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7 février 2013 - 51ème session de la Commission du développement social - Intervention de Mme Marie-Christine Coent, ministère des affaires sociales et de la santé

"Promouvoir l’autonomisation dans les domaines de l’élimination de la pauvreté, de l’intégration sociale, du plein emploi et d’un travail décent pour tous"

Madame la Présidente,

La France vous félicite pour votre élection et remercie le Secrétaire général pour le rapport présenté.

S’associant à la déclaration prononcée au nom de l’Union européenne, elle se félicite que le thème prioritaire de la 51ème session de la Commission du développement social permette d’examiner la question de l’autonomisation pour favoriser l’élimination de la pauvreté, l’intégration sociale, et l’accès à un emploi décent pour tous.

Favoriser l’autonomisation, c’est, comme le souligne le rapport du Secrétaire général, renforcer les capacités de chaque individu pour lui permettre de participer pleinement à tous les aspects de la société. Une telle participation nécessite de bâtir des politiques ou institutions qui renforcent le développement social et humain, en favorisant l’inclusion de tous, y compris les personnes les plus vulnérables, dans la société et dans l’économie.

L’autonomisation et l’intégration sociale, cela passe d’abord par l’accès à un emploi et en particulier pour les groupes les plus vulnérables, comme les jeunes.

C’est une question cruciale pour de nombreux pays, au Nord comme au Sud. Il s’agit de faire face au fléau du chômage auquel sont confrontés trop de jeunes ou de personnes vulnérables, souvent contraintes de surcroit se tourner vers l’économie informelle où les salaires sont plus faibles, les conditions de travail moins favorables et où il n’y a aucune protection sociale.

Agir en faveur de l’emploi constitue une priorité dans l’agenda international. Ainsi, l’adoption du Pacte mondial pour l’emploi à l’OIT en 2009, ou encore « l’Appel à l’action », lancé à la Conférence internationale de juin dernier, pour combattre la crise de l’emploi des jeunes, constituent des signaux forts. Il nous appartient maintenant de les concrétiser. La poursuite des travaux de la Task force sur l’emploi par la Présidence russe du G20 avec comme priorités la lutte contre le chômage structurel et l’emploi des personnes vulnérables, traduit également la nécessité de rééquilibrer la croissance en faveur de l’emploi pour tous.

L’Europe est également mobilisée en faveur de l’emploi, qui constitue un axe essentiel de la stratégie Europe 2020. Dans ce cadre, l’emploi des jeunes constitue également une priorité.

C’est également une priorité en France où, pour favoriser l’emploi, deux mesures ont été lancées : les emplois d’avenir et les contrats de génération.

Les emplois d’avenir s’adressent aux jeunes qui ne sont ni dans l’emploi, ni en formation et qui n’ont ni diplôme ni qualification. Des aides ciblées permettront à ces jeunes en grande difficulté d’avoir un emploi dans le secteur non marchand comme les coopératives ou les associations. Il s’agit de leur permettre d’acquérir une première expérience professionnelle assez longue, avec un accompagnement et une formation, pour leur donner toutes les chances de trouver ensuite un emploi dans le secteur marchand. Avec les contrats de génération, il s’agit de favoriser l’accès des jeunes à l’emploi tout en maintenant des seniors dans l’entreprise, en aidant les entreprises qui embauchent durablement un jeune, encadré par un tuteur senior de plus de 57 ans.

Madame la Présidente,

Favoriser l’autonomisation, c’est donner des perspectives d’inclusion sociale durable au travailleur et à sa famille, c’est lui assurer un travail décent, qui garantit notamment le respect des droits et l’accès à la protection sociale.

La protection sociale est un facteur essentiel d’autonomisation et de résilience : il faut un minimum de sécurité face aux différents aléas de la vie, pour pouvoir s’adapter et tirer parti des opportunités économiques. De plus, la protection sociale joue un rôle d’amortisseur des crises tout en contribuant à soutenir la croissance, notamment en maintenant la demande.

Des progrès important ont été accomplis ces dernières années pour favoriser le développement de la protection sociale, y compris à travers le soutien à la mise en place de socles de protection sociale. A ce titre, la France se félicite de l’adoption, à la dernière Conférence internationale du travail, d’une Recommandation sur les socles nationaux de protection sociale. Il s’agit de favoriser l’accès de tous à des prestations sociales, définies et adaptées aux situations nationales, y compris pour pouvoir répondre aux besoins essentiels des différents groupes les plus vulnérables. A cet effet, la Recommandation souligne, c’est important, la nécessité de couvrir les personnes relevant tant de l’économie formelle que de l’économie informelle, de soutenir la croissance de l’emploi formel et la réduction de l’informalité, mais également d’inscrire le développement de la protection sociale dans les plans de développement économique des Etats.

Madame la Présidente,

La communauté internationale et les Etats doivent combiner leurs efforts et initiatives pour favoriser la mise en œuvre de politiques et institutions favorisant l’accès de tous à l’emploi et à la protection sociale, vecteurs essentiels d’autonomisation. Dans ce cadre, les partenaires sociaux, les ONG et l’ensemble des acteurs pertinents de la société civile ont un rôle déterminant à remplir pour susciter et accompagner ces démarches de progrès dans les pays et au niveau mondial.

Pour conclure la France souhaite rappeler l’importance qu’elle attache au suivi des progrès dans la mise en œuvre des programmes et plans d’action des différents groupes sociaux à la Commission du développement social. Il s’agit d’instruments essentiels pour garantir aux plus vulnérables la pleine jouissance de tous leurs droits humains et libertés fondamentales.



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