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29 septembre 2009 - Conseil de sécurité : Côte d’Ivoire - Intervention de M. Alain Joyandet, secrétaire d’Etat à la Coopération et à la Francophonie

Madame la Présidente,
Monsieur le Ministre,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Monsieur le Représentant spécial du Secrétaire général,
Mesdames et Messieurs,

Avant de parler de la Côte d’Ivoire, je tiens à faire part de l’émotion de la France, de notre indignation, à la suite des incidents de Conakry où les militaires ont tiré sur une foule pacifique tuant et blessant plusieurs dizaines de personnes. La situation là bas est particulièrement préoccupante.

Je reviens, Madame la Présidente, à la situation en Côte d’Ivoire.

Je souhaite tout d’abord vous remercier, Madame la Présidente, d’avoir organisé cette réunion ministérielle sur la Côte d’Ivoire. Je remercie aussi le Ministre du Burkina Faso pour son intervention et pour son action résolue, aux côtés du Président Compaoré, pour faciliter le processus de paix dans ce pays.

Nous sommes en effet désormais dans une période décisive pour la bonne tenue du scrutin présidentiel, dont la date a été fixée par les Ivoiriens eux-mêmes au 29 novembre prochain. Cette élection est attendue par les Ivoiriens comme par l’ensemble de la communauté internationale, comme l’a rappelé la résolution 1880 du Conseil de Sécurité du 30 juillet dernier.

La déclaration que vous venez de prononcer, Madame la Présidente, et notre réunion d’aujourd’hui, nous permettent de rappeler l’importance que nous attachons tous, collectivement, à la tenue de cette élection, et ceci dans les meilleures conditions de démocratie et de sécurité. Elle vise également à assurer la Côte d’Ivoire de l’attention, du soutien et de la mobilisation de l’ensemble de la communauté internationale -et de la France en particulier- dans cette perspective.

Madame la Présidente,

Des progrès ont été réalisés, qui incitent à l’optimisme sur la volonté des parties ivoiriennes de clore le chapitre de la crise en se préparant à une élection. J’en vois au moins trois :


- D’abord, les opérations d’enregistrement sont achevées depuis le 30 juin dernier, et l’identification des populations suit son cours.


- Ensuite la période de dépôt des dossiers de candidature auprès de la Commission électorale indépendante est ouverte depuis le 26 août. Plusieurs candidatures ont déjà été déposées. ". Je veux témoigner qu’à la suite de ma visite sur place, je confirme qu’une ambiance de campagne électorale existe sur le terrain.


- Enfin, les déclarations des différents acteurs politiques et techniques affirmant leur attachement et leur détermination à aller à l’élection sont à saluer. Je relève que le Président GBAGBO a indiqué le 25 septembre à la tribune de l’Assemblée générale que " le processus était entré dans une phase irréversible

Les engagements des différents acteurs ivoiriens doivent désormais se traduire sur le terrain par de nouveaux progrès décisifs du processus électoral dans les délais annoncés. Cela passe en premier lieu par la publication de la liste électorale provisoire. Cette publication, prévue pour le 29 août dernier, a déjà été reportée deux fois, à la mi-septembre puis au début octobre 2009 et les ordonnances du 25 août 2009 prévoient la possibilité que les listes électorales provisoires et définitives soient publiées respectivement d’ici au 31 octobre et enfin au 15 novembre.

Le retard dans la publication de la liste provisoire ne serait pas problématique si la qualité de la liste permettait de gagner du temps dans les étapes ultérieures. Il est cependant préoccupant parce qu’il constitue une entorse au calendrier électoral et un facteur de risque pour l’ensemble du processus.

Le processus électoral ne doit pas marquer le pas, mais progresser résolument dans le respect des procédures. J’invite donc les acteurs techniques et politiques à tout mettre en œuvre pour publier une liste électorale crédible et de qualité dans les meilleurs délais, et, cela va de soi, sans raccourci préjudiciable à la sincérité du scrutin. Une liste électorale acceptée par tous est en effet essentielle au bon déroulement de ce scrutin.

Par ailleurs, la sécurisation des élections est essentielle pour le bon déroulement d’un scrutin libre, transparent et démocratique. Si des avancées récentes ont été enregistrées et les premiers déploiements d’unités mixtes sous commandement intégré ont débuté, il est important que les parties ivoiriennes trouvent des solutions concrètes pour progresser encore sur ces questions d’ici au 29 novembre. Les élections présidentielles sont en effet la première priorité, sans pour autant perdre de vue les objectifs essentiels que sont, à plus long terme, la restauration effective de l’autorité de l’Etat et le redéploiement de l’administration sur l’ensemble du territoire.

Madame la Présidente,

Les Ivoiriens ne sont pas seuls dans leurs efforts. Ils peuvent compter sur le soutien de la communauté internationale, et naturellement sur la France, sur le Secrétariat des Nations Unies et, à Abidjan, sur le Représentant Spécial du Secrétaire général des Nations Unies en Côte d’Ivoire, M. Choi, auquel nous réaffirmons tout notre soutien. Son rôle de certification du processus électoral est crucial pour garantir la sincérité du scrutin. Je rappelle que notre Conseil a prévu que M. Choi certifierait de façon explicite la liste électorale. L’ONUCI, sous sa direction, apporte une assistance logistique et sécuritaire renforcée aux autorités ivoiriennes à l’approche de l’élection.

La France réaffirme également son soutien au Facilitateur, le Président Compaoré du Burkina Faso, dont le rôle est essentiel pour encourager les parties ivoiriennes à surmonter les obstacles. La récente visite du Président Compaoré en Côte d’Ivoire a permis, outre un raffermissement des liens entre les deux pays, dont nous nous félicitons, d’affirmer à nouveau une large convergence de vues sur la nécessité d’avancer dans la préparation de l’élection.

La France se tient, comme toujours, résolument mobilisée aux côtés de la Côte d’Ivoire en cette période clé pour l’avenir du pays. La tenue, dans les meilleurs délais, d’une élection incontestable est une condition essentielle de la sortie de crise et d’une paix et stabilité durables pour le pays, comme pour l’ensemble de la sous-région.

Madame la Présidente,

Les obstacles techniques et logistiques sont nombreux et cela n’a rien d’étonnant après tant d’années de crise. Ces obstacles cependant ne seront surmontés que par la volonté politique des parties ivoiriennes elles-mêmes.

Les Nations Unies sont très engagées aux côtés de la Côte d’Ivoire, mais le Conseil de sécurité ne pourrait pas soutenir indéfiniment un processus de sortie de crise sans élection et le maintien de plus de 8000 personnels civils et militaires.

L’élection présidentielle de 2009 constituera donc un véritable test de crédibilité aux yeux du Conseil de sécurité et de la communauté internationale tout entière. Je veux souligner ici que la Côte d’Ivoire a les capacités de relever ce défi et de tourner, enfin, une page douloureuse de son histoire.

Je vous remercie ./.



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