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4 octobre 2013 - Dialogue de haut niveau sur les migrations internationales et le développement - Intervention de M. Jean-Marc Chataigner, Directeur général adjoint de la mondialisation au ministère des Affaires étrangères

Table ronde n°3 : « renforcer les partenariats et la coopération sur la migration internationale, les mécanismes pour intégrer effectivement la migration dans les politiques de développement et promouvoir la cohérence à tous les niveaux »

(seul le prononcé fait foi)

1) L’enjeu des migrations dépasse le cadre national, et appelle de ce fait un partenariat régional et international pour répondre aux attentes des migrants, des Etats d’immigration et d’émigration.

Or, ce partenariat existe déjà en la forme du Dialogue de haut niveau, du Forum mondial sur les migrations international, et des Forums régionaux. Ce cadre n’est pas parfait. On peut déplorer le manque de résultats concrets. Cependant, il faut mesurer les progrès accomplis depuis la première conférence internationale sur la population et le développement du Caire de 1994. Il existe maintenant un espace de concertation sur les migrations internationales qui influence l’agenda du développement. La preuve : les débats initiés et à poursuivre sur le rôle des migrants et des migrations dans l’agenda post-2015.

La France souhaiterait à ce titre saluer les progrès accompli par les différents Forums sur la migration et le développement, qui ont permis d’identifier de nombreuses pratiques et politiques susceptibles de maximiser les aspects positifs de la migration sur le développement et d’en minimiser les externalités négatives.

2) Il faut maintenant prolonger et renforcer le Forum. La France soutient les initiatives de la présidence suédoise en la matière, notamment l’idée d’un programme de travail pluriannuel, et la constitution d’un réseau international d’expertise en matière de migrations et développement.

La France souhaiterait aussi souligner l’importance des partenariats régionaux qui permettent à des pays concernés par les mêmes mouvements migratoires de se fixer un agenda commun. La France soutient ainsi le processus de Rabat qui existe depuis 2006, et qui s’est conclu par l’adoption par les pays africains et de l’Union européenne d’une stratégie commune en matière de migrations et développement.

3) Il n’y a pas de démarche partenariale sans dialogue avec la société civile. La France plaide pour une concertation régulière avec tous ses acteurs, en particulier les représentants de la diaspora, dans les cadres nationaux et internationaux.

A l’échelle nationale, l’échange de bonnes pratiques est sans doute la méthode la plus utile pour avancer. Pour ce qui concerne la France, nous avons créé une fédération des associations de solidarité internationale issues de l’immigration, le FORIM, en 2002. Elle regroupe aujourd’hui environ 700 associations intervenants au Maghreb, en Afrique subsaharienne, en Asie du Sud Est, et dans les Caraïbes. Il s’agit d’une structure faîtière dont l’un des vocations est d’aider les diasporas à se structurer et formuler des projets de développement dans les pays d’origine. Pour ce faire, le FORIM reçoit un soutien public sous une forme originale : depuis 2003, il lance un appel à projets (le PRA-OSIM) qui permet tout à la fois de cofinancer des petits projets d’associations de migrants et d’aider à leur structuration (sur l’ensemble de la période 2003-2012, 149 projets portant sur 21 pays ont été financés pour plus de 2 millions d’€).

C’est au nom de cette même conviction, celle que les acteurs de la société civile sont des acteurs à part entière du développement, que la France soutient la participation des ONG en marge du Forum mondial sur les migrations et le développement.

4) La reconnaissance de la richesse qu’apportent les migrants à leurs pays d’origine est essentielle. C’est la condition première de mise en œuvre d’une stratégie de mobilisation des diasporas que les pays d’origine devraient mettre en place. En effet, nous savons que l’essentiel des mouvements migratoires se fait dans le sens Sud-Sud ; et donc que l’essentiel des diasporas réside dans la sous-région de leur pays d’origine. C’est pourquoi la France a retenu comme l’un des quatre piliers de sa nouvelle politique « migrations et développement », l’appui aux pays d’origine dans la définition et la mise en place de telles stratégies./.


En savoir plus sur Migrations et développement.



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