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8 janvier 2014 - Groupe de travail ouvert sur les ODD - « Villes et établissements humains durables, transports durables » - Intervention de M. Jean-Marc Chataigner, Directeur général adjoint mondialisation, développement et partenariats au ministère des Affaires étrangères

Messieurs les Présidents, Excellences, Chers collègues,

J’ai l’honneur de m’exprimer également au nom de l’Allemagne et de la Suisse. Je tiens tout d’abord à remercier l’équipe des Nations Unies pour son document thématique qui nous éclaire sur les questions essentielles des modes de consommation et de production durables et des déchets et produits chimiques.

Au vu des perspectives démographiques et de la demande croissante en ressources, nos modes de consommation et de production actuels, au Nord comme au Sud, hypothèquent nos efforts en matière d’éradication de la pauvreté et de développement durable, que ce soit dans les domaines de l’énergie, de la santé, de la sécurité alimentaire, de l’eau ou encore du changement climatique. Les chefs d’Etat et de gouvernements ont ainsi reconnu les modes de consommation et de production durables comme une des conditions essentielles du développement durable dans le Plan de mise en œuvre de Johannesburg et le document final de Rio+20. La transition vers des modes de consommation et de production plus durables sera essentielle pour permettre le découplage de la croissance économique et de l’utilisation des ressources, et pour assurer à la fois la préservation de la biodiversité et des écosystèmes et la promotion d’une croissance verte, inclusive et équitable. La définition de l’agenda post-2015 constitue une opportunité unique de prendre en compte les limites de la planète et de rendre l’utilisation de nos ressources plus efficace et moins dommageable à l’environnement. L’intégration transversale des modes de consommation et de production durables dans les objectifs que nous définissons ici permettra également de concilier véritablement progrès social, développement économique et protection de l’environnement.

La recherche de durabilité est en effet positive pour la croissance économique. Le développement de ces nouveaux modes de production et de consommation permet en effet la création d’emplois et la réduction des inégalités – c’est le cas, par exemple, du tourisme durable, qui lie distribution plus équitable des bénéfices et meilleure protection des écosystèmes –. Il stimule l’innovation, le progrès technique, la diversification de l’offre et l’invention de nouveaux processus de production, bénéfiques au producteur. Des modes de consommation et de production renouvelés passent par des instruments variés – des initiatives impliquant les autorités locales et la société civile aux instruments de régulation fondés sur l’incitation économique –. Une économie plus circulaire contribuerait en outre à éliminer les pertes, et donc les coûts qui y sont liés, tout au long de la chaîne. Enfin – et il s’agit là d’un aspect fondamental –, le renouvellement de nos modèles économiques sera propice aux transferts de technologies innovantes vers les pays les moins avancés. L’importance de ces enjeux et les bénéfices que nos économies, au Nord comme au Sud, peuvent trouver dans la durabilité nous incitent donc à promouvoir l’utilisation efficace des ressources, la sobriété et l’innovation technologique dans les modes de consommation et de production. Il apparaît par conséquent nécessaire, s’appuyant notamment sur le travail fourni par le Cadre décennal pour les modes de consommation et de production durables (10YFP) et les recherches du Panel international sur les ressources (IRP), d’intégrer pleinement les modes de consommation et de production durables dans les différents domaines du développement : l’énergie, la santé et la sécurité alimentaire, cela va sans dire, mais aussi, l’eau et l’assainissement, le changement climatique ou encore l’éducation et la formation, afin de faire de la durabilité un élément constitutif de nos économies. Cette approche transversale doit également être adoptée pour la gestion rationnelle des produits chimiques et déchets dangereux qui, si elle est intrinsèquement liée à quête de la durabilité, mérite d’être mieux intégrée, dans les différents secteurs du développement durable. Les produits chimiques se trouvent dans tous les produits que nous consommons et sont omniprésents dans notre quotidien. En effet, certains produits chimiques et déchets, mal gérés, s’accompagnent de risques significatifs sur l’environnement et la santé humaine, particulièrement chez les populations les plus vulnérables. Ainsi, chaque année des millions de personnes se retrouvent en situation de handicaps suite à l’exposition à des produits chimiques dangereux. La bonne gestion des produits chimiques et des déchets, comme soulignée dans le Plan de mise en œuvre de Johannesburg et le document final de Rio+20 est cruciale pour atteindre un développement durable. Aux principes d’une consommation et production plus durables doivent donc s’ajouter des stratégies transversales axées sur la prévention des risques, la promotion d’alternatives non-chimiques aux substances dangereuses et une prise en compte plus transversale des produits chimiques dans la définition des politiques publiques.

Des modes de consommation et de production plus durables, y compris l’utilisation efficace des ressources et les produits chimiques et déchets sont essentiels à l’agenda post-2015, pour contribuer à l’éradication de la pauvreté et atteindre un développement durable.

Je vous remercie grandement pour votre attention.

En savoir plus sur le développement durable : http://www.franceonu.org/la-france-...



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