priorité transversale de toute politique.

La traite des êtres humains constitue une violation flagrante des droits de l’Homme et doit à ce titre être combattue avec sévérité conformément aux normes internationales en vigueur.

La situation des migrants pris dans des situations de crise est un autre sujet d’inquiétude pour nos politiques. La France salue à ce titre l’action de l’Organisation Internationale des Migrations en leur faveur dans les crises récentes de Libye, Somalie, Mali et Syrie et assure l’organisation de son soutien.

En savoir plus sur Migrations et développement.



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