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30 juillet 2009 - Conseil de sécurité : Côte d’Ivoire - Intervention de M. Jean-Maurice Ripert, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président,

La délégation française a eu l’honneur et la responsabilité de préparer le projet de résolution qui vient d’être adopté par le Conseil de sécurité. Le Conseil a développé au fil du temps une grande unité de vue sur la résolution du conflit en Côte d’Ivoire, comme ma délégation l’avait rappelé ici même la semaine dernière, après la présentation du rapport du Secrétaire général. Je note avec plaisir que cette unité de vue a été réaffirmée solennellement aujourd’hui par l’adoption, à l’unanimité, de la résolution 1880.

Monsieur le Président, le Conseil de sécurité est uni pour prolonger le mandat de l’ONUCI de 6 mois, en encourageant la force à tout faire pour soutenir l’organisation d’élections présidentielles libres, justes, ouvertes et transparentes à la date prévue, ce qui constitue désormais sa priorité. Notre Conseil est aussi uni pour réaffirmer le rôle de certification du Représentant spécial du Secrétaire général, qui devra se prononcer sur chacune des étapes du processus électoral.

Enfin, et surtout, le Conseil de sécurité est uni pour exiger des parties ivoiriennes qu’elles tiennent, cette fois-ci, leurs engagements et que le premier tour des élections présidentielles soit organisé le 29 novembre 2009 comme elles l’ont-elles-mêmes décidé en mai dernier.

Permettez moi, Monsieur le Président, de développer ce dernier aspect qui est essentiel. En adressant ce message aux parties ivoiriennes, le Conseil de sécurité ne sous-estime en rien les difficultés inhérentes à la préparation d’élections de qualité. Mais il fait le constat qu’il revient aux parties ivoiriennes et aux principaux candidats de trouver eux-mêmes et d’exprimer la volonté politique de lever les différents obstacles. Les élections présidentielles puis législatives n’ont en effet que trop tardé. De report en report, de janvier à novembre 2008, puis de novembre 2008 à novembre 2009, la perspective des élections n’en finissait pas de s’éloigner.

Le Conseil de sécurité et, parmi les membres du Conseil, tout spécialement la France qui déploie des troupes sur le terrain en appui aux Nations Unies et qui a apporté une aide directe et indirecte importante à la Côte d’Ivoire, s’en sont trop longtemps contentés.

Ces reports ont des conséquences : ils pénalisent injustement la population ivoirienne en retardant la sortie de crise et en prolongeant un état d’instabilité dangereux pour la Côte d’Ivoire comme pour la sous-région. Ils ont aussi une cause, c’est l’absence ou l’insuffisance de volonté politique. Nous en voyons hélas à nouveau les signes annonciateurs : les signaux contradictoires, les rumeurs, les marques de tensions qui s’accumulent.

La France a la conviction que les acteurs ivoiriens ont encore, s’ils trouvent la volonté politique nécessaire, la capacité de tenir leurs engagements, avec le soutien de la communauté internationale. Qu’ils sachent, en tous cas, qu’ils sont pris au mot par le Conseil de sécurité et qu’ils seront jugés sur leurs actes. C’est dans cet esprit que le Conseil suivra de près dans les semaines à venir, notamment la publication de la liste électorale provisoire, puis de la liste électorale définitive, avec l’appui de la facilitation et du Représentant du Secrétaire général. Le Conseil ne se laissera pas abuser par des faux-semblants techniques. Si les élections du 29 novembre devaient être reportées, les responsabilités des uns et des autres seraient clairement établies et le Conseil de sécurité en tirerait les conséquences.

Je voudrais enfin, Monsieur le Président, rendre hommage ici au Facilitateur, le Président Blaise COMPAORE, pour son action déterminée en faveur de la paix. Le processus de Ouagadougou a permis à la Côte d’Ivoire d’effectuer des progrès significatifs. Je en citerai ici deux qui sont deux moments forts : Le premier est le démantèlement sans heurt de la zone de confiance, qui coupait en deux le pays. L’absence d’incident armé depuis la disparition du dernier poste d’observation de l’ONUCI, le 30 juillet 2008, témoigne de la capacité des anciens ennemis à coexister. Le deuxième est l’achèvement le 30 juin du processus d’enregistrement de plus de 6.5 millions d’électeurs, qui apporte une réponse républicaine à une des causes profondes du conflit en Côte d’Ivoire qui, rappelons-le, dure depuis l’année 2002.

Monsieur le Président, ces progrès sont porteurs d’espoir mais ils seraient stériles si les acteurs politiques ivoiriens rataient une fois de plus leur rendez vous avec la sortie de crise. Le Conseil de sécurité va réexaminer régulièrement cette question et nous avons demandé spécifiquement au Secrétaire général de nous informer début septembre de la publication de la liste électorale provisoire. La population ivoirienne mérite que la date du 29 novembre 2009 soit tenue. Les Ivoiriens peuvent compter sur le Conseil de sécurité et, permettez moi d’ajouter, sur la France pour faire preuve du plus grand soutien et de la plus grande vigilance.

Je vous remercie.



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